Diagnostic et traitement du syndrome de compression de l’artère mésentérique supérieure compliqué d’un reflux gastro-œsophagien

Diagnostic et traitement du syndrome de compression de l’artère mésentérique supérieure compliqué d’un reflux gastro-œsophagien

Le syndrome de compression de l’artère mésentérique supérieure (SCAMS) est une pathologie rare résultant du rétrécissement de l’angle entre l’aorte abdominale et l’artère mésentérique supérieure, comprimant ainsi la troisième portion du duodénum. Cette compression engendre des symptômes variés : douleurs épigastriques postprandiales, distension abdominale, nausées, vomissements, anorexie et perte de poids. Bien que des approches conservatrices (support nutritionnel) puissent être efficaces, environ 75 % des patients nécessitent une intervention chirurgicale.

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est un trouble chronique caractérisé par la remontée du contenu gastroduodénal dans l’œsophage, entraînant des complications telles que l’œsophagite peptique ou l’endobrachyœsophage. Un lien entre SCAMS et RGO a été identifié, le SCAMS favorisant la relaxation du cardia et donc le RGO.

Une étude rétrospective a analysé les caractéristiques cliniques et les résultats chirurgicaux de 30 patients (8 hommes, 22 femmes) traités entre janvier 2013 et juin 2018 à l’Hôpital Affilié de l’Université de Zhengzhou. L’âge moyen était de 41,3 ans, avec un IMC moyen de 18,7 kg/m². Les symptômes prédominants incluaient l’anorexie (18 cas), les brûlures rétrosternales (17 cas) et les régurgitations acides (14 cas). La durée médiane de la maladie était de 4,0 ans.

Diagnostic

  • Le monitoring pH-impédancemétrique sur 24 heures a révélé un score DeMeester moyen de 15,4, avec 13 patients sans reflux acide pathologique et 14 présentant un reflux faiblement acide.
  • La manométrie œsophagienne haute résolution a montré une pression minimale de repos du sphincter inférieur de l’œsophage (SIO) à -1,3 mmHg et une pression moyenne de 4,7 mmHg.
  • La gastroscopie a identifié une œsophagite peptique (16 cas) et une gastrite par reflux biliaire (11 cas).
  • Le transit baryté a confirmé une sténose en « coup de crayon » du duodénum, un retard d’évacuation et une dilatation proximale chez tous les patients.
  • La tomodensitométrie abdominale a mesuré un angle aorto-mésentérique de 10° à 22°.

Traitements
Douze patients ont été traités médicalement (prokinétiques, protecteurs gastriques et soutien nutritionnel) avec succès. Les 18 autres ont subi une fundoplicature de Toupet par laparoscopie associée à la libération du ligament de Treitz (LOTR). La durée opératoire moyenne était de 65,0 minutes, avec une perte sanguine de 38,0 mL. Aucune complication per- ou postopératoire majeure n’a été observée, et l’hospitalisation postopératoire a duré 7,0 jours en moyenne.

Résultats postopératoires
À deux ans de suivi :

  • L’IMC moyen est passé à 20,8 kg/m².
  • Le transit baryté a normalisé chez tous les patients.
  • Les scores symptomatiques (anorexie, brûlures, régurgitations, etc.) ont significativement diminué.
  • Le taux d’efficacité global était de 100 % (57 % de guérison complète, 43 % d’amélioration).

Mécanismes physiopathologiques proposés

  1. L’obstruction duodénale induit une hyperpression intraluminale et des péristaltismes inversés, favorisant le reflux.
  2. La relaxation du SIO et l’altération des mécanismes anti-reflux.
  3. L’hypotonie gastrique et le gastroptôsis (fréquent chez les patients maigres) retardent la vidange gastrique.

Stratégies thérapeutiques
Le traitement médical (modifications alimentaires, inhibiteurs de la pompe à protons, prokinétiques) est privilégié en première intention. En cas d’échec, la chirurgie mini-invasive (LOTR associée à une fundoplicature de Toupet) s’avère efficace pour corriger simultanément la compression duodénale et le RGO, avec un profil de sécurité favorable.

En conclusion, la prise en charge individualisée du SCAMS compliqué de RGO, intégrant une approche chirurgicale combinée mini-invasive, améliore significativement la qualité de vie des patients.

doi : 10.1097/CM9.0000000000001430

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