Comparaison des services médicaux d’urgence à Pékin et Hong Kong, Chine, dans la prise en charge de l’arrêt cardiaque extrahospitalier
L’arrêt cardiaque extrahospitalier (ACE) représente un enjeu de santé publique majeur, avec une incidence mondiale estimée entre 50 et 60 cas pour 100 000 habitants. Malgré les progrès médicaux et technologiques, les taux de survie restent faibles. Les systèmes de services médicaux d’urgence (SMU) varient considérablement en Asie, notamment dans leurs protocoles de dispatch, la gestion des voies aériennes et l’administration de médicaments. Cette étude prospective compare les résultats de survie des patients victimes d’ACE à Pékin et Hong Kong (HK), en Chine, et évalue l’impact des différences entre leurs SMU.
Méthodes
L’étude a inclus des patients âgés de 18 ans ou plus, victimes d’ACE non traumatique pris en charge par les SMU entre le 1er juin 2015 et le 31 août 2015. Les cas traumatiques ou sans tentative de réanimation préhospitalière ont été exclus. Le critère principal était la survie à la sortie de l’hôpital ou à 30 jours, et le second, l’état neurologique évalué via l’échelle cerebral performance categories. Les données ont été recueillies selon le modèle Utstein et analysées avec des tests de Mann-Whitney (variables continues) et du chi carré (variables catégorielles).
Contexte des SMU
À Pékin, le SMU est un système à un niveau, géré par le Centre médical d’urgence de Pékin et la Croix-Rouge. Les équipes, composées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ambulancier, réalisent des interventions avancées (médications intraveineuses, intubation) et peuvent arrêter la réanimation en préhospitalier. À HK, le SMU, assuré par le Service des incendies, propose principalement une réanimation de base. Les équipes, formées au niveau Emergency Medical Technician, ne pratiquent que rarement des gestes avancés et ne peuvent interrompre la réanimation avant l’arrivée à l’hôpital.
Résultats
Sur 789 cas éligibles à Pékin et 1204 à HK, les patients de HK étaient plus âgés, avec un taux plus élevé de réanimation par témoin (34,3 % vs 15,2 %) et de rythmes choquables (14,8 % vs 11,5 %). Les délais d’intervention (appel-arrivée sur place, reconnaissance de l’ACE-début de la RCP, appel-première défibrillation) étaient plus courts à HK. Aucune différence significative n’a été observée dans les taux de retour à une circulation spontanée (RACS) préhospitalière, de survie à 30 jours (3,3 % à HK vs 2,2 % à Pékin) ou de bon pronostic neurologique (2,6 % vs 2,2 %) avant ajustement. Après ajustement par score de propension, les différences restaient non significatives. Les facteurs prédictifs de survie étaient le lieu de l’ACE et la présence d’un rythme choquable à l’arrivée des SMU.
Discussion
Le faible taux de RCP par témoin à Pékin pourrait s’expliquer par des craintes juridiques, contrairement à HK où 96 % de la population se déclare prête à secourir. L’absence de différence significative dans les résultats de survie, malgré des protocoles SMU distincts, suggère l’influence d’autres facteurs comme l’éducation publique ou l’accès aux défibrillateurs. La non-interruption des réanimations à HK pourrait sous-estimer ses taux de survie comparés à Pékin.
Conclusion
Aucun avantage significatif d’un système SMU sur l’autre n’a été identifié. Les deux villes pourraient améliorer leurs résultats via une éducation publique renforcée, des lois protégeant les témoins secouristes et l’optimisation des protocoles de réanimation. Des études complémentaires sont nécessaires pour explorer ces pistes.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000252