Perspectives des patients et des médecins chinois sur la charge et la prise en charge de l’asthme
L’asthme constitue un problème de santé publique majeur en Chine, avec une prévalence globale de 4,2 % chez les adultes de 20 ans et plus, touchant environ 45,7 millions de personnes. Compte tenu de cette charge élevée, une compréhension des pratiques thérapeutiques par les médecins et les patients est essentielle pour améliorer les stratégies de prise en charge. Cet article présente les résultats d’une étude transversale menée en 2020 auprès de patients asthmatiques et de médecins chinois, analysant leurs perceptions de la charge de la maladie et des modalités de traitement.
Méthodologie
L’étude a été conduite entre juillet et août 2020, incluant 300 patients âgés de 18 ans ou plus avec un diagnostic confirmé d’asthme, et 201 médecins (médecins généralistes, internistes) ayant au moins 3 ans d’expérience clinique et prenant en charge ≥4 patients asthmatiques par mois. Les caractéristiques sociodémographiques et cliniques détaillées sont disponibles en annexe.
Résultats
Parmi les patients, 52,3 % considéraient leur asthme « bien » ou « totalement » contrôlé (8,7 % totalement, 43,6 % bien contrôlé). Néanmoins, ces patients déclaraient en moyenne 3,7 exacerbations et 1,4 hospitalisation dans l’année écoulée. Une majorité (70,7 %) rapportait un impact négatif sur la vie quotidienne, avec 21,3 % de perturbations fréquentes. Des symptômes persistants étaient observés : 47,3 % avaient une dyspnée ≥3 fois/semaine et 60,3 % des réveils nocturnes ≥1 fois/semaine. L’utilisation d’inhalateurs à courte durée d’action (SABA) était courante : 22,3 % s’en servaient quotidiennement.
Concernant la stratégie MART (Maintenance and Reliever Therapy), 51,7 % des patients et 73,2 % des médecins la connaissaient. Cependant, 95,8 % des patients utilisaient des traitements de fond comme traitement de secours, et 60 % combinaient traitements de fond et de secours. Seuls 10,1 % respectaient une bithérapie inhalée quotidienne. Parmi les médecins, 31,9 % prescrivaient des SABA seuls pour l’asthme léger, et 36,2 % une association ICS/LABA + SABA pour l’asthme modéré.
Objectifs thérapeutiques
Les patients privilégiaient le contrôle de la toux (69,5 %) et de la dyspnée (47,5 %). Les médecins visaient principalement le contrôle global (51,6 %) ou symptomatique (37,2 %) pour l’asthme léger. Une divergence notable résidait dans la surévaluation perçue du contrôle par les patients, malgré un fardeau symptomatique élevé.
Limites
L’étude présente des biais potentiels (échantillonnage non probabiliste, non-réponses partielles) et une hétérogénéité des profils participants.
Conclusion
Cette étude révèle un décalage entre les perceptions des patients et la réalité clinique de l’asthme en Chine. Malgré une satisfaction déclarée, la fréquence des exacerbations et l’usage inadapté des SABA soulignent la nécessité d’optimiser l’éducation thérapeutique et l’adoption de stratégies basées sur les preuves, comme le MART. Des recherches complémentaires devraient cibler les déterminants socio-culturels influençant la prise en charge.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002732