Facteurs de risque de récidive de l’hépatite B après transplantation hépatique

Facteurs de risque de récidive de l’hépatite B après transplantation hépatique : revue systématique et méta-analyse

L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) demeure un défi mondial majeur de santé publique, contribuant à une morbidité et une mortalité hépatiques significatives. L’infection chronique par le VHB, caractérisée par la persistance de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (AgHBs), touche environ 257 millions de personnes dans le monde. Cette infection chronique peut évoluer vers des complications graves telles que la cirrhose, l’insuffisance hépatique et le carcinome hépatocellulaire (CHC). Pour les patients atteints de maladie hépatique terminale liée au VHB, la transplantation hépatique (TH) constitue le seul traitement curatif. Cependant, malgré les progrès thérapeutiques, la récidive du VHB après la TH reste un problème critique, entraînant une dysfonction du greffon, une cirrhose et une perte du greffon, réduisant ainsi la survie globale.

Historiquement, la récidive du VHB après TH était quasi systématique avant l’introduction des immunoglobulines anti-hépatite B (HBIG) et des analogues nucléos(t)idiques (AN). L’avènement des HBIG au début des années 1990 a marqué une avancée majeure dans la prévention de la récidive post-TH. L’association des AN avec ou sans HBIG a permis de réduire davantage ce risque. Néanmoins, environ 10 % des patients transplantés présentent une récidive du VHB, soulignant la nécessité d’identifier les facteurs de risque associés.

Cette revue systématique et méta-analyse visait à synthétiser les données disponibles sur les facteurs de risque de récidive du VHB après TH. L’étude a été menée conformément aux directives PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses). Une recherche exhaustive a été réalisée dans PubMed, EmBase, Web of Science et la Cochrane Library jusqu’au 25 mars 2020. Les termes de recherche incluaient « hepatitis B virus », « recurrence », « liver transplantation », « risk factor » et leurs équivalents. Les études éligibles rapportaient des facteurs de risque sous forme de rapports de risque (HR), rapports de cotes (OR) ou risques relatifs (RR) avec leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Vingt-six études incluant 11 925 patients (692 avec récidive, 11 233 sans) ont été retenues. Les facteurs de risque significatifs identifiés étaient :

  1. CHC pré-TH : HR regroupé de 3,56 (IC 95 % : 2,27–5,60 ; p < 0,001).
  2. Récidive de CHC post-TH : HR de 7,89 (IC 95 % : 5,00–12,43 ; p < 0,001).
  3. ADN du VHB ≥ 10⁵ copies/mL pré-TH : HR de 3,11 (IC 95 % : 1,91–5,06 ; p < 0,001).
  4. Positivité de l’AgHBe pré-TH : HR de 2,61 (IC 95 % : 1,28–5,29).
  5. Monoprophylaxie par HBIG : HR de 6,86 (IC 95 % : 2,45–19,22).

Une hétérogénéité significative a été observée, attribuée aux différences méthodologiques (ex. : inclusion d’études cas-témoins) et aux variations des protocoles prophylactiques. L’analyse de sensibilité a confirmé la robustesse des résultats après exclusion d’études influentes.

Ces résultats corroborent les recommandations de l’AASLD (2018), qui privilégient une prophylaxie combinée AN ± HBIG plutôt qu’une monothérapie par HBIG. L’obtention d’une charge virale indétectable avant la TH et le suivi régulier post-TH sont essentiels pour minimiser le risque de récidive. Cependant, la variabilité de la durée du traitement antiviral pré-TH, liée à l’incertitude du délai de greffe, reste un défi clinique.

En conclusion, cette méta-analyse identifie des facteurs clés modifiables (charge virale élevée, monoprophylaxie par HBIG) et non modifiables (CHC, AgHBe+) associés à la récidive du VHB post-TH. Ces données soutiennent l’optimisation des stratégies prophylactiques et la personnalisation du suivi des patients à risque. Des études prospectives standardisées sont nécessaires pour affiner ces conclusions.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001580

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