Facteurs contribuant à une bonne compétence ovocytaire et taux d’utilité des ovocytes pour la fécondation in vitro ou l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes chez les répondeuses élevées

Facteurs contribuant à une bonne compétence ovocytaire et taux d’utilité des ovocytes pour la fécondation in vitro ou l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes chez les répondeuses élevées

Le taux d’utilité ovocytaire (OUR) est un indicateur clé en procréation médicalement assistée (PMA), reflétant la capacité des ovocytes à se développer en embryons transférables ou cryoconservés. Bien que l’âge maternel influence la qualité ovocytaire, d’autres facteurs intra- et extra-ovariens affectent l’interaction ovocytes-cellules de la granulosa, la maturation ovocytaire et le développement embryonnaire. Cette étude visait à identifier les facteurs expliquant les disparités d’OUR chez les répondeuses élevées suivant une FIV ou ICSI.

Méthodes
Les cycles FIV/ICSI réalisés dans un centre unique entre 2013 et 2019 ont été analysés. Seuls les cycles avec ≥15 ovocytes recueillis étaient inclus, sans transfert embryonnaire frais pour limiter le risque d’hyperstimulation ovarienne (OHSS). L’OUR était défini comme le nombre d’embryons utilisables (blastomères et blastocystes) divisé par le nombre d’ovocytes recueillis. Les cycles ont été classés selon leur OUR : les 10 % supérieurs (Groupe A, OUR élevé) et les 10 % inférieurs (Groupe B, OUR faible).

Les protocoles de stimulation incluaient le protocole long agoniste GnRH, l’antagoniste GnRH, et la double suppression. La dose initiale de FSH recombinante (rFSH) était ajustée selon l’âge, l’IMC, et la réserve ovarienne. La maturation ovocytaire était déclenchée par hCG, suivie d’une ponction 36 heures plus tard. Le développement embryonnaire était évalué aux jours 3, 5 et 6. Deux embryons de grade optimal étaient vitrifiés au jour 3, les autres étant cultivés jusqu’au stade blastocyste.

Résultats
Sur 453 patientes, 43 étaient dans le Groupe A et 47 dans le Groupe B. Aucune différence significative n’a été observée pour l’âge, l’IMC, la durée d’infertilité ou les taux hormonaux de base. Cependant, le Groupe B présentait davantage de troubles ovulatoires ou d’endométriose, avec un recours plus fréquent à l’ICSI (34 % vs 14 %). Une diminution des taux d’estradiol (E2) pendant la stimulation était plus marquée dans le Groupe B, où 44,7 % des cycles ont nécessité l’arrêt prématuré de la rFSH.

Au jour 3, 15,8 % des embryons du Groupe A étaient de bonne qualité contre 3,7 % dans le Groupe B. Le Groupe A affichait également plus de blastomères à 8 cellules et un taux de formation de blastocystes supérieur (78,1 % vs 7,9 %). En moyenne, 14 embryons étaient cryoconservés par cycle dans le Groupe A contre 2 dans le Groupe B. Les taux cumulatifs de grossesse clinique (95,3 % vs 31,9 %) et de naissance vivante (90,7 % vs 40,4 %) étaient significativement plus élevés dans le Groupe A.

Analyse multivariée
Les facteurs associés à un OUR faible incluaient des tentatives antérieures de FIV/ICSI (OR : 0,10 ; IC95 % : 0,01–0,81), l’endométriose (OR : 0,16 ; IC95 % : 0,03–0,84), et une baisse de l’E2 pendant la stimulation (OR : 0,16 ; IC95 % : 0,04–0,64). À l’inverse, une durée prolongée de stimulation (OR : 3,24 ; IC95 % : 1,25–8,42), le protocole antagoniste GnRH (OR : 1,39 ; IC95 % : 1,09–10,04) et la double suppression (OR : 3,74 ; IC95 % : 1,06–26,86) amélioraient l’OUR.

Discussion
L’endométriose, les cycles FIV antérieurs et la chute de l’E2 altèrent la compétence ovocytaire, probablement via des perturbations de la microenvironnement folliculaire. Les protocoles de double suppression (notamment avec des contraceptifs oraux pré-thérapie agoniste) optimisent l’équilibre LH/FSH et réduisent les androgènes chez les patientes SOPK, améliorant l’OUR sans augmenter le risque d’OHSS.

Conclusion
Chez les répondeuses élevées, l’adaptation des protocoles de stimulation (double suppression, antagoniste GnRH) et la vigilance en cas d’antécédents d’échecs de FIV, d’endométriose ou de fluctuations de l’E2 sont cruciales pour maximiser les chances de succès en PMA.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001356

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