Présence d’anticorps contre LRP4 dans une cohorte chinoise de SLA

Présence d’anticorps contre la protéine 4 apparentée au récepteur des lipoprotéines de basse densité et altération de la jonction neuromusculaire dans une cohorte chinoise de sclérose latérale amyotrophique

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative dévastatrice caractérisée par la perte progressive des motoneurones supérieurs et inférieurs. Malgré des recherches approfondies, la pathogenèse de la SLA reste obscure et aucun traitement efficace n’est disponible. Ce manque de compréhension souligne le besoin urgent de biomarqueurs potentiels pour classifier la maladie et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Une piste prometteuse concerne l’étude des autoanticorps, notamment ceux ciblant la protéine 4 apparentée au récepteur des lipoprotéines de basse densité (LRP4). Des études antérieures ont montré la présence d’anticorps anti-LRP4 chez certains patients SLA, suggérant un rôle dans la physiopathologie. Cette étude explore la présence d’anticorps anti-LRP4 dans une cohorte chinoise de patients SLA et leur corrélation avec la dysfonction de la jonction neuromusculaire (JNM).

L’étude, menée à l’Hôpital Xuanwu de l’Université médicale de Capitale (Pékin, Chine), a été approuvée par le comité d’éthique. Les participants (56 patients SLA répondant aux critères d’El-Escorial) ont été évalués via l’échelle fonctionnelle révisée de l’ALS (ALSFRS-r) et le taux de progression calculé comme (48 – ALSFRS-r)/durée (mois). Les groupes témoins incluaient 65 patients avec myasthénie grave (MG), 60 patients avec d’autres maladies neuro-immunes et 63 volontaires sains.

Les anticorps anti-LRP4 ont été détectés par un test cellulaire : des cellules HEK-293T transfectées avec des plasmides CMV6-LRP4-tGFP ou pEGFP (contrôle) ont été incubées avec des sérums de patients (dilutions 1:100 ou 1:200), puis marquées avec un anticorps IgG humain conjugué à l’Alexa Fluor 568. Les images ont été analysées en aveugle par deux observateurs indépendants.

Les études de stimulation nerveuse répétitive (RNS) ont évalué les défauts de la JNM. Les potentiels d’action musculaire composés (CMAP) ont été enregistrés dans plusieurs muscles, avec une réponse décrémentielle définie comme une réduction d’amplitude ≥10%.

Résultats : Trois patients SLA (5,4%) étaient positifs pour les anticorps anti-LRP4 (titres 1:800, 1:800 et 1:1600). Un patient retesté après six mois montrait une augmentation de 25% des anticorps parallèlement à l’aggravation clinique. Un seul patient MG était positif (1:800), aucun dans les autres groupes.

Tous les patients SLA anti-LRP4+ présentaient une transmission neuromusculaire altérée à la RNS. Parmi les patients séronégatifs, 27/53 (50,9%) montraient également un décrément, jusqu’à 35%. Cela suggère que les anticorps anti-LRP4 contribuent à la dysfonction de la JNM sans en être le seul facteur.

Des prévalences plus élevées (23% et 10%) avaient été rapportées dans des cohortes grecques, italiennes et américaines. La différence pourrait refléter des variations ethniques ou cliniques (durée moyenne de maladie : 16 mois ici vs 36 mois ailleurs).

La LRP4, protéine transmembranaire des récepteurs LDL, est cruciale pour la formation des JNM. Des études animales montrent que les anticorps anti-LRP4 perturbent leur structure et fonction. Ces résultats soulignent leur rôle potentiel dans la SLA, bien que d’autres mécanismes soient impliqués.

En conclusion, cette étude identifie des anticorps anti-LRP4 dans une sous-population de patients SLA chinois et met en lumière leur lien avec la dysfonction de la JNM. La prévalence plus faible que dans d’autres cohortes pourrait refléter des différences ethniques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier leur rôle pathogénique et leur potentiel comme biomarqueurs ou cibles thérapeutiques.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000284

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