Tildrakizumab dans le psoriasis en plaques modéré à sévère chez des patients chinois

Tildrakizumab dans le psoriasis en plaques modéré à sévère chez des patients chinois : un essai de phase III sur 52 semaines

Le psoriasis, une dermatose chronique à médiation immunitaire, entraîne un fardeau physique et psychologique important pour les patients. Le psoriasis en plaques modéré à sévère nécessite souvent des traitements systémiques, y compris des biologiques. Malgré les progrès, des défis persistent en matière d’efficacité durable et d’observance optimale, en raison des problèmes de sécurité et d’une diminution des réponses au fil du temps. Le tildrakizumab, un anticorps monoclonal humanisé ciblant la sous-unité p19 de l’interleukine (IL)-23, a montré des résultats prometteurs dans les essais internationaux. Cependant, son efficacité et sa sécurité dans les populations chinoises restaient peu explorées. Cet essai de phase III a évalué le tildrakizumab chez des patients chinois atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère, fournissant des données cruciales pour son application clinique.

Conception de l’étude et population de patients

Cet essai multicentrique, randomisé, en double insu et contrôlé par placebo (NCT05108766) a inclus 220 adultes chinois (18–70 ans) avec un psoriasis en plaques modéré à sévère, défini par une atteinte ≥10 % de la surface corporelle (BSA), un score ≥3 au Physician’s Global Assessment (PGA) et un score ≥12 au Psoriasis Area and Severity Index (PASI). Les participants ont été randomisés 1:1 pour recevoir du tildrakizumab 100 mg en sous-cutané (n=110) ou un placebo (n=110) aux semaines 0 et 4. À la semaine 12, les patients sous placebo ont été transférés au tildrakizumab, tandis que le groupe tildrakizumab a continué le traitement toutes les 12 semaines jusqu’à la semaine 52. Le critère principal était la proportion de patients atteignant une amélioration ≥75 % du PASI (PASI 75) à la semaine 12. Les critères secondaires incluaient la réponse PGA (PGA 0/1 avec amélioration ≥2 points) et les variations du Dermatology Life Quality Index (DLQI).

Résultats d’efficacité

Critères principaux et secondaires

À la semaine 12, le tildrakizumab a démontré une efficacité supérieure au placebo. Le taux de réponse PASI 75 était de 66,4 % (73/110) contre 12,7 % (14/110) (différence : 51,4 % ; IC 95 % : 40,7–62,1 ; P <0,001). De même, les réponses PGA favorisaient le tildrakizumab (60,9 % vs 10,0 % ; différence : 49,1 % ; IC 95 % : 38,6–59,6 ; P <0,001). Les améliorations sont apparues rapidement, avec des différences significatives pour le PASI 75 dès la semaine 4 (9,1 % vs 1,8 %, P=0,020) et les réponses PGA à la semaine 4 (13,6 % vs 0,9 %, P <0,001). Des proportions plus élevées de patients sous tildrakizumab ont atteint le PASI 90 (34,5 % vs 2,7 %, P <0,001) et le PASI 100 (7,3 % vs 0 %, P=0,004) à la semaine 12. Les scores DLQI se sont nettement améliorés avec le tildrakizumab (variation moyenne des moindres carrés : –10,1 vs –2,5 ; différence : –7,5 ; IC 95 % : –9,0 à –6,1).

Extension à long terme

Entre les semaines 12 et 52, les deux groupes ont reçu du tildrakizumab. Les taux de PASI 75 sont passés à 86,8 % (92/106) dans le groupe tildrakizumab continu et à 82,4 % (89/108) dans le groupe transféré du placebo à la semaine 28, maintenant une efficacité jusqu’à la semaine 52 (91,3 % vs 87,4 %). Les réponses PASI 90 et PASI 100 se sont également améliorées longitudinalement, atteignant 68,9 % et 28,3 % (groupe continu) vs 63,0 % et 25,0 % (groupe transféré) à la semaine 28. Les scores PASI moyens sont passés de 25,1 à l’inclusion à 1,8 à la semaine 52 dans le groupe continu, et de 25,5 à 1,9 dans le groupe transféré.

Analyses de sous-groupes

L’efficacité était cohérente dans les sous-groupes. Les patients <45 ans présentaient une différence de réponse PASI 75 plus marquée (68,8 % vs 7,5 %) que ceux ≥45 ans (60,6 % vs 20,9 % ; interaction P=0,033). Aucune variation significative n’a été observée selon le sexe, l’IMC, le BSA, les antécédents de traitements biologiques ou la présence d’arthrite psoriasique.

Profil de sécurité

Le tildrakizumab a montré un profil de sécurité favorable. Pendant les 12 premières semaines, des événements indésirables émergents du traitement (TEAEs) sont survenus chez 64,5 % (tildrakizumab) et 60,0 % (placebo) des patients, principalement légers/modérés. Les TEAEs fréquents incluaient l’hypertriglycéridémie (12,7 % vs 9,1 %) et les infections des voies respiratoires supérieures (10,0 % vs 5,5 %). Les TEAEs de grade ≥3 étaient rares (5,5 % vs 3,6 %). Sur 52 semaines, les TEAEs sont restés stables, avec des infections respiratoires (10,9 %) et une hypertriglycéridémie (10,0 %) les plus fréquentes. Aucun décès ou signal de sécurité inattendu n’a été rapporté.

Immunogénicité

Des anticorps anti-médicament (ADAs) ont été détectés chez 17,3 % (19/110) des patients sous tildrakizumab continu et 26,4 % (29/110) des patients transférés. Les patients ADA-positifs ont montré une efficacité comparable (PASI 75 à la semaine 52 : 79,2 % vs 85,5 % chez les ADA-négatifs) et une sécurité similaire, suggérant l’absence d’effet neutralisant.

Discussion et implications

Cet essai confirme l’efficacité et la sécurité du tildrakizumab chez les patients chinois, cohérentes avec les études internationales (reSURFACE 1/2). Les réponses rapides et durables au PASI 75, associées à une amélioration significative de la qualité de vie, positionnent le tildrakizumab comme une option thérapeutique précieuse. Son schéma posologique (toutes les 12 semaines) pourrait améliorer l’observance par rapport à d’autres biologiques nécessitant des administrations plus fréquentes.

Le profil de sécurité reflète les données à long terme, avec de faibles taux d’infections graves, d’événements cardiovasculaires ou de cancers. L’hypertriglycéridémie, plus fréquente que dans les études précédentes, pourrait refléter des différences ethniques dans le métabolisme lipidique, justifiant une surveillance en pratique clinique.

Conclusion

Le tildrakizumab 100 mg offre une efficacité durable et un profil de sécurité favorable pour les patients chinois atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère. Sa réponse soutenue, sa posologie pratique et sa faible immunogénicité en font un traitement biologique de premier choix dans cette population.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002873

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