Frais de services médicaux – Une étape clé vers l’avancée
La réforme globale de la séparation des services médicaux, initiée par le gouvernement municipal de Pékin le 8 avril 2017, a marqué un jalon important dans le système de santé chinois. Appliquée dans plus de 3600 hôpitaux publics et privés de la capitale, cette réforme visait à résoudre plusieurs problématiques critiques du secteur médical. Elle incluait la suppression des marges sur les médicaments, l’introduction de frais de services médicaux (FSM) et l’ajustement des tarifs de 435 actes médicaux de base. Ses objectifs principaux étaient d’améliorer la qualité des soins, d’optimiser l’utilisation des ressources limitées et de restructurer les revenus hospitaliers sous contrainte budgétaire globale.
L’introduction des FSM a constitué un élément central pour rééquilibrer l’écosystème sanitaire. Ces frais visaient à revaloriser financièrement les actes reflétant l’expertise clinique des professionnels, tout en réduisant la part liée aux équipements et aux médicaments. Cette approche devait permettre aux établissements de maintenir leur stabilité financière tout en recentrant leur mission sur la qualité des soins.
Trois impacts majeurs ont émergé. Premièrement, les FSM ont réorganisé les flux de patients entre niveaux de soins. Malgré des investissements antérieurs dans les centres de santé communautaires (CSC), la distribution « en pyramide inversée » persistait, avec une surcharge des hôpitaux tertiaires. La réforme a instauré une différenciation tarifaire : le coût des consultations avec médecins généralistes dans les hôpitaux tertiaires a augmenté, tandis qu’il diminuait ou disparaissait dans les structures primaires. Parallèlement, les tarifs des médecins-chefs et experts sont restés stables quel que soit l’établissement. Cette mesure a induit une baisse de 11,9 % de la fréquentation des hôpitaux tertiaires et une hausse de 16,1 % à 30 % dans les structures primaires un an après sa mise en œuvre, notamment grâce à des prescriptions de médicaments chroniques allant jusqu’à deux mois dans les CSC.
Deuxièmement, les FSM ont transformé la structure des revenus hospitaliers. Les craintes initiales concernant la compensation des pertes liées à la suppression des marges pharmaceutiques se sont dissipées : même les établissements fortement dépendants des revenus médicamenteux ont vu leurs marges s’améliorer. Cette transition a favorisé un modèle économique centré sur la valeur médicale plutôt que sur la vente de produits.
Troisièmement, la demande de consultations spécialisées a été significativement modérée. Les visites auprès des médecins-chefs adjoints et titulaires ont chuté respectivement de 9,7 % et 22,5 %. Bien que les administrateurs hospitaliers aient tenté de contrer cette tendance, cette réduction a été perçue positivement par les autorités comme un mécanisme de rationalisation des ressources, permettant aux experts de se concentrer sur les cas complexes.
En conclusion, cette réforme a résolu des dysfonctionnements structurels persistants : répartition déséquilibrée des patients, dépendance aux revenus pharmaceutiques et sursollicitation des spécialistes. En revalorisant le rôle clinique des professionnels et en hiérarchisant l’accès aux soins, elle a amélioré à la fois la qualité des prises en charge complexes et l’accessibilité des soins chroniques. Ce succès pékinois offre un modèle précieux pour les futures réformes sanitaires en Chine.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000363