Tests préopératoires de sonde nasale avec adrénaline et lidocaïne pour la bronchoscopie

Tests préopératoires de sonde nasale avec adrénaline et lidocaïne facilitent l’insertion lors de la bronchoscopie flexible et réduisent les saignements postopératoires : un essai contrôlé randomisé

La bronchoscopie flexible est une procédure diagnostique et thérapeutique largement utilisée pour les maladies pulmonaires. Ces dernières années, l’insertion nasale est devenue la méthode préférée pour les patients non intubés et respirant spontanément dans la plupart des centres. Cependant, la cavité nasale relativement étroite et la muqueuse nasale fragile peuvent entraver l’insertion du bronchoscope, nécessitant souvent un retrait rapide et aveugle. De plus, la cloison nasale n’est pas toujours centrée, et la taille des voies nasales des deux côtés peut varier. Ces défis anatomiques soulignent la nécessité d’une manœuvre pour identifier si le bronchoscope peut facilement passer à travers la voie nasale. Le saignement est l’une des complications les plus préoccupantes de la bronchoscopie, et bien que l’instillation endobronchique d’adrénaline par fibre optique ait été efficace pour gérer les saignements aériens, les données sur l’utilisation combinée d’adrénaline et de lidocaïne dans les tests de sonde nasale pour réduire les saignements postopératoires et améliorer la tolérance des patients manquent.

Cette étude visait à déterminer si les tests préopératoires de sonde nasale pouvaient réduire le temps pour passer la glotte, améliorer le taux de réussite du premier passage, améliorer la tolérance des patients et réduire les saignements postopératoires. L’étude était un essai contrôlé randomisé prospectif à trois bras mené dans un hôpital tertiaire entre mai et octobre 2020. Trois cents patients nécessitant un diagnostic et un traitement par bronchoscopie flexible ont été répartis au hasard en trois groupes : un groupe témoin, un groupe de détection simple avec coton-tige (groupe CD) et un groupe de détection avec adrénaline + lidocaïne (groupe AD). Le critère de jugement principal était le temps pour passer la glotte, tandis que les critères secondaires incluaient le taux de réussite du premier passage, les scores de tolérance des patients et les saignements postopératoires.

L’étude a inclus 189 hommes et 111 femmes, avec un âge moyen de 55,72 ± 12,86 ans. Les participants des groupes CD et AD ont subi des tests de sonde nasale avant la bronchoscopie flexible pour identifier une meilleure voie nasale pour l’insertion du bronchoscope. Le groupe CD a reçu des tests préopératoires de sonde nasale avec 2 mL de sérum physiologique avec des cotons-tiges, tandis que le groupe AD a reçu 2 mL d’un mélange de 0,01 % d’adrénaline et de 2 % de lidocaïne avec des cotons-tiges. Les cotons-tiges ont été insérés successivement à travers les deux côtés de la cavité nasale jusqu’au nasopharynx et maintenus sur place pendant au moins 2 secondes. La voie nasale avec la moindre résistance lors des tests de sonde a été choisie pour la bronchoscopie flexible. Le groupe témoin n’a pas subi de tests préopératoires de sonde nasale, et la voie nasale a été choisie au hasard.

Le temps d’insertion était significativement plus court dans le groupe AD par rapport au groupe témoin (18,00 secondes [12,00–26,50 secondes] vs. 24,00 secondes [14,50–45,50 secondes], P = 0,005). Les groupes AD (99 % vs. 83 %, χ² = 15,62, P < 0,001) et CD (94 % vs. 83 %, χ² = 5,94, P = 0,015) avaient un taux de réussite du premier passage significativement plus élevé que le groupe témoin. Les saignements postopératoires étaient significativement plus faibles dans le groupe AD par rapport au groupe témoin (1 % vs. 13 %, χ² = 11,06, P < 0,001). Cependant, aucune différence significative n'a été trouvée dans les scores de tolérance des patients parmi les trois groupes.

L’étude a conclu que les tests préopératoires de cavité nasale, en particulier avec de l’adrénaline et de la lidocaïne, lors de la bronchoscopie flexible peuvent réduire significativement le temps pour passer la glotte, améliorer le taux de réussite du premier passage et réduire les saignements nasaux postopératoires. Ces résultats suggèrent que les tests préopératoires de sonde nasale sont une procédure qui permet de gagner du temps et qui peut améliorer l’efficacité et la sécurité de la bronchoscopie flexible.

Les résultats de l’étude sont soutenus par des recherches antérieures indiquant que l’insertion nasale est associée à des défis dus à la cavité nasale étroite et à la muqueuse fragile. L’utilisation d’adrénaline et de lidocaïne dans les tests de sonde nasale lubrifie non seulement les voies nasales mais réduit également les saignements en rétrécissant les capillaires et en protégeant la muqueuse nasale. Les résultats de l’étude sont cohérents avec la littérature, qui rapporte que le temps médian pour atteindre la glotte avec l’insertion nasale est d’environ 50 secondes, ce qui est significativement plus élevé que les temps observés dans cette étude. Cette amélioration du temps d’insertion et du taux de réussite du premier passage souligne la valeur pratique des tests préopératoires de sonde nasale.

En termes de complications postopératoires, l’étude a révélé que le groupe AD avait significativement moins de saignements nasaux et un besoin moindre d’agents hémostatiques par rapport au groupe témoin. Cette réduction des saignements est cruciale, car les saignements peuvent provoquer de l’anxiété et affecter la qualité de vie des patients. L’utilisation d’adrénaline dans les tests de sonde nasale a probablement contribué à cette réduction en minimisant les tentatives d’insertion et en protégeant la muqueuse nasale.

Malgré ces avantages, l’étude n’a pas trouvé de différences significatives dans les scores de tolérance des patients parmi les trois groupes. Cela pourrait être dû à la taille du bronchoscope utilisé dans l’étude, qui avait un diamètre externe de 6,0 mm à l’extrémité distale, plus grand que la taille standard de 4,8 mm. La taille plus grande pourrait avoir augmenté l’inconfort, masquant toute amélioration potentielle de la tolérance due aux tests de sonde nasale.

L’étude a également évalué la sécurité des tests préopératoires de sonde nasale en surveillant les signes vitaux des patients à trois moments pendant la procédure : le début de l’opération, le passage de la glotte et la fin de l’opération. Aucune différence significative n’a été trouvée parmi les groupes, indiquant que les tests de sonde nasale sont une procédure sûre.

En conclusion, cette étude fournit des preuves solides que les tests préopératoires de sonde nasale, en particulier avec de l’adrénaline et de la lidocaïne, peuvent améliorer significativement l’efficacité et la sécurité de la bronchoscopie flexible. Ces tests réduisent le temps pour passer la glotte, augmentent le taux de réussite du premier passage et diminuent les saignements postopératoires. Bien que l’étude n’ait pas trouvé d’améliorations dans la tolérance des patients, les avantages globaux de la procédure en font un ajout précieux au processus de bronchoscopie flexible. Les études futures devraient explorer l’utilisation de bronchoscopes plus petits et des essais multicentriques pour confirmer ces résultats et améliorer davantage l’efficacité de la procédure.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002006

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