La protéine PHF23 à doigt de domaine homéodomaine inhibe l’autophagie et favorise l’apoptose des chondrocytes dans l’arthrose
L’arthrose (OA) est une maladie articulaire dégénérative prévalente caractérisée par des douleurs, une raideur, une mobilité réduite et des déformations articulaires, entraînant souvent un handicap. Touchant environ 240 millions de personnes dans le monde, elle représente un enjeu majeur de santé publique et économique. Sa pathogenèse implique des facteurs mécaniques, génétiques, métaboliques (obésité) et surtout le vieillissement. L’autophagie, processus lysosomal de dégradation cellulaire, joue un rôle clé dans l’homéostasie des chondrocytes – cellules uniques du cartilage – dont la dysrégulation sous stress favorise l’apoptose et la dégradation matricielle.
La protéine PHF23, inhibiteur autophagique peu étudié en orthopédie, a été analysée dans le cartilage et le tissu synovial de patients OA via immunohistochimie et Western blot. Les résultats montrent une expression accrue de PHF23 dans le cartilage de grade Outbridge III (vs grade I) et le tissu synovial OA (vs témoins sains). L’interleukine-1b (IL-1b), mimant un stress inflammatoire OA, induit une augmentation tempodépendante de PHF23 (rapport PHF23/GAPDH : 0,31 ± 0,05 à 12h ; 0,79 ± 0,05 à 48h), parallèlement à une autophagie initialement élevée (ratio LC3B-II/LC3B-I : 2,13 ± 0,04 à 12h) puis déclinante.
Un modèle de knockdown par siRNA a confirmé le rôle central de PHF23 : sa suppression restaure l’expression des marqueurs autophagiques (LC3B-II, Bécline-1) et réduit l’apoptose (caspase-3 clivée diminuée). L’utilisation de modulateurs autophagiques (rapamycine, 3-MA) a révélé que PHF23 agit en amont de l’autophagie sans en être régulé – son expression reste inchangée malgré les manipulations autophagiques.
Ces données identifient PHF23 comme un régulateur clé de la balance autophagie-apoptose dans les chondrocytes OA, cible thérapeutique potentielle. Des études mécanistiques supplémentaires sont nécessaires pour élucider ses voies de signalisation.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000402