Rôle et mécanisme de la matrine seule et en combinaison avec l’acitrétine sur les cellules HaCaT et les modèles murins de psoriasis

Rôle et mécanisme de la matrine seule et en combinaison avec l’acitrétine sur les cellules HaCaT et les modèles murins de psoriasis

Résumé
Le psoriasis est une maladie cutanée inflammatoire chronique caractérisée par des plaques squameuses bien délimitées, reflétant une hyperprolifération épidermique et des désordres immunorégulateurs. Les traitements conventionnels, incluant les rétinoïdes systémiques comme l’acitrétine, présentent une efficacité limitée et des effets secondaires à haute dose. La matrine, un alcaloïde issu de Sophora flavescens, possède des propriétés anti-inflammatoires, antiprolifératives et pro-autophagiques. Cette étude explore les effets de la matrine seule ou combinée à l’acitrétine sur les kératinocytes HaCaT et un modèle murin de psoriasis induit par l’imiquimod.

Méthodes
Culture cellulaire et traitement
Les cellules HaCaT ont été cultivées en milieu DMEM supplémenté avec du sérum fœtal bovin. Les traitements incluaient la matrine (0,2–1,6 mg/mL), l’acitrétine (10 mmol/L), ou leur combinaison (matrine 0,4 mg/mL + acitrétine 10 mmol/L).

Analyse de prolifération et cycle cellulaire
La viabilité cellulaire a été évaluée par test MTS. Le cycle cellulaire et l’apoptose ont été analysés par cytométrie en flux (marquage 7-AAD et annexine-V/7-AAD).

Étude de l’autophagie
Les vacuoles autophagiques ont été observées par microscopie électronique à transmission (MET). L’expression des protéines LC3, Beclin1, p62, p21, cycline D1, et les voies PI3K/Akt/mTOR a été mesurée par western blot.

Modèle animal
Des souris BALB/c traitées à l’imiquimod ont reçu de la matrine (50 mg/kg), de l’acitrétine (4,5 mg/kg), ou leur combinaison pendant 7 jours. Les lésions cutanées ont été évaluées par score clinique, histologie et immunohistochimie (LC3).

Résultats
Effets de la matrine sur les cellules HaCaT
La matrine a inhibé la prolifération des HaCaT de manière dose- et temps-dépendante (viabilité à 72 h : 30,36 % à 1,6 mg/mL). Elle a induit un arrêt du cycle en phase G0/G1 (82,31 % vs 38,80 % témoin) via la régulation positive de p21 et la suppression de la cycline D1. L’autophagie a été confirmée par l’augmentation de LC3-II/I, Beclin1, et la présence de vacuoles autophagiques en MET.

Effets synergiques de la combinaison
La combinaison matrine-acitrétine a potentialisé l’inhibition de la prolifération (58,67 % vs 74,40 % et 79,95 % en monothérapie à 48 h) et l’arrêt en G0/G1 (74,96 %). Une régulation plus marquée de p21, LC3-II/I, et une inhibition accrue de la voie PI3K/Akt/mTOR (p-PI3K, p-Akt, p-mTOR réduites) ont été observées.

Modèle murin
Le traitement combiné a réduit le score inflammatoire cumulatif (1,480 vs 2,370 et 2,888) et l’épaississement épidermique, avec une surexpression de LC3 dans les lésions cutanées.

Discussion
La matrine module l’homéostasie des kératinocytes via l’autophagie et l’arrêt du cycle cellulaire, potentialisée par l’acitrétine. L’inhibition synergique de la voie PI3K/Akt/mTOR suggère un mécanisme commun renforçant l’efficacité antitumorale et anti-inflammatoire. Ces résultats soutiennent l’utilisation de combinaisons à base de matrine pour réduire les doses d’acitrétine et ses effets indésirables.

Conclusion
Cette étude démontre le potentiel thérapeutique de la matrine, seule ou en combinaison avec l’acitrétine, dans le psoriasis via la modulation de l’autophagie, du cycle cellulaire et des voies de signalisation PI3K/Akt/mTOR. Des essais cliniques sont nécessaires pour valider ces résultats.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000412

Laisser un commentaire 0

Your email address will not be published. Required fields are marked *