Événements indésirables liés à l’utilisation de cosmétiques : une étude dans le Sud de la Chine

Événements indésirables liés à l’utilisation de cosmétiques : une étude dans le Sud de la Chine

Les cosmétiques, notamment les produits de soins cutanés en vente libre, sont largement utilisés à travers le monde, y compris en Chine. Cependant, leur utilisation croissante s’accompagne d’une augmentation des événements indésirables associés, tels qu’érythème, papules, prurit, sécheresse, desquamation et dyschromie. Bien que la consommation de cosmétiques progresse en Chine, les caractéristiques de ces événements indésirables restent mal documentées. Cette étude visait à analyser les manifestations cliniques, les produits impliqués, les taux de tests épicutanés et le niveau d’éducation des patients dans le Sud de la Chine.

L’étude a inclus 341 sujets diagnostiqués avec une dermatite de contact induite par des cosmétiques au troisième hôpital affilié de l’Université Sun Yat-sen à Guangzhou entre 2015 et 2017. Les données démographiques, l’utilisation de cosmétiques et les événements indésirables ont été recueillis via des formulaires standardisés. Le protocole a été approuvé par le comité d’éthique de l’hôpital, avec consentement éclairé écrit obtenu pour tous les participants.

Les critères diagnostiques suivaient les directives de la Commission nationale de la santé de Chine, incluant : antécédent d’exposition cosmétique avant l’apparition des symptômes, localisation cutanée correspondante, relation dose-effet et confirmation par tests de laboratoire. Les facteurs non cosmétiques ont été exclus.

Les tests épicutanés (T.R.U.E. TEST®) ont été réalisés après arrêt des antihistaminiques (3 jours) et/ou immunosuppresseurs (2 semaines). Les cosmétiques suspects étaient appliqués sur le haut du dos pendant 48 heures, avec lectures à 1h, 24h, 48h et 72h après retrait. Les réponses ont été classées comme négatives, douteuses, faiblement positives, fortement positives, extrêmes ou irritantes.

Parmi les 341 patients (97,4 % de femmes), 75,7 % avaient entre 21 et 40 ans. Un niveau universitaire était observé chez 70,4 % (dont 41,9 % de diplômés postuniversitaires). Des antécédents allergiques étaient rapportés chez 38,7 % des patients (n=132), dont 61 sensibilisations aux cosmétiques.

Sur 646 cosmétiques signalés, 57,6 % étaient d’origine chinoise. L’association de différents cosmétiques (31,4 % des cas) aggravait les réactions : 34,6 % pour des mélanges intra-marques vs 65,4 % inter-marques. Les tests épicutanés (n=71) ont montré 41 positifs (57,7 %), 13 douteux et 17 négatifs.

Comparativement aux données de 2007-2008, une diminution globale des événements indésirables a été observée en 2017. La prédominance de patients hautement éduqués reflète une sensibilisation accrue à l’esthétique cutanée dans cette population. La dermatite de contact (93,3 % des cas) confirme les tendances nationales antérieures. L’historique d’utilisation – nombre de produits quotidiens, fréquence d’application et pratiques de mélange – s’est révélé prédictif clé.

Bien que le taux d’utilisation des cosmétiques locaux explique partiellement leur surreprésentation dans les événements indésirables (57,6 %), ces résultats soulignent la nécessité d’améliorer la réglementation des produits domestiques. Les cliniciens doivent intégrer systématiquement l’évaluation des habitudes cosmétiques dans leur démarche diagnostique.

Cette étude éclaire les spécificités des réactions aux cosmétiques en contexte chinois, mettant en lumière le rôle des facteurs socio-éducatifs, des pratiques d’utilisation et des enjeux réglementaires. Elle appelle à renforcer l’éducation des consommateurs et le contrôle qualité des produits locaux.

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