L’enseignement par vidéoconférence améliore la formation en anesthésiologie au Tibet

L’enseignement par vidéoconférence améliore la formation des résidents en anesthésiologie au Tibet en Chine

Le plateau Qinghai-Tibet, surnommé « toit du monde », présente des conditions environnementales extrêmes et des ressources médicales limitées. Depuis la fondation de la République populaire de Chine, le gouvernement chinois a investi massivement pour développer la région autonome du Tibet et améliorer les soins de santé. Ces efforts ont porté leurs fruits : l’espérance de vie y est passée de 36 ans dans les années 1950 à 68 ans aujourd’hui, tandis que la population est passée de moins d’un million à 3,31 millions. Cependant, malgré ces progrès, l’accès et la qualité des soins au Tibet restent inférieurs à ceux d’autres régions chinoises. Un rapport du Lancet de 2016 révèle des disparités frappantes, avec un score de 91,5 pour Pékin contre 48,0 pour le Tibet, soulignant la nécessité de poursuivre les investissements médicaux.

Pour remédier à ces défis, des experts médicaux sont régulièrement envoyés pour former les praticiens locaux. L’hôpital populaire de la région autonome du Tibet (TARPH) bénéficie depuis 2015 de l’expertise de l’hôpital de l’Union médicale de Pékin (PUMCH), le meilleur hôpital chinois. Toutefois, le manque de ressources pédagogiques standardisées limite l’amélioration des compétences en anesthésiologie. Une solution innovante a donc été adoptée : l’enseignement à distance par vidéoconférences.

Mise en œuvre du programme

L’étude a évalué l’impact de cours vidéo sur la formation des résidents en anesthésiologie au TARPH. Huit chapitres du manuel Miller’s Anesthesia ont été sélectionnés, couvrant des thèmes critiques tels que les machines d’anesthésie, les opioïdes, la gestion des voies respiratoires et la douleur postopératoire. Huit anesthésistes seniors du PUMCH ont dispensé des cours de 40 minutes, combinant théorie et pratique clinique. Entre mars et septembre 2018, dix résidents du TARPH ont passé des tests avant et après chaque cours, composés de 20 questions à choix multiples (10 en pré-test et 10 en post-test). Les scores ont été analysés par des tests t appariés après vérification de la normalité des données.

Résultats

Les résultats montrent une amélioration significative des connaissances après les cours vidéo. Les scores moyens sont passés de 4,95 ± 0,47 (pré-test) à 7,60 ± 0,53 (post-test). Les progrès ont été significatifs (p < 0,05) pour 87,5 % des thèmes :

  • Machine d’anesthésie : 5,60 ± 1,84 → 7,20 ± 1,40 (p = 0,05)
  • Opioïdes : 3,40 ± 1,35 → 7,60 ± 1,26
  • Surveillance respiratoire : 4,20 ± 1,99 → 6,20 ± 1,14
  • Bloc nerveux : 6,80 ± 1,69 → 8,60 ± 0,97
  • Anesthésie obstétricale : 3,40 ± 1,90 → 7,60 ± 1,58
  • Neuro-anesthésie : 5,00 ± 1,05 → 8,00 ± 1,33
  • Douleur postopératoire : 5,00 ± 1,41 → 9,00 ± 1,05

Seule la gestion des voies respiratoires n’a pas montré d’amélioration statistique (p > 0,05).

Avantages de l’enseignement à distance

Cette méthode surmonte les défis géographiques (altitude élevée, faible densité démographique) et offre un accès égal à un enseignement de qualité. Les vidéos, disponibles gratuitement, permettent un apprentissage répété. Cependant, des investissements dans les infrastructures réseau sont nécessaires pour des diffusions en direct à l’échelle nationale.

Conclusion

Cette première étude sur la formation en anesthésiologie au Tibet démontre l’efficacité des vidéoconférences pour améliorer les compétences médicales dans les régions reculées. En intégrant cette approche, la Chine peut renforcer l’équité des soins, bénéficiant autant aux patients qu’aux professionnels de santé.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000605

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