Insuffisance tricuspide après implantation de stimulateur cardiaque pour bradycardie : étude comparative de stratégies de stimulation sur deux ans

Insuffisance tricuspide après implantation de stimulateur cardiaque pour bradycardie : étude comparative de stratégies de stimulation sur deux ans

L’insuffisance tricuspide (IT) est une complication reconnue après l’implantation de dispositifs cardiaques électriques (DCI), avec une prévalence de 10 % à 30 %. Les effets délétères de la stimulation ventriculaire droite (SVD) ont favorisé l’adoption de stratégies physiologiques comme la stimulation du faisceau de His (SFH) et la stimulation de la région de la branche gauche du faisceau de His (SBGG). Cette étude observationnelle a évalué l’incidence d’IT significative (modérée à sévère) liée aux sondes chez des patients sous SFH, SBGG, stimulation ventriculaire apicale droite (SVAD) ou stimulation ventriculaire septale droite (SVSD) sur deux ans.

Méthodes
Des patients consécutifs avec une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) >40 % ayant reçu un stimulateur pour bradycardie à l’hôpital Fuwai (octobre 2018–décembre 2020) ont été inclus. Les modalités de stimulation étaient choisies par les médecins. L’échocardiographie transthoracique a évalué l’IT selon les recommandations de l’American Society of Echocardiography (2017). La distance entre la sonde et la valve tricuspide (distance E-T) a été mesurée en vue 4 cavités. Les critères d’évaluation incluaient la progression de l’IT et l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque.

Résultats
Parmi 608 patients (SFH : 44 ; SBGG : 269 ; SVSD : 203 ; SVAD : 92), la progression d’IT significative différait entre groupes (SBGG 14,5 % vs SFH 2,3 % vs SVSD 5,9 % vs SVAD 13,0 % ; p = 0,004). Le SBGG présentait le risque le plus élevé, le SFH le plus faible. Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque étaient plus fréquentes en SVAD (9,8 % ; p = 0,003). En analyse multivariée, le SBGG augmentait le risque d’IT de 2,59 fois vs SVD (p < 0,001). Une stimulation ventriculaire >40 % et une fibrillation atriale (FA) étaient des facteurs de risque indépendants. Une distance E-T <20 mm (seuil ROC) doublait le risque d’IT sous SBGG (p = 0,006).

Limites
L’étude non randomisée et les effectifs déséquilibrés (SFH/SVAD sous-représentés) limitent la généralisation. L’absence d’évaluation systématique de la fonction ventriculaire droite constitue un biais.

Conclusion
Le SBGG est associé à un risque accru d’IT significative vs autres stratégies, influencé par la distance E-T et la FA. Un positionnement distal de la sonde (distance E-T ≥20 mm) réduit ce risque sans altérer l’efficacité de stimulation. Ces résultats soulignent l’importance de l’optimisation technique et du suivi échocardiographique lors du SBGG.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002825

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