Réponse immune après vaccination par vaccin inactivé contre la maladie à coronavirus 2019

Réponse immune après vaccination par vaccin inactivé contre la maladie à coronavirus 2019

Résumé

Le système immunitaire adaptatif joue un rôle crucial dans le contrôle de l’infection par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2). Ce système inclut l’immunité humorale, médiée par les lymphocytes B, et l’immunité cellulaire, dirigée par les lymphocytes T. Comprendre les modifications immunitaires induites par les vaccins inactivés, largement utilisés en Chine, est essentiel pour évaluer leur efficacité protectrice et guider les stratégies vaccinales. Cette étude vise à explorer la réponse immune suite à la vaccination par des vaccins inactivés contre le SARS-CoV-2, en se concentrant sur l’immunité humorale, l’immunité cellulaire et les profils de cytokines.

Conception de l’étude et participants

Il s’agit d’une étude de cohorte prospective monobras menée à l’Hôpital provincial du peuple du Henan entre mars et décembre 2021. Au total, 142 participants, incluant des professionnels de santé et des résidents locaux âgés de 18 ans ou plus, ont été recrutés. Tous ont reçu deux doses de vaccins inactivés (CoronaVac de Sinovac Life Sciences ou BBIBP-CorV de Sinopharm) à trois semaines d’intervalle. Les antécédents d’infection par le SARS-CoV-2, la prise d’immunosuppresseurs, les allergies aux composants vaccinaux et la grossesse constituaient des critères d’exclusion.

Un consentement éclairé écrit a été obtenu, et l’étude a été approuvée par le comité d’éthique de l’hôpital. Les données sur les comorbidités, les caractéristiques vaccinales (dose, timing, effets indésirables) et les prélèvements sanguins ont été collectés à 2, 8 et 24 semaines après la deuxième dose. Les participants ont été divisés en deux groupes selon leur taux d’anticorps IgG anti-SARS-CoV-2 à 8 semaines : séropositifs (IgG détectables) et séronégatifs (IgG indétectables).

Méthodes de laboratoire

Le dosage des IgG sériques a été réalisé par immunoessai chimioluminescent magnétique (MCLIA). La numération des globules blancs (GB), lymphocytes (LYMPH), neutrophiles (NEUT) et l’hémoglobine (HGB) ont été analysées via un automate Sysmex XN-9100. Les cytokines (IL-2, IFN-gamma, TNF-alpha, IL-4, IL-6, IL-10) ont été quantifiées par cytométrie NovoCyte (Agilent). Les lymphocytes B mémoire et les sous-populations T ont été caractérisés par cytométrie en flux, et les lymphocytes T spécifiques du SARS-CoV-2 par test ELISpot.

Analyses statistiques

Les données répétées (GB, NEUT, LYMPH, HGB, cytokines) ont été comparées par le test de Friedman et le test q. Les différences entre groupes (lymphocytes B mémoire, cellules T spécifiques, CD4+/CD8+) ont été évaluées par le test U de Mann-Whitney. La significativité était fixée à p < 0,05. Les analyses ont été réalisées avec SPSS 26.0.

Résultats

Caractéristiques des participants

Les comorbidités les plus fréquentes étaient l’hypertension (20,4 %), l’hyperlipidémie (11,3 %), le diabète (7,0 %), les pathologies respiratoires (5,6 %) et les tumeurs (4,9 %). Des réactions locales (douleur au site d’injection) ont été rapportées chez 22,5 % des participants, et des réactions systémiques (fatigue, myalgies) chez 7,0 %. Tous étaient négatifs pour le SARS-CoV-2 avant et après vaccination.

Réponse immune humorale

Aucun participant ne présentait d’IgG anti-SARS-CoV-2 avant vaccination. Les taux de séropositivité étaient de 86,6 % à 2 semaines, 72,5 % à 8 semaines et 50,7 % à 24 semaines. Le titre moyen maximal (14,67 S/CO) était atteint à 2 semaines, puis diminuait à 5,78 S/CO à 8 semaines et 2,52 S/CO à 24 semaines.

Numérations sanguines

Dans le groupe séropositif, les LYMPH et GB à 24 semaines étaient inférieurs à ceux à 2 semaines (LYMPH : p < 0,001 ; GB : p = 0,011). L’HGB était plus basse à 8 et 24 semaines qu’à 2 semaines (p = 0,040 ; p < 0,001). Aucun changement significatif n’a été observé dans le groupe séronégatif ou pour les NEUT.

Profils cytokiniques

Les taux d’IL-2, TNF-alpha, IFN-gamma, IL-6 et IL-10 augmentaient à 8 semaines par rapport à 2 semaines, et restaient élevés à 24 semaines. L’IL-4 augmentait progressivement dans le groupe séropositif. À 2 semaines, l’IL-2, le TNF-alpha et l’IFN-gamma étaient plus élevés chez les séropositifs (p < 0,001 ; p = 0,018 ; p < 0,001). À 24 semaines, ces cytokines ainsi que l’IL-6 et l’IL-10 restaient supérieures dans ce groupe (p < 0,001 ; p < 0,001 ; p = 0,003 ; p = 0,021 ; p = 0,004).

Lymphocytes B mémoire et T

À 24 semaines, une proportion élevée de lymphocytes B mémoire IgG+IgM−CD19+ était détectée dans les deux groupes, mais plus significative chez les séropositifs (p < 0,001). Les lymphocytes T spécifiques du SARS-CoV-2 étaient également plus nombreux dans ce groupe (p < 0,001). L’expression d’IFN-gamma et de TNF-alpha était plus marquée dans les lymphocytes T CD4+ que CD8+ (p = 0,042).

Discussion

Cette étude met en évidence l’immunogénicité des vaccins inactivés contre le SARS-CoV-2. Une réponse humorale robuste (86,6 % de séroconversion) était observée à 2 semaines, avec une persistance des anticorps circulants pendant six mois. Les paramètres hématologiques restaient normaux, confirmant la sécurité vaccinale.

Les cytokines augmentaient sans atteindre les niveaux associés aux orages cytokiniques des formes graves de COVID-19. Les réponses cellulaires (lymphocytes B mémoire, T spécifiques) étaient plus intenses chez les individus avec des titres anticorps élevés ou durables, suggérant une protection à long terme même en cas de réponse humorale faible.

Le déclin des anticorps souligne l’intérêt des doses de rappel pour maintenir l’immunité. Des recherches futures devraient définir le seuil protecteur des IgG et évaluer l’impact des rappels.

Conclusion

Les vaccins inactivés induisent une réponse immune humorale et cellulaire sécuritaire et efficace jusqu’à 24 semaines. Le pic anticorps survient à 2 semaines, puis décline progressivement. Le monitoring immunologique et l’administration de rappels ciblés sont essentiels pour une protection durable contre la COVID-19.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002707

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