Évaluation par IRM des effets de la réduction fermée dans la DDH infantile

Évaluation par imagerie par résonance magnétique des effets de la réduction fermée chez les nourrissons atteints de dysplasie développementale de la hanche

La dysplasie développementale de la hanche (DDH) est une affection orthopédique fréquente chez les nourrissons, caractérisée par un développement anormal de l’articulation coxo-fémorale pouvant entraîner une luxation ou une subluxation de la tête fémorale. Un diagnostic et un traitement précoces sont essentiels pour prévenir des complications à long terme telles que la nécrose avasculaire et les limitations fonctionnelles. Parmi les options thérapeutiques, la réduction manuelle fermée s’impose comme la méthode la plus courante et efficace chez les nourrissons de moins de 18 mois, minimisant les restrictions postopératoires de mobilité articulaire et le risque de nécrose iatrogène. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) constitue un outil précieux pour évaluer les effets thérapeutiques de cette intervention en visualisant les modifications structurelles de l’articulation.

Cette étude rétrospective descriptive a analysé 23 patients (4 garçons, 19 filles) traités par réduction fermée au troisième hôpital affilié de l’Université médicale du Sud entre janvier 2016 et décembre 2017. Tous ont bénéficié d’un examen IRM 1,5 T (Ingenia, Philips) en abduction à 60° des fémurs, réalisé dans la semaine précédant et suivant l’intervention. Les paramètres IRM étudiés incluaient l’angle labral (AL) et la zone de force compressive (ZFC). L’AL, défini par l’angle entre le labrum et l’acétabulum, était mesuré sur des séquences protoniques avec suppression de graisse. La ZFC, déterminée par une ligne inclinée à 16° par rapport à l’horizontale traversant le centre de la tête fémorale, divisait l’acétabulum en quatre zones.

Les résultats postopératoires ont classé les patients en trois catégories : réduction concentrique (8 cas), réduction partielle (8 cas) et subluxation légère (7 cas). Dans les réductions concentriques, l’AL moyen était de -15° avec localisation exclusive de la ZFC en zone 3, associée à la présence du ligament transverse. Les réductions partielles présentaient un AL moyen de -4,5° et une distribution de la ZFC dans les zones 2-4, accompagnées de tissu fibreux intra-articulaire. Les subluxations légères montraient un AL positif (1°) et une ZFC en zones 3-4, avec interposition ligamentaire et fibreuse.

L’analyse démontre que l’IRM permet d’objectiver le succès de la réduction fermée, corrélant un AL bas et une position de la tête fémorale en zone 3 de la ZFC à un pronostic favorable. La localisation en zone 4 s’avère préférable à une persistance en zone 1. L’identification des structures interposées (ligaments, fibrose) par IRM guide la prise en charge des cas complexes.

En conclusion, cette étude valide l’utilisation des paramètres IRM pour l’évaluation post-thérapeutique de la DDH. La réduction fermée offre des résultats satisfaisants chez la majorité des nourrissons, avec une restauration anatomique optimale lorsque le labrum retrouve une position négative et que l’épiphyse fémorale s’intègre correctement dans la ZFC. L’IRM émerge ainsi comme un outil décisionnel clé pour adapter la stratégie thérapeutique.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001269

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