Résultats de la Chirurgie Super Mini-Invasive vs. Œsophagectomie pour le Carcinome Épidermoïde Superficiel de l’Œsophage : Une Étude Monocentrique Basée sur l’Appariement par Score de Propension
Contexte
La chirurgie super mini-invasive (CSMI), concept chirurgical innovant introduit en 2016, vise à « guérir la maladie tout en préservant l’anatomie des organes ». Reconnue par l’Organisation mondiale d’endoscopie et la Société chinoise d’endoscopie digestive, la CSMI préserve la structure et la fonction des organes, offrant une survie normale et une qualité de vie (QdV) postopératoire optimale. Cependant, peu d’études comparatives de haute qualité existent entre la CSMI et l’œsophagectomie pour le carcinome épidermoïde superficiel de l’œsophage (CESŒ). Cette étude compare ces deux approches, en particulier sur la QdV et les modifications du mode de vie.
Méthodes
Une cohorte rétrospective de patients atteints de CESŒ (stade T1N0M0) traités à l’Hôpital général de l’Armée populaire de libération (PLA) entre janvier 2018 et juin 2020 a été analysée. Les critères d’exclusion incluaient des antécédents de chimiothérapie, radiothérapie ou autres cancers. Après appariement par score de propension (1:1, calibre 0,01) basé sur dix facteurs pronostiques, 34 paires de patients (CSMI vs. œsophagectomie) ont été comparées. Les paramètres de QdV (questionnaire EORTC QLQ-C30), la dysphagie (score Mellow–Pinkas), la survie globale (SG), la survie spécifique (SS) et la survie sans récidive (SSR) ont été évalués.
Résultats
Après appariement, les caractéristiques basales étaient comparables (suivi moyen : 23,1 vs. 23,8 mois). Aucune différence significative n’a été observée en SG, SS ou SSR. Les taux de SS à 3 ans étaient de 100 % (CSMI) vs. 97,1 % (œsophagectomie) ; les taux de SSR à 3 ans de 80,6 % vs. 85,5 % (p > 0,05). La CSMI a montré une meilleure QdV globale (p < 0,05), avec des scores supérieurs en santé globale (78,3 vs. 69,2), fonction physique (92,1 vs. 85,6) et fonction sociale (89,5 vs. 80,3). L’œsophagectomie était associée à plus de fatigue (34,2 vs. 24,1), douleur (18,9 vs. 10,4), troubles du sommeil (25,6 vs. 12,7) et impact économique (48,5 % vs. 23,5 %). La dysphagie était plus sévère après œsophagectomie (score médian 0 [0–2] vs. 0 [0–0] ; p < 0,01), et 55,9 % des patients ne pouvaient dormir en décubitus dorsal contre 2,9 % après CSMI.
Discussion
Cette étude est l’une des premières à comparer la résection endoscopique et l’œsophagectomie pour le CESŒ, soulignant l’avantage de la CSMI sur la QdV. La préservation anatomique explique probablement ces résultats, évitant les complications fonctionnelles de l’œsophagectomie. Bien que les survies soient similaires à moyen terme, la CSMI minimise les perturbations du mode de vie. Des études prospectives multicentriques avec un suivi à long terme sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Limitations
L’étude est rétrospective et monocentrique, avec un échantillon modeste et un suivi court. La profondeur d’invasion tumorale dans le groupe œsophagectomie n’a pas pu être précisée.
Conclusion
La CSMI offre une QdV supérieure à l’œsophagectomie pour le CESŒ T1N0M0, avec des résultats de survie comparables. Ces données soulignent l’importance de prioriser la préservation organique dans les stratégies thérapeutiques.
Financement
Étude approuvée par le Comité d’éthique de l’Hôpital général de la PLA (N° S2019-105-01).
Conflits d’intérêts
Aucun déclaré.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002365