Facteurs génétiques et mode de vie sain en relation avec l’incidence et le pronostic des maladies hépatiques sévères dans la population chinoise

Facteurs génétiques et mode de vie sain en relation avec l’incidence et le pronostic des maladies hépatiques sévères dans la population chinoise

Les maladies hépatiques sévères (MHS), comprenant la cirrhose et le cancer du foie, constituent un fardeau majeur de santé publique en Chine. À l’échelle mondiale, ces pathologies figurent parmi les principales causes de mortalité, avec une contribution substantielle de la Chine. Malgré les progrès médicaux, la prévalence des MHS reste élevée, influencée par des facteurs tels que l’infection par le virus de l’hépatite B (VHB), la consommation d’alcool et les risques liés au mode de vie. Cette étude explore l’interaction entre la prédisposition génétique et les facteurs de mode de vie sain dans l’incidence et le pronostic des MHS en Chine.

Les données proviennent de la China Kadoorie Biobank (CKB), une étude de cohorte prospective incluant 504 009 participants âgés de 30 à 79 ans, recrutés dans 10 régions chinoises. Aucun participant ne présentait de cancer ou de pathologie hépatique au départ, avec un suivi moyen de 10 ans. Des modèles de régression de Cox ont estimé les rapports de risque (HR) d’incidence et de mortalité liées aux MHS, ajustés pour l’âge, le sexe, la région, l’éducation et l’auto-évaluation de la santé. Le risque génétique a été évalué via des variants des gènes HLA-DP/DQ associés au VHB, tandis que les facteurs de mode de vie sain incluaient le tabagisme, la consommation d’alcool, l’activité physique et l’adiposité centrale.

Les résultats montrent qu’un mode de vie sain réduit significativement le risque de MHS. Les participants avec 2, 3 et 4 facteurs sains présentaient respectivement 12 %, 26 % et 44 % de risque en moins par rapport à ceux avec 0–1 facteur. Ces associations inverses étaient cohérentes quel que soit le risque génétique, bien que plus marquées chez les individus à faible risque génétique. Par exemple, un risque réduit de 40 % était observé chez les personnes à faible risque génétique avec 4 facteurs sains, contre 33 % chez celles à haut risque. L’interaction entre risque génétique et mode de vie n’était pas significative, suggérant que les modifications du mode de vie sont bénéfiques indépendamment de la prédisposition génétique.

L’étude a également examiné l’impact des facteurs de mode de vie sur les biomarqueurs hépatiques. L’indice de stéatose hépatique (FLI) et le score BARD (basé sur l’IMC, le rapport AST/ALT et le diabète) étaient inversement corrélés aux facteurs sains. Les participants avec 4 facteurs sains présentaient des scores FLI et BARD significativement plus bas. La réduction des scores BARD était plus prononcée chez les individus à faible risque génétique, soulignant le potentiel des interventions comportementales pour atténuer la fibrose hépatique dans ce sous-groupe.

Concernant le pronostic des MHS, un mode de vie sain était associé à une mortalité réduite après diagnostic. Chez les patients à faible risque génétique, 4 facteurs sains réduisaient le risque de décès de 41 %, bien que cette association ne soit pas significative chez ceux à haut risque, probablement en raison d’une puissance statistique limitée. L’arrêt du tabac, une consommation modérée d’alcool, l’activité physique et un tour de taille sain amélioraient indépendamment la survie.

Cette étude souligne l’importance des modifications du mode de vie pour réduire l’incidence et améliorer le pronostic des MHS, en particulier chez les individus à faible risque génétique. Les comportements sains, comme l’absence de tabagisme ou une consommation d’alcool modérée, réduisaient le risque de MHS de 20 % à 23 %. L’activité physique et la gestion du poids contribuaient également à des réductions modestes.

Ces résultats ont des implications cruciales pour les stratégies de santé publique en Chine, où la prévalence du VHB et des facteurs de risque liés au mode de vie reste élevée. La promotion de modes de vie sains, couplée à l’utilisation de biomarqueurs comme le FLI et le BARD pour le dépistage précoce, pourrait atténuer le fardeau des MHS. Des recherches futures devraient explorer l’impact des interventions comportementales sur le pronostic des patients à haut risque génétique et identifier d’autres facteurs génétiques et environnementaux modulant l’évolution des MHS. L’intégration de l’évaluation génétique et des modifications du mode de vie offre une approche prometteuse pour réduire l’incidence et la mortalité liées aux MHS en Chine.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002754

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