Polypectomie par anse froide pour les polypes colorectaux : usages actuels et développements

Polypectomie par anse froide pour les polypes colorectaux : usages actuels et développements

La polypectomie par anse froide (PAF) représente une avancée majeure dans les technologies de résection endoscopique, notamment pour l’ablation des petits polypes colorectaux. Cette technique est de plus en plus recommandée pour les polypes de moins de 5 mm, voire jusqu’à 10 mm pour les lésions non cancéreuses, contribuant à réduire l’incidence et la mortalité du cancer colorectal. Les recommandations cliniques de la Société européenne d’endoscopie gastro-intestinale (ESGE) désignent la PAF comme la méthode de référence pour l’exérèse des petits polypes, en raison de son taux élevé de résection complète, de sa sécurité et de son adéquation pour l’analyse histologique. Ces recommandations s’appuient sur des preuves solides.

Pour les polypes de moins de 10 mm, des essais randomisés ont confirmé que la PAF répond aux critères d’efficacité histologique, de sécurité et d’efficience. L’ESGE suggère également son utilisation pour les polypes dentelés sessiles (SSP) de 6 à 9 mm, bien que cette recommandation repose sur des données de qualité modérée.

Des études récentes étendent l’application de la PAF aux polypes ≥ 10 mm, montrant un taux de résection complète de 99,3 % sans augmentation du risque d’événements indésirables. Les taux de résidus (4,1 %) et de récidive (12,2–13,8 %) lors du suivi sont acceptables. La PAF en pièces larges pour les polypes non pédiculés de grande taille confirme son efficacité et sa sécurité, malgré des preuves limitées.

Chez les patients atteints de polypose adénomateuse familiale (PAF) souhaitant retarder la colectomie, une étude portant sur 79 patients traités par PAF n’a rapporté aucune complication, avec une réduction du nombre de polypes chez 77 patients et aucun cas de cancer. La PAF pourrait donc être une option de gestion de la PAF.

La PAF permet également l’ablation de petits polypes chez les patients sous traitement antithrombotique sans interruption médicamenteuse, offrant de meilleurs résultats que la polypectomie conventionnelle. Elle pourrait également être utilisée pour la résection en pièces de SSP étendus ou circulaires, ou pour des lésions situées dans des zones à risque hémorragique accru (canal anal, duodénum).

L’efficacité de la PAF est évaluée via la résection complète (R0), essentielle pour prévenir les cancers colorectaux intervalaires. Bien que son taux de résection complète soit inférieur à celui de la résection muqueuse endoscopique (RME) (91,5 % vs 98,5 %), il reste comparable à d’autres méthodes. La PAF surpasse la polypectomie à pince chaude (77,3–98,2 % vs 85–98,5 %, P = 0,410) et la polypectomie à pince froide (93,2 % vs 75,9 %, P = 0,009).

La PAF réduit le temps opératoire endoscopique, limitant l’inconfort patient. Le temps total de coloscopie est significativement plus court qu’avec la RME (4,7 min vs 5,5 min) ou la polypectomie à anse chaude (16–23 min vs 25–29,6 min, P < 0,001). L'absence d'électrocoagulation et d'injection sous-muqueuse explique cette rapidité.

Le taux de récidive après PAF est faible (6,2 % vs 29,7 % pour la RME, P = 0,013), avec aucune récidive observée à 1 an. Les saignements immédiats, plus fréquents avec la PAF (54 % vs 14 % pour la polypectomie à anse chaude), sont généralement auto-limités. Les perforations sont rares, et le syndrome post-polypectomie par électrocoagulation est éliminé.

L’utilisation d’anses dédiées (PAF-D) améliore le taux de résection complète, notamment pour les polypes de 8–10 mm, et réduit légèrement les saignements immédiats (24 % vs 28 %, P = 0,700). Leur conception facilite la capture tissulaire et permet une transition sans changement d’anse pour les polypes nécessitant une polypectomie à anse chaude.

En conclusion, la PAF est la méthode standard pour les petits polypes colorectaux, avec des avantages en termes de temps et de sécurité. Son application pour les polypes ≥ 10 mm, les SSP et la PAF est prometteuse. Des études supplémentaires sont nécessaires pour définir ses limites de diamètre et son taux de récidive à long terme.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001880

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