Estimation de la prévalence mondiale, de l’incidence et des résultats de la stéatose hépatique non alcoolique de 2000 à 2021 : Revue systématique et méta-analyse
La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) est devenue un problème de santé publique mondial majeur, avec une charge croissante affectant les populations à travers le monde. Cette revue systématique et méta-analyse visait à fournir une estimation complète de la prévalence mondiale, de l’incidence, de la progression de la maladie et des résultats cliniques de la NAFLD de 2000 à 2021. L’étude a utilisé une méthodologie rigoureuse pour analyser les données provenant de multiples sources, assurant une synthèse robuste et fiable de l’état actuel de l’épidémiologie de la NAFLD.
La recherche a effectué une recherche systématique dans plusieurs bases de données, notamment Medline, Embase, Web of Science, Google Scholar et Cochrane CENTRAL, en se concentrant sur les articles publiés en anglais entre janvier 2000 et décembre 2021. Les critères d’inclusion englobaient les études diagnostiquant la NAFLD par des techniques d’imagerie telles que l’échographie, la tomodensitométrie (CT), l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’élastographie impulsionnelle (TE), la biopsie hépatique ou des tests sanguins/indices prédictifs. Les études devaient fournir des informations sur la taille de l’échantillon, la prévalence, l’incidence, la progression de la maladie ou les résultats liés à la NAFLD. Les critères d’exclusion éliminaient les études portant sur des individus de moins de 18 ans, celles n’excluant pas d’autres maladies hépatiques et les études manquant de données suffisantes pour l’extraction.
La méta-analyse a identifié 59 156 enregistrements, avec 578 études répondant aux critères d’inclusion. La prévalence globale de la NAFLD a été estimée à 29,38 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % 28,09–30,69) pour toutes les techniques de diagnostic. En se concentrant uniquement sur les études utilisant l’échographie pour le diagnostic, la prévalence poolée était légèrement plus élevée à 30,49 % (IC à 95 % 29,55–31,43). La prévalence de la NAFLD a montré une augmentation notable de 27,94 % (IC à 95 % 26,23–29,69) pendant 2000–2010 à 31,63 % (IC à 95 % 30,23–33,04) pendant 2011–2021.
L’étude a également exploré la prévalence de la stéatohépatite non alcoolique (NASH), une forme plus sévère de NAFLD pouvant évoluer vers des maladies hépatiques en phase terminale. La prévalence poolée de la NASH était de 8,26 % (IC à 95 % 1,13–21,01) dans la population générale, 46,49 % (IC à 95 % 35,93–57,20) chez les patients atteints de NAFLD et 46,72 % (IC à 95 % 37,57–55,98) chez les patients gravement/morbidement obèses. Ces résultats soulignent le risque significatif de progression de la maladie chez les individus atteints de NAFLD.
En termes d’incidence, l’étude a estimé un taux d’incidence poolé de 46,24 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 43,21–49,30) basé sur 110 142 nouveaux cas de NAFLD. L’incidence du carcinome hépatocellulaire (CHC) parmi les patients atteints de NAFLD était de 1,46 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 0,90–2,03). De plus, l’estimation poolée globale de la mortalité liée à la NAFLD était de 23,91 décès pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 13,55–37,18).
L’étude a mis en évidence les variations régionales de la prévalence de la NAFLD, avec l’Amérique du Sud montrant la prévalence la plus élevée à 31,31 % (IC à 95 % 25,81–37,08), suivie de l’Europe (30,11 %, IC à 95 % 26,89–33,42), de l’Asie (29,92 %, IC à 95 % 28,87–30,98), de l’Amérique du Nord (24,28 %, IC à 95 % 20,33–28,47) et de l’Afrique (8,10 %, IC à 95 % 0,85–21,72). La prévalence variait significativement parmi les pays, allant de 3,85 % en Jamaïque à 59,85 % au Guatemala.
Les analyses de sous-groupes ont révélé que la prévalence de la NAFLD était plus élevée chez les hommes (36,96 %, IC à 95 % 34,82–39,12) comparée aux femmes (23,85 %, IC à 95 % 21,24–26,55). La prévalence la plus élevée a été observée dans le groupe d’âge de 40 à 60 ans (38,10 %, IC à 95 % 29,65–46,92). Les pays à revenu élevé avaient une prévalence légèrement plus élevée (31,19 %, IC à 95 % 30,00–32,38) comparée aux pays à revenu intermédiaire supérieur (30,53 %, IC à 95 % 28,81–32,27) et aux pays à revenu intermédiaire inférieur (23,51 %, IC à 95 % 16,80–30,97).
L’étude a également examiné les facteurs de risque associés au développement de la NAFLD. L’âge avancé, le sexe masculin, l’indice de masse corporelle (IMC) élevé, l’obésité centrale, les enzymes hépatiques élevées et la résistance à l’insuline ont été identifiés comme des facteurs de risque significatifs. Des conditions telles que l’obésité, le diabète, le syndrome métabolique (MetS), l’hypertension et l’hyperlipidémie étaient fortement associées à un risque plus élevé de NAFLD.
La recherche a également estimé la prévalence de la NAFLD dans des sous-populations spécifiques. Parmi les individus normaux ou non obèses, la prévalence poolée était de 12,08 % (IC à 95 % 10,70–13,53), tandis que chez les individus en surpoids ou obèses, elle était significativement plus élevée à 54,49 % (IC à 95 % 50,94–58,02). Chez les patients gravement/morbidement obèses ayant subi une chirurgie bariatrique, la prévalence atteignait 82,16 % (IC à 95 % 77,21–86,62). De plus, parmi les patients atteints de diabète de type 2 (DT2), la prévalence de la NAFLD était de 57,85 % (IC à 95 % 55,03–60,66).
L’étude a également fourni des informations sur la progression de la maladie et les résultats de la NAFLD. Les estimations poolées indiquaient un taux de rémission de 50,42 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 37,91–64,54). Les taux de fibrose nouvellement développée, de fibrose avancée et de cirrhose étaient respectivement de 93,71 (IC à 95 % 55,44–140,80), 41,05 (IC à 95 % 23,65–63,00) et 4,43 (IC à 95 % 2,40–7,07) cas pour 1000 personnes-années. L’incidence du CHC était de 1,46 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 0,90–2,03), tandis que l’incidence d’autres malignités et de maladies cardiovasculaires était respectivement de 14,27 (IC à 95 % 6,41–24,98) et 20,20 (IC à 95 % 6,25–41,94) cas pour 1000 personnes-années.
Le taux de mortalité global parmi les patients atteints de NAFLD était de 23,91 décès pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 13,55–37,18). L’étude a également rapporté une mortalité liée au cancer à 1,52 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 0,23–3,95), une mortalité spécifique au foie à 0,74 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 0,26–1,79) et une mortalité liée aux maladies cardiovasculaires à 2,30 cas pour 1000 personnes-années (IC à 95 % 1,01–4,20).
En conclusion, cette revue systématique et méta-analyse souligne l’augmentation de la prévalence mondiale de la NAFLD et sa contribution significative à de mauvais résultats cliniques, y compris le CHC et la mortalité. Les résultats mettent en évidence le besoin urgent d’une sensibilisation accrue et de mesures proactives pour faire face à la pandémie de NAFLD à travers le monde. L’étude fournit des informations précieuses sur l’épidémiologie de la NAFLD, offrant une base pour la recherche future et les interventions de santé publique visant à atténuer le fardeau de cette maladie.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002277