Issus périnatals du diabète gestationnel récurrent-récurrent et leurs facteurs pronostiques

Issus périnatals du diabète gestationnel récurrent-récurrent et leurs facteurs pronostiques : une étude de cohorte rétrospective en Chine

Le diabète gestationnel (DG) est une pathologie caractérisée par une intolérance au glucose et une résistance à l’insuline survenant pendant la grossesse. Les femmes atteintes de DG présentent un risque accru de complications maternelles et fœtales. Celles ayant des antécédents de DG ont un risque significativement plus élevé de récidive lors des grossesses ultérieures. Des études antérieures, y compris les nôtres, ont montré une incidence accrue d’issues périnatales défavorables en cas de DG récurrent. Cependant, les données restent limitées sur la nécessité de décourager les grossesses supplémentaires chez ces femmes. Cette étude rétrospective vise à explorer les issues périnatales et les facteurs pronostiques du DG récurrent-récurrent.

Méthodes
L’étude, approuvée par le comité d’éthique de l’Hôpital de santé maternelle et infantile du Fujian (Chine), a inclus des femmes diagnostiquées selon les critères de l’International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups (IADPSG). Les données maternelles et fœtales ont été recueillies à partir des dossiers médicaux jusqu’au 31 mai 2022. La taille de l’échantillon a été calculée avec PASS, et les analyses statistiques ont été réalisées avec SPSS (tests t de Student, Mann-Whitney, chi-carré). L’algorithme de forêt aléatoire a identifié les facteurs de risque.

Résultats
Sur 1 547 femmes suivies entre 2010 et 2022, 1 372 ont été incluses après exclusions. Parmi elles, 182 sont redevenues enceintes : 111 accouchements après 24 semaines, dont 65 (64 %) avec DG récurrent-récurrent, 37 (37 %) avec DG sans complications, et 9 (9 %) avec diabète prégestationnel (DPG). Un cas de mortinaissance a été observé dans le groupe DPG.

Caractéristiques comparatives
Le groupe DG récurrent-récurrent présentait un IMC pré-grossesse plus élevé (23,7 ± 3,3 vs 22,1 ± 2,8 kg/m², p = 0,001) et un intervalle intergrossesse (IIG) plus court (26,5 ± 18,2 vs 52,1 ± 24,3 mois, p < 0,001). Les marqueurs biochimiques étaient également significativement supérieurs : glycémie à 2h (9,3 ± 1,9 vs 8,0 ± 1,8 mmol/L, p < 0,001), HbA1c au 3e trimestre (5,9 ± 0,5 % vs 5,5 ± 0,5 %, p = 0,002), et cholestérol total (7,1 ± 1,5 vs 6,4 ± 1,2 mmol/L, p = 0,009).

Issues périnatales
Le taux d’admission en unité de soins intensifs néonatals (USIN) était plus élevé dans le groupe récurrent-récurrent (26,2 % vs 8,1 %, p = 0,039). Aucune différence significative n’a été observée pour les autres complications (hypertension gestationnelle, cholestase intrahépatique, macrosomie).

Facteurs pronostiques
L’analyse par forêt aléatoire a identifié cinq prédicteurs clés : IMC pré-grossesse, HbA1c au 3e trimestre, nombre d’anomalies à l’HGPO, cholestérol total au 3e trimestre et IIG. Ces facteurs influençaient spécifiquement le risque d’hypertension gestationnelle (OR = 3,1), de dysfonction thyroïdienne (OR = 2,8) et d’accouchement prématuré (OR = 2,5).

Discussion
La fréquence de récidive-récidive du DG (65 %) s’inscrit dans la fourchette rapportée dans la littérature (30–84 %). L’intervalle intergrossesse court et l’hyperglycémie résiduelle post-partum pourraient expliquer ce phénomène via un épuisement accru des cellules β. L’association entre hypothyroïdie et DG reste controversée, bien que des mécanismes inflammatoires soient suspectés.

Conclusion
Cette étude souligne l’importance d’une optimisation du contrôle glycémique et lipidique antéconceptionnel chez les femmes à antécédents de DG. Un intervalle intergrossesse adapté pourrait réduire le risque de récidive, bien que des études prospectives soient nécessaires pour valider ces résultats.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002802

Laisser un commentaire 0

Your email address will not be published. Required fields are marked *