Étude rétrospective multicentrique sur la transplantation HSCT dans le PTCL en Chine

Étude rétrospective multicentrique sur les résultats en vie réelle de la transplantation autologue versus allogénique de cellules souches hématopoïétiques dans le lymphome T périphérique en Chine

Le lymphome T périphérique (PTCL) regroupe un ensemble de tumeurs malignes hétérogènes sur le plan biologique et clinique. Bien qu’il représente moins de 15 % des lymphomes non hodgkiniens (LNH) dans les pays occidentaux, sa prévalence est significativement plus élevée en Asie de l’Est, où il constitue environ 25 % à 30 % des cas de LNH. Cette variation géographique s’explique en partie par l’incidence plus élevée du lymphome NK/T (NK/TCL) dans cette région. Malgré les progrès dans la compréhension des mécanismes génétiques et épigénétiques du PTCL et le développement de nouvelles thérapies, le pronostic de la plupart des sous-types de PTCL reste sombre, à l’exception du lymphome anaplasique à grandes cellules ALK-positif (ALCL). Le traitement de première intention standard reste le protocole CHOP (cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine, prednisolone) ou des régimes similaires. Cependant, il n’existe pas de consensus sur la thérapie de consolidation optimale après le traitement initial.

La transplantation de cellules souches hématopoïétiques (HSCT) est apparue comme une option potentiellement curative pour le PTCL. La transplantation autologue (auto-HSCT) est utilisée en première rémission ou en cas de maladie réfractaire ou en rechute, tandis que la transplantation allogénique (allo-HSCT) est principalement envisagée pour les patients en rechute ou réfractaires. Bien que des données croissantes soutiennent l’utilisation des HSCT dans le PTCL, des questions persistent concernant l’efficacité relative de l’auto-HSCT versus l’allo-HSCT, l’identification des candidats optimaux pour chaque approche et le moment idéal de la transplantation.

Cette étude vise à fournir des données en vie réelle sur les résultats cliniques des patients atteints de PTCL ayant subi une auto-HSCT ou une allo-HSCT en Chine. Les données de 128 patients traités dans huit centres médicaux chinois entre juillet 2007 et juin 2017 ont été analysées rétrospectivement. Les résultats offrent des informations précieuses sur l’efficacité de ces stratégies de transplantation et éclairent les décisions cliniques pour les patients atteints de PTCL.

Conception de l’étude et caractéristiques des patients

L’étude a inclus 128 patients atteints de PTCL, dont 72 ont subi une auto-HSCT et 56 une allo-HSCT. Les diagnostics ont été confirmés selon la classification OMS 2016 des tumeurs lymphoïdes. Le traitement initial consistait en six à huit cycles de CHOP ou de régimes similaires. Les patients n’ayant pas atteint une rémission complète (RC) ou partielle (RP) après la thérapie initiale ont reçu des traitements de deuxième ligne (DHAP, ICE, GDP, GemOx).

L’auto-HSCT était généralement réalisée chez les patients en RC/RP après chimiothérapie, tandis que l’allo-HSCT était privilégiée en cas de maladie réfractaire ou en rechute. Le choix entre les deux approches dépendait de l’âge, de l’état général, de la disponibilité d’un donneur, et de facteurs pronostiques défavorables (stade avancé, atteinte médullaire, réponse à la chimiothérapie).

Caractéristiques initiales et de transplantation

Les sous-types histologiques les plus fréquents étaient le NK/TCL (37 patients), l’ALCL ALK-positif (24 patients), le PTCL-NOS (23 patients) et le lymphome T angio-immunoblastique (AITL, 19 patients). Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes concernant le sexe, l’âge médian, les sous-types histologiques, les symptômes B, l’atteinte du SNC, ou le nombre de lignes thérapeutiques antérieures.

Cependant, les patients du groupe allo-HSCT présentaient plus souvent un stade avancé (III ou IV) et une atteinte médullaire au diagnostic. Leur maladie était également plus fréquemment résistante ou progressive au moment de la transplantation.

Procédures et résultats de la transplantation

Les régimes de conditionnement pour l’auto-HSCT incluaient BEAM, CBV et TBI/Cy (89 % des cas). Toutes les allo-HSCT utilisaient des conditionnements myéloablatifs (TBI/Cy, Bu/Cy). La source des cellules souches était le sang périphérique pour tous les patients.

Le suivi médian des survivants était de 30 mois (2–143 mois). Après exclusion de 11 patients perdus de vue, les résultats de 117 patients ont été analysés. La reconstitution neutrophile et plaquettaire était plus rapide après auto-HSCT. Dans le groupe allo-HSCT, l’incidence cumulée de la maladie du greffon contre l’hôte aiguë (aGVHD) de grades I à IV à 100 jours était de 35 %, et celle de la GVHD chronique (cGVHD) à deux ans était de 40 %.

Les taux de survie globale (SG) et de survie sans progression (SSP) à trois ans étaient significativement plus élevés dans le groupe auto-HSCT (70 % et 59 %, respectivement) versus allo-HSCT (46 % et 44 %). La mortalité non liée à la rechute (NRM) à trois ans était également plus basse après auto-HSCT (6 % vs 27 %). Aucune différence significative n’a été observée dans les taux de rechute (34 % vs 29 %).

Analyses de sous-groupes

Les patients avec des scores pronostiques bas (PIT 0 ou 1) ayant reçu une auto-HSCT en première ligne avaient une meilleure survie que ceux avec des scores PIT élevés. Pour ces derniers, aucune différence de survie n’a été observée entre auto-HSCT et allo-HSCT.

Les patients en RC au moment de l’auto-HSCT avaient la meilleure SG à trois ans (88 % vs 48 % pour l’allo-HSCT). En revanche, pour les patients non en RC, aucune différence significative n’a été notée entre les groupes.

Discussion

Cette étude souligne l’efficacité de l’auto-HSCT chez les patients en bon état général, en particulier ceux avec un contrôle optimal de la maladie. L’allo-HSCT reste une option pour les profils défavorables, malgré une NRM plus élevée. Ces résultats concordent avec les données précédentes mais mettent en évidence les défis liés à la GVHD et à la mortalité post-allo-HSCT.

Les limites incluent le design rétrospectif, la taille modeste de l’échantillon et l’exclusion des patients non transplantés. Néanmoins, ces données guident la sélection personnalisée des patients et soulignent la nécessité d’études prospectives pour optimiser le timing des HSCT.

Conclusion

Cette étude rétrospective multicentrique démontre que l’auto-HSCT offre de meilleurs résultats de survie pour les patients atteints de PTCL en bon état général, tandis que l’allo-HSCT peut être appropriée pour les profils défavorables. Une sélection rigoureuse des patients et une planification individualisée sont cruciales. Des études prospectives sont nécessaires pour valider ces résultats.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001575

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