Diagnostic de la Déficience Intellectuelle/Retard Global du Développement par Analyse Génétique dans une Région Centrale de Chine

Diagnostic de la Déficience Intellectuelle/Retard Global du Développement par Analyse Génétique dans une Région Centrale de Chine

La déficience intellectuelle (DI), également appelée retard mental, est un trouble caractérisé par des déficits fonctionnels sur les plans intellectuel et adaptatif dans les domaines conceptuel, social et pratique. Le retard global du développement (RGD) est un terme généralement réservé aux jeunes enfants, généralement de moins de 5 ans, et désigne un retard significatif dans deux ou plusieurs domaines du développement. La DI/RGD constitue une cause majeure de handicap à l’échelle mondiale, et un diagnostic étiologique confirmé est bénéfique pour le traitement, la gestion des symptômes et la surveillance des complications connues. Cette étude explore le rôle de l’analyse génétique dans la confirmation de l’étiologie de la DI/RGD chez des enfants de la Chine centrale, où la cause de la maladie restait incertaine.

L’étude a inclus 1051 enfants atteints de DI/RGD, âgés de 6 mois à 18 ans, recrutés entre mars 2009 et avril 2017. La sévérité de la DI/RGD a été classée comme légère (QI de 55–70), modérée (QI de 40–54), sévère (QI de 25–39) ou profonde (QI inférieur à 25). Les manifestations cliniques ont été évaluées, des analyses génétiques réalisées, et l’incidence des méthodes utilisées pour confirmer l’étiologie de la DI/RGD a été comparée entre les groupes selon la sévérité.

Les principales causes identifiées de DI/RGD incluaient des facteurs périnataux (ex. lésions cérébrales acquises), des déséquilibres génétiques monogéniques et des mutations chromosomiques. Des variations de caryotype et/ou du nombre de copies (CNV) ont été identifiées chez 47,9 % des patients avec DI/RGD sévère, proportion significativement supérieure à celles observées dans les formes légères (35,4 %) et modérées (15,6 %). Au total, 61,8 % des patients avec une étiologie claire ont bénéficié d’une analyse génétique, contre 50,9 % pour ceux avec une étiologie incertaine. La détection des CNV et l’analyse de caryotype ont augmenté la proportion d’enfants avec étiologie confirmée de 51,0 % à 56,3 %, tandis que le séquençage à haut débit de deuxième génération a permis une augmentation à 78,9 %. Dix mutations nouvelles ont été détectées, incluant des mutations récessives dans des gènes liés à l’X (ATPase alpha transporteuse de cuivre, bromodomaine et WD repeat domain containing 3) et des mutations hétérozygotes de novo dominantes dans des gènes liés à l’X (CDKL5, PCDH19, IQSEC2, MECP2).

Les retards de langage (83,5 %), les troubles d’apprentissage (73,8 %) et les retards de motricité fine (72,8 %) constituaient les manifestations cliniques les plus fréquentes dans la DI/RGD légère. Dans les formes sévères, les retards moteurs globaux, les traits dysmorphiques et l’absence de parole prédominaient. L’imagerie cérébrale a révélé des anomalies chez 211 patients : foyers d’encéphalomalacie, dilatation ventriculaire, dysplasie cérébrale, hydrocéphalie, atrophie cérébrale et anomalies de la substance blanche.

Huit enfants présentaient des maladies métaboliques héréditaires (acidurie glutarique types 1 et 2, déficit en ornithine transcarbamylase, déficit en pyruvate carboxylase, déficit en acyl-CoA déshydrogénase des acides gras à très longue chaîne, déficit en malonyl-CoA décarboxylase). Parmi les 535 cas analysés par caryotype et détection de CNV, 25 présentaient un caryotype anormal. Des syndromes connus ont été identifiés dans 45,1 % des cas, incluant des microdélétions (1q42-q44, 22q11.21, 22q13), des syndromes d’Angelman, de Prader-Willi, 1p36 monosomie, de Wolf-Hirschhorn, du cri-du-chat, de Williams-Beuren, 9p-, lissencéphalie, Smith-Magenis, Sotos et 17p12 microduplication.

L’étude conclut que l’analyse génétique est une méthode efficace pour améliorer le diagnostic étiologique de la DI/RGD, particulièrement chez les enfants sans cause évidente. Elle souligne également l’importance de l’optimisation des soins prénatals, de la surveillance des grossesses à risque, de l’amélioration des techniques d’accouchement, de la réduction des naissances prématurées et de la prévention de l’asphyxie néonatale et des hémorragies intracrâniennes.

Ces résultats fournissent une analyse complète des caractéristiques étiologiques de la DI/RGD en Chine centrale, mettant en avant le rôle clé de la génétique dans le diagnostic précoce et la prise en charge. Ils plaident pour une intégration accrue des tests génétiques dans l’évaluation clinique afin d’améliorer l’efficacité thérapeutique et la qualité de vie des enfants concernés.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000295

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