L’activation du système GABAergique par électroacupuncture atténue l’inflammation des voies aériennes dans un modèle d’asthme via la suppression de la voie de signalisation TLR4/MyD88/NF-κB

L’activation du système GABAergique par électroacupuncture atténue l’inflammation des voies aériennes dans un modèle d’asthme via la suppression de la voie de signalisation TLR4/MyD88/NF-κB

L’asthme est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une hyperréactivité bronchique, une inflammation à éosinophiles et un remodelage des voies aériennes. Les traitements actuels, incluant les corticostéroïdes inhalés, les bêta-agonistes et les antagonistes des leucotriènes, se concentrent sur le contrôle des symptômes sans cibler les dysrégulations immunitaires sous-jacentes. L’électroacupuncture (EA), une approche combinant l’acupuncture traditionnelle à une stimulation électrique, a montré des effets bénéfiques dans l’atténuation des symptômes de l’asthme. Cependant, ses mécanismes moléculaires anti-inflammatoires restent mal élucidés. Cette étude explore le rôle du système GABAergique et de la voie TLR4/MyD88/NF-κB dans les effets thérapeutiques de l’EA sur un modèle murin d’asthme.

Des souris BALB/c femelles ont été réparties en groupes témoins (Témoin et Témoin + EA) et en groupes asthmatiques induits par l’ovalbumine (OVA) (OVA, OVA + EA, OVA + EA + antagoniste des récepteurs GABAAR). Le modèle d’asthme a été établi par une sensibilisation intra-péritonéale à l’OVA-aluminium aux jours 1 et 8, suivie de provocations intranasales à l’OVA aux jours 21, 23, 25 et 28. L’EA a été appliquée aux points Feishu (BL13) et Tiantu (CV22) à 2 Hz et 2 mA pendant 30 min, un jour sur deux pendant deux semaines. Des analyses physiologiques, histologiques et moléculaires ont évalué la résistance des voies aériennes, l’infiltration cellulaire, les cytokines et l’activité des voies de signalisation.

La résistance respiratoire (Rrs), indicateur clé de l’hyperréactivité bronchique, a augmenté significativement chez les souris OVA (7,03 ± 2,88 cmH2O·s·mL−1 à 25 mg/mL de méthacholine) versus les témoins (3,01 ± 1,94 cmH2O·s·mL−1; P = 0,003). L’EA a réduit la Rrs (3,57 ± 1,10 cmH2O·s·mL−1; P = 0,008 vs OVA). L’analyse histologique a révélé une inflammation péri-bronchique sévère (score : 5,00 [4,00–5,00]) et une hyperplasie des cellules caliciformes (score PAS : 4,00 [3,00–4,00]) chez les souris OVA, atténuées par l’EA (score d’inflammation : 3,00 [3,00–3,25]; score PAS : 1,50 [1,00–2,00]; P = 0,002).

Dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire (BALF), les souris OVA présentaient une augmentation des éosinophiles, neutrophiles, macrophages et lymphocytes. L’EA a réduit les éosinophiles (de 107,28 ± 48,71 à 15,56 ± 8,68; P < 0,001) et les neutrophiles (de 44,94 ± 20,66 à 13,56 ± 6,55; P < 0,001). Les taux d’IL-4 (564,47 ± 21,26 pg/mL), IL-5 (166,40 ± 32,37 pg/mL) et IL-13 (175,46 ± 5,48 pg/mL) chez les souris OVA ont été diminués par l’EA à 77,77 ± 11,66 pg/mL (P < 0,001), 24,93 ± 6,78 pg/mL (P < 0,001) et 115,45 ± 10,22 pg/mL (P < 0,001), respectivement.

Sur le plan moléculaire, l’EA a augmenté les niveaux de GABA dans le tissu pulmonaire et régulé à la hausse les sous-unités α1 et α1-6 des GABAAR (ex. : expression de GABAAR α1 multipliée par 1,8 dans OVA + EA vs OVA; P < 0,05). La voie TLR4/MyD88/NF-κB, clé dans l’inflammation, a été supprimée par l’EA, avec une diminution des protéines TLR4 (-51 %), MyD88 (-43 %) et NF-κB p65 (-38 %) versus OVA (P < 0,05).

L’administration de bicuculline, antagoniste des GABAAR, a annulé les effets de l’EA : augmentation de la Rrs (5,29 ± 0,89 cmH2O·s·mL−1; P = 0,045 vs OVA + EA), aggravation des scores d’inflammation (4,50 [4,00–5,00]; P = 0,038) et restauration des taux d’IL-4 (111,24 ± 17,02 pg/mL; P = 0,048), IL-5 (54,79 ± 15,19 pg/mL; P = 0,036) et IL-13 (147,90 ± 7,03 pg/mL; P = 0,011). Les niveaux de TLR4, MyD88 et NF-κB ont également été rétablis, confirmant le rôle central des GABAAR dans l’effet thérapeutique de l’EA.

Ces résultats démontrent que l’EA atténue l’inflammation asthmatique via l’activation du système GABAergique, inhibant la voie TLR4/MyD88/NF-κB. En modulant les interactions neuro-immunes, l’EA réduit l’infiltration éosinophilique, la production de cytokines et le remodelage bronchique. Bien que prometteuse comme thérapie complémentaire, les limites incluent l’utilisation d’un seul modèle d’asthme et l’absence de validation par knock-out des GABAAR. Des études sur des phénotypes diversifiés et des cibles moléculaires supplémentaires sont nécessaires pour optimiser les protocoles d’EA.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002314

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