Valeurs seuils individualisées du coefficient de variabilité pour réduire le risque d’hypoglycémie chez les patients chinois atteints de diabète sucré de type 1 (DT1)
Le diabète sucré de type 1 (DT1) est une maladie chronique caractérisée par une altération sévère de la fonction des cellules β pancréatiques, entraînant une hyperglycémie et une variabilité glycémique (VG) marquée. Bien que l’insulinothérapie intensive permette d’atteindre des niveaux de glucose proches de la normale (réduction de l’hémoglobine glyquée, HbA1c), les cibles strictes d’HbA1c augmentent le risque d’hypoglycémie, compromettant la qualité de vie et la survie. Des études récentes suggèrent que la VG, évaluée par le coefficient de variabilité (CV) via le monitoring continu du glucose (MCG), est un meilleur prédicteur d’hypoglycémie que l’HbA1c seule. Cette étude vise à identifier des valeurs seuils optimales du CV pour réduire le risque d’hypoglycémie chez les patients DT1 chinois selon leur niveau d’HbA1c.
Méthodes
L’étude, approuvée par le Comité d’éthique du Second Hôpital Xiangya (Changsha, Chine), a inclus 517 patients DT1. Les données cliniques, biochimiques et de MCG ont été collectées, conformément aux recommandations internationales sur le MCG : temps dans l’intervalle cible (TIR, 3,9–10,0 mmol/L) ≥70 %, temps en hyperglycémie (TAR, >10,0 mmol/L) <25 %, temps en hypoglycémie (TBR, <3,9 mmol/L) <4 %, et CV <36 %. Les cibles d’HbA1c étaient <7,0 % (adultes) et <7,5 % (mineurs).
Les participants ont été répartis en deux groupes : HbA1c basse (L-HbA1c, n=169, médiane 6,5 %) et HbA1c élevée (H-HbA1c, n=348, médiane 8,8 %). Des analyses de régression logistique et des courbes ROC ont évalué l’association entre le CV, l’HbA1c et le TBR.
Résultats
Le groupe L-HbA1c présentait un TAR, une excursion glycémique moyenne (MAGE), un CV et un indice d’hyperglycémie (HBGI) inférieurs au groupe H-HbA1c. Cependant, aucune différence significative n’a été observée dans le TBR (<4 %) ou l’indice d’hypoglycémie (LBGI) entre les groupes, suggérant que l’HbA1c seule ne prédit pas adéquatement le risque d’hypoglycémie.
Le CV était corrélé positivement avec le TBR dans les deux groupes (L-HbA1c : OR=1,42 ; H-HbA1c : OR=1,37). L’analyse ROC a identifié le CV comme le meilleur discriminateur d’hypoglycémie (AUC=0,845 pour L-HbA1c ; AUC=0,815 pour H-HbA1c). Les seuils optimaux de CV étaient de 35 % pour les patients atteignant les cibles d’HbA1c et de 36 % pour les autres, alignés sur les recommandations internationales.
Dans le groupe L-HbA1c, les patients avec CV ≤35 % (n=100) présentaient un TIR supérieur (85,29 % vs 64,30 %), un TBR inférieur (2,32 % vs 5,90 %) et un LBGI réduit (2,3 % vs 4,3 %) par rapport à ceux avec CV >35 % (n=69). De plus, 82 % du premier groupe atteignaient simultanément les cibles TIR ≥70 %, TBR <4 % et TAR <25 %, contre 28,9 % dans le second.
Conclusion
Les patients DT1 avec une HbA1c contrôlée conservent un risque significatif d’hypoglycémie, non expliqué par l’HbA1c seule. Le CV se révèle un indicateur clé pour évaluer ce risque, en particulier chez les patients à HbA1c basse. Un seuil de CV ≤35 % améliore le contrôle glycémique individualisé et réduit les épisodes hypoglycémiques. Ces résultats doivent être validés par des études prospectives incluant des patients avec complications diabétiques, afin d’évaluer l’impact d’un contrôle strict du CV sur la progression des complications.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002742