Réseau Circulatoire du Liquide Interstitiel Humain Originaire des Points d’Acupuncture
Le concept des points d’acupuncture et des méridiens constitue un pilier de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) depuis des siècles. La Statue en bronze Tian Sheng, introduite en 1027, fut la première à représenter ces éléments, évoluant vers l’atlas utilisé aujourd’hui en MTC. Les points d’acupuncture sont des zones définies à la surface du corps, souvent aux extrémités, reliées anatomiquement à des organes ou tissus internes via un réseau de méridiens et collatéraux. Bien que centraux en MTC, leurs structures anatomiques restent mal élucidées par la science moderne.
En MTC, un point d’acupuncture est considéré comme une porte d’entrée ou de sortie pour des substances ou signaux biologiques. Depuis les années 1960, des traqueurs isotopiques ou colorés injectés dans des points d’acupuncture animaux ont révélé des structures canalaires nommées « canaux de Bonghan », puis « primo-vaisseaux ». Ces micro-conduits, composés de cellules endothéliales et de matrices collagènes, suggèrent un écoulement liquidien. Cependant, leur lien avec les points d’acupuncture humains reste flou.
Entre les années 1950 et 1990, des injections sous-cutanées de traceurs radioactifs (ex. technétium-99m) dans des points d’acupuncture humains ont permis de visualiser des canaux de migration à longue distance via scintigraphie. Ces canaux, distincts des systèmes sanguin ou lymphatique, correspondent à des voies de circulation du liquide interstitiel (ISF). Toutefois, leur résolution spatiale limitée (~1 cm) a empêché une corrélation claire avec les méridiens de la MTC.
Depuis 2006, l’IRM avec contraste (Gd-DTPA) a permis d’observer deux types de voies liquidiennes originaires des points d’acupuncture : lisses (continues) et non lisses (discontinues). Aucune ne coïncide avec les vaisseaux lymphatiques ou les méridiens traditionnels. Des études ex vivo sur des membres amputés, utilisant des traceurs fluorescents, ont identifié quatre types de voies ISF : cutanées, périsvasculaires (artérielles/veineuses) et neurales. Ces structures, composées de tissus conjonctifs fibreux, diffèrent des vaisseaux sanguins ou lymphatiques.
Des expériences sur cadavres, simulant les battements cardiaques via un compresseur thoracique, ont montré que l’ISF injecté dans le point Shaoshang (pouce) migre vers l’oreillette droite via des voies cutanées et périsveineuses. La micro-tomographie et la microscopie confocale ont révélé des fibres orientées longitudinalement dans les septums interlobulaires, facilitant un écoulement dirigé. Ces observations soutiennent l’hypothèse d’un « pompage gel » : les mouvements cardiaques et respiratoires compriment les matrices gelées des tissus conjonctifs, générant un flux unidirectionnel d’ISF.
Les tissus conjonctifs, omniprésents dans le corps, forment un réseau continu permettant une circulation systémique de l’ISF. Ce réseau, composé de voies cutanées, périsvasculaires, neurales et fasciales, pourrait correspondre aux méridiens de la MTC. L’hypothèse d’un « Connectome du Liquide Interstitiel Humain » (HIFCA) propose 12 groupes de réseaux associés aux 12 méridiens principaux, reliant les points d’acupuncture aux organes internes.
En conclusion, les points d’acupuncture pourraient représenter une intersection entre la médecine ancestrale et la science moderne, ouvrant de nouvelles perspectives pour des applications médicales innovantes.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000001796