Valeurs seuils du ratio de débit quantitatif lésionnel et vasculaire après traitement par ballonnet à élution de principe actif pour des lésions coronaires de novo prédictives de resténose vasculaire au suivi à moyen terme
Les ballonnets à élution de principe actif (DCB) constituent une alternative prometteuse aux stents à élution de médicament pour le traitement de certaines lésions coronaires de novo. Les DCB, enduits de paclitaxel, inhibent la prolifération des cellules musculaires lisses artérielles, prévenant ainsi la resténose. Contrairement aux stents, ils ne laissent pas d’implant permanent, réduisant la durée de la bithérapie antiplaquettaire et évitant une inflammation chronique. Leur efficacité dépend cependant d’une préparation lésionnelle optimale et de marqueurs prédictifs fiables immédiatement post-traitement. Le ratio de débit quantitatif (QFR), méthode non invasive basée sur l’angiographie coronaire quantitative tridimensionnelle (3D-QCA) et la vitesse du flux sanguin, émerge comme un outil pertinent, évitant le recours à la réserve de flux fractionnaire (FFR) invasive.
Cette étude visait à évaluer les modifications angiographiques après traitement par DCB et à déterminer les valeurs seuils du QFR lésionnel et vasculaire prédictives de resténose (sténose de diamètre [DS] ≥50%) au suivi à moyen terme. Les données rétrospectives de patients traités par DCB entre janvier 2014 et décembre 2019 dans plusieurs centres ont été analysées. Les patients étaient divisés en deux groupes selon les performances du QFR au suivi : Groupe A (DS ≥50%) et Groupe B (DS <50%). Le suivi médian était de 287 jours (Groupe A) et 227 jours (Groupe B).
Sur 112 patients inclus (112 vaisseaux cibles), 41 appartenaient au Groupe A et 71 au Groupe B, avec une prévalence de resténose de 36,61%. Les caractéristiques cliniques initiales (âge, sexe, hypertension, diabète, tabagisme, antécédents cardiovasculaires) et les paramètres procéduraux (vaisseau cible, longueur lésionnelle, diamètre maximal du ballon de prédilatation) étaient comparables entre les groupes.
Après DCB, les performances du QFR ont montré des différences significatives : le DS% médian était de 46,9 (Groupe A) vs 35,90 (Groupe B) et l’AS% de 51,60 vs 40,30. Le QFR vasculaire (0,81 vs 0,94) et lésionnel (0,89 vs 0,96) étaient inférieurs dans le Groupe A. Au suivi, ces différences persistaient : diamètre luminal minimal (1,20 mm vs 1,70 mm), DS% (53,00% vs 33,00%), QFR vasculaire (0,78 vs 0,96) et lésionnel (0,88 vs 0,98).
Les analyses de régression univariée et multivariée ont identifié le QFR vasculaire post-DCB comme facteur indépendant associé au DS% (coefficient : -0,233). Les valeurs seuils prédictives de resténose étaient un QFR lésionnel <0,905 (ASC : 0,741 ; sensibilité : 81,7% ; spécificité : 56,1%) et un QFR vasculaire <0,890 (ASC : 0,796 ; sensibilité : 74,6% ; spécificité : 78,0%).
Ces résultats soulignent l’utilité du QFR pour prédire le risque de resténose post-DCB. Les valeurs seuils identifiées offrent des repères cliniques pour optimiser les décisions thérapeutiques. Les limites incluent le design rétrospectif, l’effectif réduit et l’absence d’évaluation des critères cliniques. Des études prospectives de grande ampleur sont nécessaires pour valider ces seuils et leurs implications cliniques.
En conclusion, le QFR constitue un outil non invasif fiable pour prédire la resténose après traitement par DCB. Son utilisation perprocédurale pourrait améliorer la stratification du risque et guider les stratégies interventionnelles.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001577