Tendances et différences régionales dans le contrôle glycémique des patients DT2 en Chine (2009–2013)

Tendances et différences régionales dans le contrôle glycémique des patients atteints de diabète de type 2 en Chine, 2009–2013

La Chine occupe la première place mondiale en termes de prévalence du diabète chez les personnes âgées de 20 à 79 ans, selon la Fédération Internationale du Diabète. Le contrôle glycémique, pierre angulaire de la prise en charge du diabète de type 2 (DT2), a connu des évolutions majeures au cours des dernières décennies. Une étude observationnelle multicentrique dans le nord de la Chine a montré que 45,82 % des patients atteints de DT2 respectaient le critère d’hémoglobine glyquée (HbA1c) en 2017. Avec la plus grande population de patients DT2 au monde, la Chine présente également des disparités régionales significatives dans les taux de contrôle glycémique adéquat (HbA1c <7 %), variant de 25,9 % dans la province du Shaanxi à 56,1 % dans celle du Jiangsu. Les études précédentes, limitées dans le temps, la couverture géographique et la taille des échantillons, justifient cette analyse des données du China National HbA1c Surveillance System (CNHSS) visant à explorer les tendances temporelles et les variations régionales du contrôle glycémique chez les patients DT2 en Chine entre 2009 et 2013.

Méthodes
L’étude, approuvée par le comité d’éthique de l’hôpital général de l’APL chinoise, a inclus des données rétrospectives du CNHSS, recueillies après consentement éclairé écrit. Entre 2009 et 2013, les sept premiers patients éligibles par hôpital et par jour étaient inclus jusqu’à atteindre 400 participants par centre. Au total, 956 352 patients DT2 ont été analysés. Un questionnaire standardisé a permis de collecter les caractéristiques démographiques, les examens physiques, les complications diabétiques, les comorbidités et les résultats biologiques. Le contrôle glycémique adéquat était défini par une HbA1c <7 %. Les taux standardisés selon l’âge ont été calculés en utilisant le recensement national de 2010. Une régression logistique multivariée a évalué les rapports de cotes (OR) ajustés pour les différences régionales, avec un seuil de significativité à p <0,05 (SPSS 21.0).

Résultats
L’âge moyen des participants était de 58,7 ans (écart-type : 11,5 ans), avec un rajeunissement entre 2009 et 2013. L’IMC moyen (>24,0 kg/m²) et la prédominance masculine (53,5 %) sont restés stables. La durée médiane du diabète a diminué de 4,7 à 4,1 ans. La proportion de patients avec HbA1c ≥9 % a baissé (33,3 % à 30,4 %), tandis que celle des patients avec HbA1c 7–<9 % a augmenté (38,1 % à 47,1 %). Le contrôle adéquat (HbA1c <7 %) a significativement diminué (28,6 % à 22,6 %).

Variations selon la durée du diabète
Après exclusion des patients diabétiques depuis moins d’un an, trois groupes ont été formés : 1–<5 ans, 5–<10 ans et ≥10 ans. Dans les groupes 1 et 2, les proportions de patients avec HbA1c <7 % et ≥9 % ont diminué, tandis que celles avec HbA1c 7–<9 % ont augmenté. Dans le groupe 3 (≥10 ans), les taux de contrôle adéquat et intermédiaire ont augmenté, contrairement au groupe HbA1c ≥9 %.

Variations selon l’âge
Toutes les tranches d’âge (18–44, 45–64, 65–74, ≥75 ans) ont vu une réduction du contrôle adéquat, particulièrement marquée chez les 45–64 ans (35,9 % à 26,2 %).

Disparités régionales
Le Sud a présenté le taux de contrôle adéquat le plus élevé (37,2 %), suivi du Sud-Ouest (34,7 %), tandis que le Nord-Est affichait le plus faible (26,4 %). Après ajustement (âge, sexe, hôpital, durée du diabète, IMC), les OR d’inadéquation variaient de 1,11 (Sud-Ouest) à 1,62 (Nord-Est) par rapport au Sud. Les tendances régionales ont divergé : déclin significatif au Sud, hausse au Sud-Ouest (28,3 % à 38,0 %) et au Nord-Ouest (32,9 % à 35,5 %).

Discussion
Cette analyse, la plus vaste en Chine sur cette période, révèle une baisse simultanée des taux de contrôle adéquat et d’HbA1c ≥9 %, avec une augmentation des valeurs intermédiaires (7–<9 %). Les variations régionales persistent indépendamment des facteurs démographiques et cliniques, suggérant des inégalités d’accès aux soins ou d’adhérence thérapeutique. Bien que ces données ne reflètent pas la situation actuelle, elles offrent un référentiel pour évaluer l’évolution sur une décennie.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001907

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