Pour la santé du peuple – Commémoration du 135e anniversaire du *Chinese Medical Journal*

Pour la santé du peuple – Commémoration du 135e anniversaire de la fondation du Chinese Medical Journal

Le parcours historique du Chinese Medical Journal

L’année 2022 marque le 135e anniversaire du Chinese Medical Journal (CMJ), une publication qui a documenté les avancées révolutionnaires en sciences médicales, les initiatives de santé publique et l’évolution des soins de santé en Chine. Fondé en 1887 sous le nom de China Medical Missionary Journal (CMMJ), la mission de cette revue a évolué parallèlement aux besoins sanitaires du pays, reflétant les progrès de la Chine dans la lutte contre les maladies infectieuses, l’amélioration des pratiques cliniques et la construction de systèmes de santé robustes. Au cours de ses 135 années d’existence, le CMJ a servi de phare scientifique, retraçant le parcours de la Chine depuis sa lutte contre des épidémies dévastatrices jusqu’à son émergence en tant que leader mondial de la recherche médicale et de l’innovation en santé publique.


Les années de formation (1887–1907) : Principes fondateurs et premiers défis

Le China Medical Missionary Journal a été lancé en 1887 par la Medical Missionary Association of China, dans le but de rassembler les médecins missionnaires travaillant à travers le pays. Son premier numéro exposait des objectifs visant à diffuser des connaissances médicales scientifiques, partager des expériences cliniques et relever les défis de santé publique spécifiques à la Chine. Les premières éditions mettaient en lumière les maladies infectieuses et parasitaires prévalentes, telles que la variole, le choléra, la lèpre, le paludisme et la schistosomiase, qui ravageaient les communautés. Les articles soulignaient les innovations chirurgicales, comme les techniques antiseptiques inspirées par Joseph Lister, et introduisaient des outils de diagnostic tels que la microscopie.

Un thème récurrent de cette époque était l’intersection entre la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et les pratiques médicales occidentales. Par exemple, la revue documentait les pratiques chirurgicales locales tout en analysant les herbes utilisées en MTC. Le comité de rédaction abordait également des questions sociales, publiant des études sur l’addiction à l’opium et les impacts sanitaires de la pratique des pieds bandés. Notamment, la revue plaidait pour des statistiques sanitaires systématiques et des réformes de l’assainissement urbain, posant les bases des futures infrastructures de santé publique.


Consolidation et professionnalisation (1907–1932) : Vers une rigueur scientifique

En 1907, la revue fut renommée China Medical Journal (CMJ), marquant un virage décisif vers la spécialisation scientifique et une diminution de l’influence missionnaire. Cette période a été marquée par des avancées dans la compréhension des maladies subtropicales, comme les recherches du parasitologue O. T. Logan sur les infections helminthiques. Le CMJ a également documenté des événements majeurs, tels que la peste pneumonique de 1910–1911 dans le nord-est de la Chine. Le Dr Lien-teh Wu, figure clé de la médecine moderne chinoise, a utilisé la revue pour diffuser les conclusions de la Conférence internationale sur la peste, plaidant pour des mesures de quarantaine et un suivi épidémiologique.

La fondation de la Chinese Medical Association (CMA) en 1915 a constitué un autre jalon. Les éditoriaux soulignaient la nécessité d’une collaboration professionnelle, notamment avec le retour de médecins chinois formés à l’étranger pour contribuer au système de santé national. Le CMJ est devenu une plateforme pour intégrer l’expertise médicale étrangère aux besoins locaux, promouvant une formation standardisée et des campagnes de santé publique.


Institutionnalisation et intégration nationale (1932–1951) : Guerre, résilience et réorganisation

La troisième étape débuta en 1932 lorsque le CMJ fusionna avec le National Medical Journal of China (NMJC), symbolisant l’ascension des chercheurs chinois dans la recherche médicale. Durant la seconde guerre sino-japonaise (1937–1945), la revue a fait face à des perturbations mais a persisté dans la publication d’études critiques. Les articles dénonçaient la destruction des infrastructures médicales par les forces d’invasion et mettaient en lumière les efforts pour relocaliser les écoles de médecine vers les provinces intérieures. Malgré les difficultés de guerre, les recherches se sont poursuivies sur des maladies comme la lèpre, avec la Conférence nationale sur la lèpre de 1932 plaidant pour des stratégies de prévention dirigées par le gouvernement.

Les éditions d’après-guerre se concentraient sur la reconstruction des infrastructures sanitaires. Après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le comité de rédaction du CMJ s’installa à Pékin en 1951, s’alignant sur l’engagement du nouveau gouvernement en faveur d’une couverture sanitaire universelle.


Santé socialiste et progrès (1952–1966) : Triomphes en santé publique

La quatrième étape (1952–1966) a été marquée par des avancées sans précédent en santé publique. Le CMJ a rapporté les campagnes nationales pour éradiquer la syphilis, la lèpre et la schistosomiase. En 1959, la Chine avait établi des réseaux de soins de santé ruraux, formé plus de 160 000 sages-femmes et réduit la mortalité maternelle de 75 %. Les recherches révolutionnaires incluaient l’identification par le Dr Feifan Tang de Chlamydia trachomatis comme cause du trachome, une découverte cruciale pour l’ophtalmologie mondiale.

Les innovations chirurgicales, comme la réimplantation de membres et le traitement des brûlures, étaient détaillées parallèlement à des intégrations de la MTC. Par exemple, des études sur la décoction Liuwei Dihuang, une formule de MTC pour l’hypertension, illustraient l’approche unique de la Chine pour combiner médecine traditionnelle et moderne. Cependant, la publication de la revue fut suspendue en 1966 pendant la Révolution culturelle.


Renaissance et mondialisation (1973–à aujourd’hui) : Relever de nouveaux défis

Le CMJ a repris sa publication en 1973, entrant dans une ère de mondialisation scientifique. Les réformes post-1978 ont permis des éditions mensuelles, puis bimensuelles, pour accueillir une production de recherche croissante. La revue a documenté la transition de la Chine du contrôle des maladies infectieuses à la gestion des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et les cancers. Les enquêtes nationales sur le tabagisme ont révélé des taux alarmants, incitant à une législation anti-tabac.

Au 21e siècle, le CMJ est devenu un canal clé pour combattre les infections émergentes. Durant l’épidémie de SRAS en 2003, les directives consensuelles de Nanshan Zhong ont standardisé les protocoles de gestion. De même, les études sur la COVID-19 publiées dans le CMJ ont détaillé les modes de transmission virale, les facteurs de risque et les stratégies de traitement, contribuant aux réponses mondiales à la pandémie.


Conclusion : Un héritage d’innovation et d’impact mondial

En 135 ans, le Chinese Medical Journal a reflété la métamorphose de la Chine, passant d’un pays en proie aux épidémies à un leader mondial en santé. Ses pages retracent les jalons de l’éradication des maladies, de l’innovation chirurgicale et de l’intégration de la MTC avec la médecine occidentale. Aujourd’hui, le CMJ ne se contente pas de répondre aux priorités sanitaires nationales, mais façonne également le discours international, offrant des « solutions chinoises » à des défis universels. Alors que la Chine avance son initiative « Healthy China 2030 », la revue reste un témoignage de la puissance de la science médicale pour transformer les sociétés.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002134

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