Survie sans progression et survie globale prolongées associées au diabète sucré mais inversement corrélées aux niveaux de glycémie chez les patients atteints d’un cancer du poumon

Survie sans progression et survie globale prolongées associées au diabète sucré mais inversement corrélées aux niveaux de glycémie chez les patients atteints d’un cancer du poumon

Le cancer du poumon reste l’une des principales causes de décès liés au cancer dans le monde, avec un taux de survie à 5 ans toujours faible malgré les progrès diagnostiques et thérapeutiques. La survie des patients est influencée par divers facteurs, dont les comorbidités comme le diabète sucré (DS), l’une des plus fréquentes dans cette population. Cependant, la relation entre le DS et la survie dans le cancer du poumon reste controversée, certaines études rapportant une augmentation de la survie, d’autres une absence d’effet ou une diminution. Cette étude vise à évaluer l’impact du DS et de la glycémie sur la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG) des patients atteints de cancer du poumon.

Contexte et justification

Le pronostic du cancer du poumon dépend de facteurs tels que l’âge, le sexe, l’histologie tumorale, le stade de la maladie et l’état général. Le DS, plus fréquent chez ces patients, pourrait influencer la survie, mais les données existantes sont contradictoires. De plus, les variations glycémiques, influencées par la chimiothérapie, les corticoïdes ou la chirurgie, pourraient affecter le pronostic, mais leur rôle reste peu exploré.

Méthodes

Cette étude rétrospective a inclus 200 patients atteints de cancer du poumon (138 hommes, 62 femmes ; âge moyen 60,0 ± 8,6 ans) admis au Département de pneumologie de l’hôpital Zhongshan (Université Fudan, Shanghai) entre janvier 2010 et janvier 2012, suivis jusqu’en 2015. Les critères d’inclusion étaient un diagnostic confirmé de cancer, un DS préexistant, une chimiothérapie complète et un suivi disponible. Les données incluaient le profil démographique, les antécédents de DS, la glycémie, le type histologique, le stade clinique, les régimes de chimiothérapie (cisplatine/pémétrexed [PP], cisplatine/docétaxel [DP], etc.) et l’usage de dexaméthasone ou d’antidiabétiques.

Les paramètres glycémiques étaient mesurés à chaque cycle de chimiothérapie et durant le suivi (36,0 à 60,0 mois). Les critères d’évaluation principaux étaient la SG (délai jusqu’au décès ou dernière consultation) et la SSP (délai jusqu’à progression ou décès), évalués selon les critères RECIST. Les analyses statistiques ont utilisé le logiciel SPSS 19.0, avec des tests de Chi², t de Student, Kaplan-Meier et régressions de Cox/logistique.

Résultats

Parmi les 200 patients, 31 avaient un DS préexistant. Les patients ont été divisés en trois groupes : cancer avec DS (n = 31), cancer sans DS mais avec hyperglycémie (n = 40) et cancer sans DS ni hyperglycémie (n = 128). L’analyse de Kaplan-Meier a montré une SSP et une SG significativement supérieures chez les patients avec DS (SSP médiane : 12,0 vs 6,0 mois ; SG médiane : 37,0 vs 12,0 mois ; log-rank p < 0,05 pour SSP, p < 0,01 pour SG). Les patients sans DS mais avec hyperglycémie avaient tendance à une survie plus courte que ceux sans hyperglycémie.

La régression de Cox a révélé que la SSP était favorisée par l’usage d’antidiabétiques (HR = 0,126 ; p < 0,05), l’IMC (HR = 0,882 ; p < 0,05), le stade précoce (HR = 0,174 ; p < 0,05) et le régime de chimiothérapie (HR = 0,188 ; p < 0,05), mais inversement associée à la glycémie (HR = 1,363 ; p < 0,05). Pour la SG, des associations favorables ont été observées avec l’IMC (HR = 0,860 ; p < 0,05), le stade précoce (HR = 0,292 ; p < 0,001) et l’usage de dexaméthasone (HR = 1,954 ; p < 0,05), tandis que la glycémie montrait une tendance inverse non significative (HR = 1,346 ; p = 0,094).

L’analyse logistique a identifié le DS (OR = 7,32 ; p < 0,05), l’IMC (OR = 1,04 ; p < 0,05), l’âge (OR = 1,02 ; p < 0,05) et le régime DP (OR = 1,84 ; p < 0,05) comme facteurs influençant la glycémie.

Discussion

Cette étude suggère que les patients atteints de cancer du poumon et de DS ont une SSP et une SG prolongées par rapport à ceux sans DS. Ces résultats concordent avec des études antérieures (comme HUNT et PEG) mais étendent les observations à la SSP. Les mécanismes pourraient inclure une réduction des métastases due aux modifications microvasculaires du DS ou un suivi médical plus régulier. L’association inverse entre glycémie et SSP indique que l’hyperglycémie pourrait aggraver le pronostic, possiblement via des fluctuations métaboliques défavorables.

Limites

Les limites incluent le design rétrospectif, la petite taille d’échantillon et les biais potentiels de sélection. Néanmoins, la standardisation des données et les méthodes statistiques appropriées renforcent la validité des résultats.

Conclusion

En conclusion, le DS est associé à une amélioration de la SSP et de la SG dans le cancer du poumon, tandis que l’hyperglycémie semble liée à un pronostic moins favorable. La SSP pourrait servir de critère intermédiaire pertinent pour la SG dans cette population, et la glycémie mériterait d’être considérée comme facteur pronostique. Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ces résultats et explorer les mécanismes sous-jacents.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000739

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