Situation actuelle et facteurs de risque d’échec d’éradication d’*H. pylori* en Chine

Situation actuelle et facteurs de risque d’échec de l’éradication d’Helicobacter pylori dans le nord-ouest de la Chine : une étude basée sur des données réelles

L’infection à Helicobacter pylori (H. pylori) constitue un problème de santé mondial, touchant environ la moitié de la population, avec une prévalence particulièrement élevée dans les pays en développement. Son éradication est cruciale pour la guérison des ulcères gastro-duodénaux et la réduction de l’incidence du cancer gastrique. Dans le nord-ouest de la Chine, le taux d’infection atteint 51,8 %, mais le taux d’éradication diminue, principalement en raison de la résistance croissante aux antibiotiques, notamment à la clarithromycine, et d’autres facteurs. Cette étude visait à évaluer la situation actuelle de l’éradication d’H. pylori, identifier les facteurs de risque d’échec et explorer des solutions potentielles.

Conception de l’étude et méthodologie

Cette étude multicentrique observationnelle a été menée dans 32 hôpitaux des provinces du Shaanxi, Shanxi et Xinjiang. Les patients âgés de 18 à 75 ans diagnostiqués avec une infection à H. pylori entre janvier 2020 et décembre 2021 ont été inclus. Les critères d’exclusion comprenaient la présence de tumeurs malignes, des contre-indications aux médicaments étudiés, une dysfonction hépatique, rénale ou cardiaque sévère, la grossesse, l’allaitement, des antécédents de toxicomanie ou de trouble mental, et le refus de consentement éclairé.

Le critère principal était le taux d’éradication, évalué par tests respiratoires à l’urée, tests antigéniques fécaux, tests rapides à l’uréase ou coloration histologique. Les patients ont reçu une quadrithérapie à base de bismuth pendant 14 jours. Les données démographiques, les résultats endoscopiques et les effets indésirables ont été recueillis à l’aide de l’échelle Gastrointestinal Symptoms Rating Scale.

Résultats

Sur 959 patients initiaux, 823 (âge médian 51 ans, 47,3 % d’hommes) ont été analysés. Le taux global d’éradication était de 92,0 %, conforme aux recommandations nationales chinoises (85–94 %). Le taux d’échec était significativement plus élevé en cas de traitement de rattrapage (24,2 % vs 6,7 % pour le traitement primaire), de survenue d’effets indésirables (26,3 % vs 6,7 %) et chez les patients résidant au Shaanxi (11,0 % vs 5,1 % ailleurs) ou en zone non urbaine (11,3 % vs 5,4 %).

Parmi les antibiotiques, l’association amoxicilline-métronidazole a obtenu le taux d’éradication le plus élevé (98,2 %), suivie de l’amoxicilline-clarithromycine (94,6 %) et de l’amoxicilline-lévofloxacine (92,4 %). Les schémas contenant du furazolidone (amoxicilline-furazolidone : 84,6 % ; lévofloxacine-furazolidone : 70,7 %) ont montré des performances inférieures. Concernant les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), le lansoprazole (98,4 %) et l’ésoméprazole (96,7 %) étaient les plus efficaces.

Facteurs de risque d’échec

L’analyse multivariée a identifié comme facteurs de risque indépendants :

  • Un traitement de rattrapage (OR ajusté [ORa] = 4,12 ; IC95 % : 1,86–9,13)
  • Des effets indésirables (ORa = 6,13 ; IC95 % : 2,75–13,69)
  • Un IMC >25 kg/m² (ORa = 0,38 ; IC95 % : 0,17–0,82)
  • L’utilisation de furazolidone (ORa = 2,83–12,63 selon les associations)
    À l’inverse, résider hors du Shaanxi réduisait le risque d’échec (ORa = 0,35).

Effets indésirables

57 patients (6,9 %) ont rapporté des effets indésirables, principalement des troubles abdominaux (34,5 %), des nausées (22,4 %) et des modifications du transit (18,4 %). L’incidence était plus élevée avec l’oméprazole, le rabéprazole et l’ilaprazole qu’avec l’ésoméprazole.

Discussion

Cette étude confirme l’efficacité globale de la quadrithérapie à base de bismuth, avec un taux d’éradication conforme aux attentes. Cependant, les disparités géographiques soulignent l’impact des inégalités d’accès aux soins et des résistances régionales aux antibiotiques. La sous-performance des schémas à base de furazolidone, pourtant recommandés en cas de résistance, suggère la nécessité d’étudier les profils de résistance locaux.

L’association entre l’IMC élevé et l’échec thérapeutique pourrait s’expliquer par des modifications pharmacocinétiques ou des comorbidités métaboliques. La gestion proactive des effets indésirables et le choix optimal des IPP (lansoprazole ou ésoméprazole) apparaissent comme des leviers d’amélioration.

Limites

Les biais de sélection liés aux exclusions et la déclaration auto-rapportée des effets indésirables limitent la généralisation des résultats. La taille réduite des sous-groupes nécessite une interprétation prudente.

Conclusion

En dépit d’un taux global élevé d’éradication, des facteurs modifiables (choix des antibiotiques, gestion des effets indésirables, éducation thérapeutique) pourraient optimiser les résultats. Une approche personnalisée, intégrant les particularités régionales et le profil des patients, est essentielle pour réduire le fardeau du cancer gastrique en Chine.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002557

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