La surface vasculaire minimale prédit la resténose intra-stent dans le syndrome de compression veineuse iliaque non thrombosique après la pose de stent
Le syndrome de compression veineuse iliaque (SCVI), anomalie anatomique caractérisée par la compression des veines iliaques entre une artère adjacente et une vertèbre, se divise en lésions thrombosiques et non thrombosiques selon la présence concomitante d’une thrombose veineuse profonde. Les procédures endovasculaires constituent le traitement principal du SCVI non thrombosique. Cependant, l’angioplastie par ballonnet s’avère souvent insuffisante en raison d’un phénomène de récolement de la paroi veineuse, rendant nécessaire l’implantation de stents pour maintenir la perméabilité vasculaire. Malgré cela, les stents peuvent induire des complications telles que la thrombose et la resténose intra-stent (RIS). Bien que la RIS, causée par l’hyperplasie intimale, soit bien décrite dans les pathologies artérielles, ses facteurs prédictifs dans le SCVI non thrombosique restent mal compris. Cette étude vise à identifier l’incidence et les prédicteurs potentiels de la RIS après la pose de stent dans cette population.
Méthodes
Une analyse rétrospective a inclus des patients traités par stent pour SCVI non thrombosique entre 2017 et 2020 au département vasculaire de l’hôpital Zhongshan (Université Fudan). Chaque membre a été considéré comme une donnée indépendante. Les paramètres anatomiques, évalués par échographie intravasculaire, incluaient le diamètre ou la surface de sténose veineuse, calculés par la formule : (1 – diamètre [ou surface] vasculaire minimal(e)/diamètre [ou surface] de référence) × 100 %. Un traitement par aspirine et rivaroxaban a été prescrit pour ≥6 mois. Le suivi, incluant des scanners thoraciques (TDM) à 64 détecteurs, a évalué la RIS (définie comme toute sténose) via des images coronales, sagittales et obliques, analysées par un radiologue et un chirurgien vasculaire.
Résultats
Sur 68 patients (78 membres), l’âge moyen était de 63,94 ± 8,02 ans, avec une majorité de femmes. La localisation gauche prédominait (71,8 %), et 10 patients présentaient des lésions bilatérales. Selon la classification CEAP, 6 membres étaient classés C3 (œdème), 53 C4 (modifications cutanées), 7 C5 (ulcère cicatrisé) et 12 C6 (ulcère actif).
Pendant le suivi (médiane : 7,5 mois), 10 membres (12,8 %) ont développé une RIS, principalement au centre du stent (80 %). Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes RIS et non-RIS concernant les caractéristiques anatomiques. Cependant, une tendance non significative a été notée pour une surface vasculaire minimale (SVM) plus faible (43,16 ± 16,68 mm² vs. 55,72 ± 19,70 mm² ; p = 0,059) et un taux de sténose en surface plus élevé (66,35 ± 12,55 % vs. 59,93 ± 10,92 % ; p = 0,093) dans le groupe RIS. En analyse multivariée, une SVM ≤48 mm² (seuil optimal via courbe ROC) était un prédicteur indépendant de RIS (OR ajusté = 7,464 ; IC95% : 1,282–43,476 ; p = 0,025), après ajustement pour l’âge, le sexe et l’IMC.
Discussion
L’incidence de la RIS (12,8 %) observée ici est inférieure à celle rapportée dans les études antérieures incluant des SCVI thrombosiques et non thrombosiques. Cette divergence pourrait s’expliquer par des critères diagnostiques ou méthodologiques différents (ex. : seuil de sténose, sensibilité accrue du TDM). La SVM émerge comme un facteur prédictif clé, suggérant qu’une sténose pré-stent plus sévère favorise une réponse hyperplasique post-stent. Bien que des limites (taille d’échantillon modeste, suivi court) restreignent la généralisation des résultats, ces données soutiennent une surveillance rapprochée pour les patients avec SVM ≤48 mm².
Conclusion
La RIS n’est pas rare après stenting dans le SCVI non thrombosique. La SVM pré-interventionnelle permet d’identifier les patients à haut risque, justifiant un suivi renforcé pour détecter précocement les complications.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000002522