Résultats des schémas thérapeutiques BIC/FTC/TAF vs EFV en Chine centrale

Résultats des schémas thérapeutiques à base de Bictegravir/Emtricitabine/Ténofovir Alafénamide versus Efavirenz en Chine centrale : une évaluation en conditions réelles

L’épidémie mondiale du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) demeure un défi majeur pour les systèmes de santé publique, avec environ 39,0 millions de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en 2022. Bien que la thérapie antirétrovirale (ART) ait transformé le VIH en une condition chronique gérable, l’optimisation de l’efficacité et de la tolérance reste cruciale. Les schémas à base d’inhibiteurs de l’intégrase (INSTI), notamment le bictegravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide (BIC/FTC/TAF), sont privilégiés pour leur puissance élevée et leur profil de sécurité favorable. En Chine, cependant, les schémas à base d’inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTI), comme l’efavirenz (EFV) associé au lamivudine (3TC) et au ténofovir disoproxil fumarate (TDF), restent largement utilisés. Cette étude compare en conditions réelles le BIC/FTC/TAF et l’EFV+3TC+TDF chez des PVVIH naïfs de traitement dans le centre de la Chine, en analysant la suppression virologique, la restauration immunologique et les effets indésirables.


Conception de l’étude et caractéristiques des participants

Cette étude rétrospective monocentrique a inclus 162 participants du First Hospital de Changsha (province du Hunan) entre janvier 2021 et février 2023. Les participants ont auto-choisi leur traitement, formant deux groupes : BIC/FTC/TAF (n=72) et EFV+3TC+TDF (n=90). Le consentement éclairé et l’approbation éthique ont été obtenus.

Les caractéristiques initiales étaient comparables entre les groupes. Le groupe BIC/FTC/TAF présentait un âge moyen de 34,5 ± 12,1 ans, une charge virale initiale de 4,83 log₁₀ copies/mL (intervalle interquartile [IIQ] : 4,45–5,32) et un taux de CD4+ de 319 cellules/mm³ (IIQ : 102–373). Le groupe EFV+3TC+TDF avait un âge moyen de 33,3 ± 14,0 ans, une charge virale de 4,69 log₁₀ copies/mL (IIQ : 4,39–5,10) et un taux de CD4+ de 363 cellules/mm³ (IIQ : 203–445). Aucune différence significative n’a été observée concernant les données démographiques, les voies de transmission ou les paramètres biologiques initiaux (P >0,05).


Résultats virologiques

Les taux de suppression virologique (<50 copies/mL) et la réduction de la charge virale ont été évalués aux semaines 4, 12 et 24.

Taux de suppression virologique

  • Semaine 4 : 75,0 % (9/12) dans le groupe BIC/FTC/TAF contre 25,0 % (1/4) pour l’EFV.
  • Semaine 12 : 93,1 % (27/29) sous BIC/FTC/TAF versus 37,5 % (3/8) sous EFV (χ²=12,638 ; P<0,001).
  • Semaine 24 : 97,2 % (70/72) avec BIC/FTC/TAF et 83,3 % (75/90) avec EFV (χ²=8,215 ; P=0,004).

Réduction de la charge virale

  • Semaine 4 : Réduction médiane de 3,00 log₁₀ copies/mL (BIC) vs 1,88 log₁₀ copies/mL (EFV) (P=0,090).
  • Semaine 12 : 4,26 log₁₀ copies/mL (BIC) vs 2,28 log₁₀ copies/mL (EFV) (P=0,013).
  • Semaine 24 : 4,45 log₁₀ copies/mL (BIC) vs 3,89 log₁₀ copies/mL (EFV) (P=0,003).

Chez les participants avec une charge virale initiale >100 000 copies/mL, le BIC/FTC/TAF a maintenu une supériorité : 93,1 % (27/29) vs 63,0 % (17/27) à la semaine 24 (P=0,006).


Restauration immunologique

L’augmentation des CD4+ était significative dans les deux groupes mais plus marquée avec le BIC/FTC/TAF. À la semaine 24, le gain médian était de 227 cellules/mm³ (groupe BIC : 319 → 546) contre 150 cellules/mm³ (groupe EFV : 363 → 513) (P=0,037).


Tolérance

Les effets indésirables (EI) étaient plus fréquents avec l’EFV :

  • Étourdissements : 35,6 % (32/90)
  • Céphalées : 28,9 % (26/90)
  • Rêves anormaux : 24,5 % (20/90)

Six participants (6,7 %) ont interrompu l’EFV en raison d’EI. Aucun arrêt n’a été observé sous BIC/FTC/TAF.


Implications cliniques

Le BIC/FTC/TAF a démontré une suppression virologique rapide, conforme aux essais cliniques internationaux. Par exemple, Gallant et al. (2017) ont rapporté une réduction de 3,10 log₁₀ copies/mL à la semaine 4, cohérente avec nos résultats. La suppression rapide réduit le risque de transmission, soutenant le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I).

Les limites de l’EFV, notamment son profil d’EI neuropsychiatriques et son efficacité réduite chez les patients à charge virale élevée, soulignent la nécessité d’alternatives dans les régions à ressources limitées.


Limites et perspectives

  1. Durée de suivi courte : 24 semaines insuffisantes pour évaluer l’efficacité à long terme.
  2. Biais de genre : 91,67 % d’hommes, reflétant l’épidémiologie locale mais limitant la généralisation.
  3. Données manquantes : Perturbations liées à la pandémie de COVID-19.

Des études ultérieures devraient inclure des analyses coût-efficacité pour guider les politiques nationales.


Conclusion

Chez les PVVIH naïfs de traitement en Chine centrale, le BIC/FTC/TAF surpasse l’EFV+3TC+TDF en termes de suppression virologique, restauration immunologique et tolérance. Ces résultats soutiennent l’adoption des schémas à base d’INSTI comme traitement de première ligne en Chine.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002888

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