Risque de récurrence du diabète gestationnel et développement du diabète de type 2 chez les femmes ayant des antécédents de diabète gestationnel et des facteurs de risque : Une étude menée dans 18 centres cliniques en Chine

Risque de récurrence du diabète gestationnel et développement du diabète de type 2 chez les femmes ayant des antécédents de diabète gestationnel et des facteurs de risque : Une étude menée dans 18 centres cliniques en Chine

Le diabète gestationnel (DG) représente un défi de santé majeur pendant la grossesse, avec des implications importantes pour les issues maternelles et fœtales. Les femmes ayant des antécédents de DG sont confrontées à un risque accru de récurrence du DG lors de grossesses ultérieures et de développement du diabète de type 2 (DT2) plus tard dans la vie. Cette étude rétrospective, menée dans 18 centres cliniques en Chine, a examiné la prévalence de la récurrence du DG et du développement du DT2 chez les femmes ayant des antécédents de DG, tout en identifiant les facteurs de risque associés. La recherche fournit des informations cruciales sur les conséquences métaboliques à long terme du DG et met en lumière des stratégies de stratification des risques et de prévention.

Conception de l’étude et population

L’étude a inclus 6 204 femmes ayant accouché deux fois dans le même hôpital entre janvier 2018 et octobre 2018. Les participantes ont été divisées en deux groupes : 1 002 femmes avec des antécédents de DG et 5 202 sans antécédents de DG. Toutes les femmes ont subi un test de tolérance au glucose par voie orale (HGPO) de 75 g à 24–28 semaines de gestation lors de leur première grossesse. Le DG a été diagnostiqué selon les critères de l’International Association of Diabetes and Pregnancy Study Group (IADPSG) : glycémie à jeun ≥5,1 mmol/L, glycémie à 1 heure ≥10,0 mmol/L ou glycémie à 2 heures ≥8,5 mmol/L. Les issues de la deuxième grossesse ont été évaluées pour la récurrence du DG et le développement du DT2.

Principaux résultats sur la récurrence du DG

Parmi les femmes ayant des antécédents de DG, 48,9 % ont connu une récurrence du DG lors de leur grossesse suivante, contre 16,09 % chez celles sans antécédents de DG (rapport de cotes [RC] = 5,21, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 4,50–6,02, P < 0,001). Cela démontre une forte association entre les antécédents de DG et la récurrence, soulignant la nécessité d'une surveillance ciblée dans cette population. De plus, 2,3 % des femmes ayant des antécédents de DG ont développé un DT2 avant leur deuxième grossesse, mettant en évidence la nature progressive des troubles du métabolisme du glucose dans cette cohorte.

Facteurs de risque de récurrence du DG

L’analyse multivariée a identifié plusieurs prédicteurs indépendants de la récurrence du DG :

  1. Âge maternel avancé : Chaque année supplémentaire augmentait le risque de récurrence de 7 % (RC ajusté = 1,07, IC à 95 % : 1,02–1,12, P = 0,006).
  2. Obésité pré-grossesse : Un indice de masse corporelle (IMC) pré-grossesse plus élevé était un prédicteur significatif (RC ajusté = 1,07 par augmentation de 1 kg/m², IC à 95 % : 1,02–1,12, P = 0,003). Les femmes avec un IMC ≥28 kg/m² avaient un taux de récurrence de 43,8 % contre 6,8 % chez les femmes de poids normal.
  3. Sévérité de l’intolérance au glucose antérieure : L’aire sous la courbe (ASC) des valeurs de l’HGPO lors de la première grossesse était fortement associée à la récurrence (RC ajusté = 1,14, IC à 95 % : 1,02–1,26, P = 0,02). Une glycémie à jeun plus élevée (≥5,6 mmol/L) et des valeurs multiples anormales de l’HGPO lors de la première grossesse augmentaient encore les risques de récurrence.

Facteurs de risque de progression vers le DT2

Pour les femmes progressant vers le DT2, des facteurs de risque distincts ont émergé :

  1. Âge : Un âge plus avancé augmentait le risque de DT2 de 28 % (RC ajusté = 1,28, IC à 95 % : 1,01–1,61, P = 0,04).
  2. IMC pré-grossesse : Un IMC plus élevé restait un prédicteur significatif (RC ajusté = 1,26 par augmentation de 1 kg/m², IC à 95 % : 1,04–1,53, P = 0,02).
  3. Sévérité de l’HGPO : Une ASC plus élevée des valeurs de l’HGPO lors de la première grossesse était corrélée au développement du DT2 (RC ajusté = 1,65, IC à 95 % : 1,04–2,62, P = 0,03).
  4. Macrosomie antérieure : Un antécédent d’accouchement d’un enfant macrosomique (≥4 000 g) multipliait par quatre le risque de DT2 (RC = 4,42, IC à 95 % : 1,53–12,81, P = 0,006).

Différences métaboliques et cliniques entre les groupes

Les femmes ayant développé un DT2 ou une récurrence du DG présentaient des profils métaboliques distincts par rapport à celles restées normoglycémiques :

  • Valeurs de l’HGPO : Lors de leur première grossesse, les patientes DT2 avaient une glycémie à jeun plus élevée (5,43 ± 0,48 mmol/L vs. 5,02 ± 0,47 mmol/L), une glycémie à 1 heure (10,93 ± 1,34 mmol/L vs. 9,15 ± 1,58 mmol/L) et une glycémie à 2 heures (9,30 ± 1,66 mmol/L vs. 7,79 ± 1,38 mmol/L) plus élevées que les femmes normoglycémiques (P < 0,001 pour toutes).
  • Glycémie à jeun altérée (GJA) : La GJA (glycémie à jeun ≥5,6 mmol/L) lors de la première grossesse était présente chez 31,3 % des cas de DT2 contre 8,8 % chez les femmes normoglycémiques (P < 0,001).
  • Valeurs multiples anormales de l’HGPO : 68,8 % des cas de DT2 avaient deux valeurs anormales ou plus de l’HGPO lors de leur première grossesse, contre 23,9 % chez les femmes normoglycémiques (P < 0,001).

Intervalle gestationnel et changements de poids

L’intervalle entre les grossesses était plus long chez les femmes ayant développé un DT2 (4,06 ± 1,44 ans) que chez celles avec une récurrence du DG (3,52 ± 1,43 ans) ou des issues normoglycémiques (3,38 ± 1,35 ans, P = 0,004). La prise de poids entre les grossesses ne différait pas significativement entre les groupes, suggérant que le statut métabolique pré-grossesse, plutôt que les changements de poids inter-grossesses, joue un rôle dominant dans la progression de la maladie.

Implications cliniques et recommandations

L’étude souligne l’importance du conseil préconceptionnel pour les femmes ayant des antécédents de DG. Les principales recommandations incluent :

  1. Optimisation métabolique préconceptionnelle : La gestion du poids et le contrôle glycémique avant la conception peuvent atténuer les risques de récurrence.
  2. Dépistage précoce par HGPO : Les femmes ayant des antécédents de DG devraient subir un dépistage précoce du glucose lors de grossesses ultérieures, en particulier si elles présentent des facteurs de risque comme l’obésité ou un âge avancé.
  3. Surveillance à long terme : Le dépistage post-partum du DT2 et des évaluations métaboliques régulières sont cruciaux, compte tenu du risque accru de diabète à vie.

Limites et orientations futures

La conception rétrospective de l’étude et la durée limitée du suivi (jusqu’à 7 ans) mettent en évidence la nécessité d’études de cohorte prospectives à long terme pour mieux comprendre la trajectoire du DG vers le DT2. De plus, le rôle des interventions sur le mode de vie, comme l’alimentation et l’activité physique, dans la modification de ces risques mérite une investigation plus approfondie.

Conclusion

Cette étude multicentrique à grande échelle confirme que des antécédents de DG augmentent significativement le risque de récurrence et de progression vers le DT2. Les principaux facteurs de risque modifiables, notamment l’IMC pré-grossesse et la sévérité de la tolérance au glucose, offrent des cibles d’intervention actionnables. En intégrant les soins préconceptionnels, le dépistage précoce et les modifications du mode de vie, les professionnels de santé peuvent réduire le fardeau des complications liées au DG et améliorer les résultats de santé maternelle à long terme.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002036

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