Symposium de l’Alliance Mondiale contre les Maladies Respiratoires Chroniques sur la Pollution de l’Air : Aperçu et Points Forts

Symposium de l’Alliance Mondiale contre les Maladies Respiratoires Chroniques sur la Pollution de l’Air : Aperçu et Points Forts

La pollution de l’air constitue un problème mondial ayant des répercussions majeures sur la santé humaine et l’environnement. L’Alliance Mondiale contre les Maladies Respiratoires Chroniques (GARD), une initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a organisé un symposium d’une journée le 25 octobre 2019 à Pékin, en Chine, pour discuter des effets de la pollution atmosphérique sur la santé. Cet événement a réuni 19 experts internationaux afin d’examiner les mécanismes, les impacts sanitaires et les interventions potentielles liés à ce fléau. Les discussions ont souligné l’urgence d’une action politique et publique pour réduire la pollution à la source, celle-ci étant intimement liée au réchauffement climatique et nocive pour plusieurs systèmes organiques, même à des niveaux inférieurs aux normes internationales.

Impact Sanitaire de la Pollution de l’Air en Europe
Giovanni Viegi a présenté des données sur les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe. Bien que la qualité de l’air se soit améliorée, les niveaux de polluants dépassent toujours les recommandations de l’OMS. Le rapport 2019 de l’Agence Européenne pour l’Environnement révèle qu’en 2017, les seuils de l’OMS pour les particules fines (PM) étaient dépassés dans 51 % des stations de surveillance, sauf en Finlande, Estonie et Irlande. Les concentrations d’ozone (O₃) excédaient les limites dans 95 % des stations, et celles de dioxyde d’azote (NO₂) dans 10 % d’entre elles. Les PM₂,₅ atteignaient des niveaux critiques dans le nord de l’Italie, en Pologne, en Grèce, en Turquie et en Roumanie. En 2016, la pollution atmosphérique a été associée à plus de 400 000 décès prématurés en Europe, principalement dus aux PM₂,₅, NO₂ et O₃. Même sous les seuils de l’OMS, une mortalité excessive a été observée, justifiant un renforcement des mesures de qualité de l’air.

Pollution de l’Air, Asthme et Rhinite
Jean Bousquet a souligné le lien indéniable entre pollution atmosphérique et augmentation des cas d’asthme et de rhinite. Une proportion significative des asthmes pédiatriques est attribuable à la pollution extérieure. Respecter les normes de l’OMS pour le NO₂, les PM₂,₅ et le carbone suie pourrait prévenir respectivement 23 %, 33 % et 15 % des nouveaux cas d’asthme. Les allergènes et les polluants agissent en synergie, l’O₃ ayant un impact accru pendant la saison des graminées. Le projet POLLAR, qui surveille les polluants et pollens, a démontré que les alertes qualité de l’air réduisent l’utilisation de médicaments contre l’asthme.

Pollution et Exacerbations de la BPCO
Pi-Xin Ran a mis en évidence l’association entre pollution atmosphérique et exacerbations de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Le dioxyde de soufre (SO₂), NO₂, PM₁₀, PM₂,₅ et O₃ augmentent le risque d’hospitalisation. En Chine, l’amélioration de la qualité de l’air entre 2013 et 2017 dans la province du Guangdong a bénéficié particulièrement aux patients BPCO. La pollution intérieure et extérieure influence les exacerbations, avec un impact majeur des PM₁₀, PM₂,₅ et O₃.

Changement Climatique et Maladies Allergiques Respiratoires
Cun-Rui Huang a expliqué comment le réchauffement climatique et la pollution aggravent l’asthme et les allergies. La hausse des températures favorise l’O₃, les PM, les vagues de chaleur et les incendies. Les migrations d’espèces végétales, animales et humaines exposent à de nouveaux allergènes. Les orages concentrent les pollens fins, déclenchant des crises d’asthme. Les variations thermiques journalières et les inondations (moisissures) exacerbent également ces pathologies.

Mécanismes d’Action et Bénéfices de la Réduction de la Pollution
Dean Schraufnagel a décrit les mécanismes inflammatoires systémiques induits par les polluants. Les particules ultrafines (PM₀,₁) traversent les membranes cellulaires et atteignent divers organes, dont le cerveau. La réduction des émissions polluantes lors des Jeux Olympiques de Pékin et d’Atlanta a entraîné une baisse immédiate des consultations pour asthme et de la mortalité cardiovasculaire. Les programmes nationaux de lutte contre la pollution ont sauvé des centaines de milliers de vies et généré des économies substantielles.

Pollution et Altération de la Fonction Pulmonaire
Wei-Hong Chen a présenté des études de cohorte montrant qu’une exposition à court terme aux PM₂,₅ réduit la capacité vitale forcée (CVF) et le volume expiratoire maximal (VEMS). Une exposition prolongée altère le rapport VEMS/CVF. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) liés aux PM₂,₅ aggravent le déclin fonctionnel via le stress oxydatif et l’inflammation, particulièrement chez les fumeurs.

Effets Cardiopulmonaires des PM Intérieures chez les Patients BPCO
Fu-Rong Deng a insisté sur l’importance de la qualité de l’air intérieur, les PM₂,₅ d’origine domestique affectant davantage la fonction cardiopulmonaire que celles d’origine extérieure. L’obésité potentialise les risques cardiovasculaires liés aux PM. Les particules fines altèrent la variabilité du rythme cardiaque et induisent des marqueurs urinaires de stress oxydatif.

Taurine et Atténuation de l’Emphysème Induit par les PM₀,₁
Rui Chen a exploré les thérapies contre les effets des PM₀,₁, composants toxiques des gaz d’échappement. La taurine atténue l’emphysème chez la souris en inhibant le stress oxydatif et l’autophagie, offrant une piste thérapeutique prometteuse.

Risques Cardiovasculaires et Exposition aux HAP
Tang-Chun Wu a alerté sur la pollution intérieure dans les zones rurales chinoises, où l’utilisation de combustibles solides accroît la mortalité. Les HAP, notamment issus du diesel et du charbon, endommagent l’ADN et accélèrent le vieillissement via la méthylation.

Pollution et Population Âgée
Song Tang a identifié des biomarqueurs sensibles aux PM₂,₅ chez les personnes âgées, avec des modifications métaboliques et électrocardiographiques significatives.

Coûts Hospitaliers Liés à la Pollution en Chine
Shao-Wei Wu a corrélé la baisse des PM₂,₅ entre 2013 et 2017 à une réduction des dépenses hospitalières pour infections respiratoires et BPCO, soulignant l’impact économique persistant de la pollution.

Pollution et Cancer du Poumon à Hong Kong
Lap-ah Tse a associé la pollution atmosphérique à la prévalence croissante de l’adénocarcinome pulmonaire. Un algorithme de dépistage intégrant l’exposition pollinique améliore la prédiction du risque.

Actions en Côte d’Ivoire et Interventions Personnelles
Isabella Annesi-Maesano a décrit les politiques ivoiriennes de réduction des émissions, tandis que Hai-Dong Kan a évalué les bénéfices mitigés des purificateurs d’air et masques en Chine.

Stratégies Chinoises et Approche « Santé Planétaire »
Xiao-Ming Shi a détaillé les mesures chinoises : suppression des centrales à charbon, promotion des énergies propres. Josep Antó a plaidé pour une approche intégrée « santé planétaire », liant santé humaine et écosystèmes.

Déclaration de Vilnius et Conclusion
Arunas Valiulis a insisté sur la volonté politique nécessaire, incarnée par la Déclaration de Vilnius (2018), prônant une action multisectorielle. En conclusion, la pollution de l’air exige des réponses urgentes, notamment pour protéger les populations vulnérables. La synergie avec le changement climatique et les bénéfices sanitaires rapides d’une réduction à la source renforcent l’impératif d’agir.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000877

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