Récidive de kystes du corps ciliaire avec éblouissement traitée par laser au grenat d’yttrium-aluminium dopé au néodyme
Cet article présente une étude de cas détaillée d’un patient ayant présenté une récidive de kystes du corps ciliaire associée à un éblouissement, traitée efficacement par laser au grenat d’yttrium-aluminium dopé au néodyme (Nd:YAG). Le patient avait initialement été traité pour la même pathologie trois ans auparavant, mais les symptômes réapparurent, nécessitant une nouvelle intervention. Le traitement et ses résultats sont analysés en détail, soulignant l’utilisation d’outils diagnostiques avancés et l’efficacité de la thérapie laser dans la prise en charge de cette affection.
Le patient, précédemment traité pour des kystes du corps ciliaire, rapporta un éblouissement récurrent de l’œil gauche. À l’examen, les segments antérieurs des deux yeux apparaissaient normaux, avec des trous iriens visibles résultant du traitement initial au laser Nd:YAG. Un bombé de la racine irienne fut observé à la position 8 heures dans l’œil gauche. Les mesures de réfraction de l’œil droit étaient de 1,0, –3,0/–1,75 à 170°, donnant un logMAR de 0. Pour l’œil gauche, la mesure réfractive était de 1,0, –4,75/–0,5 à 45°, également avec un logMAR de 0. La pression intraoculaire (PIO) des deux yeux était mesurée à 16 mmHg.
Le Système d’Analyse de la Qualité Optique (OQAS) fut utilisé pour évaluer la qualité visuelle. L’œil droit présenta un indice de diffusion objectif (OSI) de 0,5, un seuil de la fonction de transfert de modulation (MTF) à 40,975 et un rapport de Strehl de 0,183. L’œil gauche, en revanche, montra un OSI significativement plus élevé (2,6), un seuil MTF réduit (18,603) et un rapport de Strehl diminué (0,128), confirmant une altération objective de la qualité visuelle corrélée à l’éblouissement.
Une cystectomie au laser YAG fut réalisée via l’incision irienne à 8 heures sur l’œil gauche, permettant une résolution immédiate de l’éblouissement. L’examen postopératoire par OQAS révéla une amélioration de la synchronicité de l’œil gauche : OSI à 1,5, seuil MTF à 23,411 et rapport de Strehl à 0,139. Une semaine après l’intervention, l’éblouissement avait totalement disparu. La réfraction de l’œil gauche resta inchangée (logMAR 0) et la PIO s’éleva légèrement à 18 mmHg. Les paramètres OQAS continuèrent de s’améliorer (OSI 0,6 ; MTF 44,539 ; Strehl 0,30), avec un nouveau trou irien visible à 8h30.
Cette étude confirme que les kystes du corps ciliaire peuvent altérer la qualité visuelle indépendamment de l’acuité. L’OQAS a fourni des données objectives validant l’expérience subjective du patient et l’efficacité du traitement. La résolution immédiate des symptômes et l’amélioration des métriques OQAS soulignent l’intérêt de la cystectomie au laser Nd:YAG.
Les auteurs soulignent le risque de développement de nouveaux kystes après l’ablation de lésions multiples, justifiant un suivi prolongé et des retraitements potentiels. Ils insistent sur l’importance des outils diagnostiques avancés (OQAS, sensibilité aux contrastes, analyse des aberrations) pour évaluer exhaustivement la fonction visuelle dans ces cas.
En conclusion, ce cas illustre la gestion réussie d’une récidive de kystes du corps ciliaire par laser Nd:YAG, en s’appuyant sur une analyse quantitative de la qualité visuelle. Les résultats soulignent la nécessité d’une approche diagnostique rigoureuse et la possibilité d’interventions itératives dans cette pathologie.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000546