Prévalence des anticorps et réponse à l’immunothérapie chez les patients chinois

Prévalence des anticorps et réponse à l’immunothérapie chez les patients chinois atteints d’épilepsie et d’encéphalopathie : Scores pour les patients avec différents anticorps de surface neuronale

Introduction
Ces dernières décennies, la découverte d’auto-anticorps neurologiques spécifiques a transformé la compréhension des liens entre mécanismes immunitaires et encéphalopathies ou épilepsies auto-immunes. En 2017, la Ligue Internationale Contre l’Épilepsie (ILAE) a reconnu l’étiologie immunitaire comme l’un des six groupes étiologiques majeurs de l’épilepsie. Des études suggèrent que plus de 10 % des épilepsies pourraient avoir une origine auto-immune, avec une proportion significative de patients séropositifs pour des anticorps neuronaux en cas d’étiologie indéterminée. Un diagnostic précoce et une immunothérapie rapide sont essentiels pour améliorer le pronostic. Des systèmes de scores, tels que l’APE (Antibody Prevalence in Epilepsy), sa version modifiée (APE2), et l’APE2-CHN (adapté aux patients chinois), ont été développés pour prédire une origine auto-immune et guider les décisions thérapeutiques. Cette étude évalue l’utilité de l’APE2 et de l’APE2-CHN dans une population chinoise, en se concentrant sur leur capacité à identifier les anticorps de surface neuronale et à prédire la réponse à l’immunothérapie.

Méthodes
Sur 1 365 patients présentant des crises épileptiques comme symptôme principal (Hôpital Xuanwu, 2016–2020), 915 sans lésion structurelle ou anomalie métabolique identifiable ont été testés pour des anticorps auto-immuns sériques et/ou du LCR. Parmi eux, 191 étaient positifs pour des anticorps de surface neuronale (NMDAR, LGI1, CASPR2, AMPA2R, GABAR-B), excluant les anticorps non spécifiques (Hu, Yo, GAD65). Les scores APE2, APE2-CHN, RITE2 (Response to Immunotherapy with Epilepsy and Encephalopathy) et RITE2-CHN ont été calculés. L’efficacité du traitement a été évaluée via le score mRS (modified Rankin score), avec une réponse définie par une amélioration ≥1 point du mRS ou une réduction >50 % de la fréquence des crises après six mois d’immunothérapie.

Résultats
Parmi les 915 patients, 191 (20,87 %) étaient positifs pour des anticorps de surface neuronale : NMDAR (115), LGI1 (47), CASPR2 (8), AMPA2R (4), GABAR-B (11), avec six cas de co-positivité. La sensibilité et la spécificité de l’APE2 ≥4 étaient respectivement de 74,35 % et 81,77 %, contre 75,92 % et 84,53 % pour l’APE2-CHN ≥4. Huit patients avec APE2 <4 avaient un APE2-CHN ≥5, présentant tous un déclin mnésique marqué. L’APE2-CHN était plus sensible pour les anticorps anti-NMDAR mais moins pour les anti-LGI1. Sur 191 patients positifs, 187 (97,91 %) ont reçu une immunothérapie, avec une amélioration clinique chez 142 (74,35 %). Les patients anti-LGI1 avec un RITE2-CHN ≥8 ont particulièrement bien répondu.

Discussion
Les scores APE2 et APE2-CHN sont utiles pour prédire la présence d’anticorps de surface neuronale. L’APE2-CHN, intégrant des variables cliniques supplémentaires (troubles de la mémoire, du langage, altération de la conscience), est plus performant pour les symptômes complexes. Cependant, leur valeur prédictive varie selon le type d’anticorps : meilleure sensibilité pour les anti-NMDAR, moins pour les anti-CASPR2, probablement en raison de manifestations cliniques distinctes (ex. : atteinte périphérique dans l’encéphalite anti-CASPR2). Les scores RITE2/RITE2-CHN sont prédictifs de la réponse à l’immunothérapie, notamment pour les anti-LGI1. Un score APE2/APE2-CHN élevé, reflétant une sévérité clinique, était associé à une réponse moindre au traitement, soulignant l’importance d’une intervention précoce.

Limites
L’étude présente plusieurs limites : exclusion des anticorps non spécifiques (Hu, Yo, GAD65), effectifs réduits pour certains anticorps (ex. : AMPA2R), et un recrutement monocentrique limitant la généralisation des résultats.

Conclusion
Les scores APE2-CHN et RITE2-CHN sont des outils précieux pour guider le diagnostic et le traitement des encéphalopathies auto-immunes en contexte chinois. L’APE2-CHN est particulièrement utile en cas de déficits cognitifs ou du langage, tandis que le RITE2-CHN prédit efficacement la réponse thérapeutique dans l’encéphalite anti-LGI1. Les scores élevés pourraient signaler un pronostic réservé, nécessitant une prise en charge rapide. Des études multicentriques et l’inclusion des anticorps non spécifiques sont nécessaires pour valider ces résultats.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001701

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