Efficacité du contenu minéral osseux ajusté au poids dans le diagnostic de l’ostéoporose dans une population féminine chinoise
L’ostéoporose constitue un problème de santé majeur à l’échelle mondiale, particulièrement chez les femmes âgées. En 1994, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé l’utilisation de la densité minérale osseuse surfacique (DMO) pour le diagnostic de l’ostéoporose. Cependant, la DMO, calculée comme le contenu minéral osseux (CMO) divisé par la surface osseuse projetée, présente des limites. Elle peut entraîner des diagnostics manqués chez les patients avec des os volumineux et des erreurs de diagnostic chez ceux avec des os plus petits. Cette étude explore un nouvel indice ajusté du CMO, standardisé par le poids corporel (CMOap), pour améliorer la précision du diagnostic.
Méthodes
Une enquête épidémiologique multicentrique a inclus 5 510 sujets pour des mesures lombaires (L1–4) et 4 710 sujets pour des mesures fémorales proximales via absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA). La corrélation entre la masse osseuse et le poids corporel a été analysée dans quatre groupes d’âge : <19 ans, 20–39 ans, 40–49 ans et ≥50 ans. Le CMOap a été calculé comme le CMO divisé par le poids corporel (g/kg) et utilisé pour l’analyse épidémiologique de l’ostéoporose.
Résultats
Une forte corrélation entre le poids corporel et le CMO a été observée, avec des coefficients de 0,839 à 0,931 pour les vertèbres lombaires et de 0,71 à 0,95 pour le col fémoral. Lorsque la DMO était utilisée, les prévalences d’ostéoporose étaient de 7,55 %, 16,39 % et 25,83 % chez les patientes avec un poids élevé, intermédiaire et faible, respectivement. Avec le CMOap, ces taux s’établissaient à 21,8 %, 18,03 % et 11,64 %. Une augmentation de 5 kg du poids corporel était associée à une hausse de 3,76 % de la prévalence d’ostéoporose, tandis qu’une diminution de 5 kg réduisait la prévalence de 1,94 %.
Discussion
La DMO ne tient pas compte de l’épaisseur osseuse, conduisant à des biais diagnostiques. En revanche, le CMOap intègre le poids corporel, un déterminant clé de la masse osseuse via les charges mécaniques. Cette approche réduit les sous-diagnostics chez les patientes plus lourdes et les surdiagnostics chez celles plus légères. Les résultats montrent une corrélation positive entre le CMOap et le poids, contrairement à la relation inverse observée avec la DMO.
Conclusion
Le CMOap améliore la précision du diagnostic d’ostéoporose en standardisant le CMO selon le poids corporel. Cette méthode est applicable à tous les groupes d’âge, y compris les enfants, et comble les lacunes de la DMO. Elle représente un outil versatile pour l’évaluation de la santé osseuse dans des populations diversifiées.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000143