Dégradation de l’ARN mitochondrial et apoptose induites par la dihydroartémisinine dans les fibroblastes de chéloïdes

Dégradation de l’ARN mitochondrial et apoptose induites par la dihydroartémisinine dans les fibroblastes de chéloïdes

Les chéloïdes sont des fibromes prolifératifs résultant de traumatismes cutanés, caractérisés par une prolifération fibroblastique excessive, une apoptose inhibée et un déséquilibre entre synthèse et dégradation du collagène dans la matrice extracellulaire. Bien que la résection chirurgicale associée à la radiothérapie montre une certaine efficacité, les récidives fréquentes soulignent la nécessité de traitements plus efficaces. La dihydroartémisinine (DHA), dérivée de l’Artemisia annua et utilisée comme antipaludéen, présente des propriétés antifibrotiques dans les poumons, le foie et les reins. Son rôle dans les chéloïdes reste cependant inexploré. Cette étude examine les mécanismes par lesquels la DHA module l’expression génique, dégrade l’ARN mitochondrial (ARNmt), inhibe la viabilité cellulaire et induit l’apoptose dans les fibroblastes de chéloïdes.

Des échantillons de chéloïdes ont été prélevés chez des patients traités chirurgicalement à l’hôpital de Chine de l’Ouest (Université du Sichuan) entre février 2016 et mars 2018, avec approbation éthique et consentement éclairé. Les fibroblastes primaires ont été cultivés et traités avec du solvant ou 40 mmol/L de DHA pendant 4 heures. Le séquençage transcriptomique (réalisé par Anoroad Gene Technology, Pékin) a identifié 1606 gènes surexprimés et 642 sous-exprimés (critères : |log2(Fold Change)| ≥ 1, q < 0,5). L’analyse KEGG a révélé 50 voies de signalisation associées, dont la voie PI3K/Akt, impliquée dans les effets antifibrotiques de la DHA. Les dix principales voies incluaient les voies TNF, MAPK, IL-17, Jak-STAT et la régulation de la pluripotence des cellules souches.

Les processus biologiques (PB) et fonctions moléculaires (FM) des gènes différentiellement exprimés (GDE) ont été analysés. Les PB principaux concernaient la régulation de la biosynthèse de l’IL-10, l’inhibition de la différenciation neuroépithéliale, et la transition mésenchymateuse des coussinets endocardiques. Les FM incluaient l’activité tyrosine/thréonine phosphatase, la liaison à l’ADN satellite, et l’activité des récepteurs de l’interleukine-1.

Un résultat marquant fut la dégradation des ARNmt sous DHA. Les niveaux d’ARNmt (ND5, ATP8, ND6, 12S, 16S, ND1, ND4L, CYB, ND4, ATP6, ND2, CO1, ND3, CO2, CO3) étaient réduits, confirmés par qPCR. Ces ARNmt, essentiels à la chaîne respiratoire mitochondriale, sont liés à l’apoptose. La DHA a inhibé la viabilité cellulaire (mesurée par CCK-8) de manière dose- et temps-dépendante, et induit l’apoptose (cytométrie en flux), suggérant un lien entre dégradation de l’ARNmt, inhibition de la viabilité et apoptose.

En conclusion, cette étude démontre que la DHA module l’expression génique, dégrade les ARNmt et active des voies apoptotiques dans les fibroblastes de chéloïdes. Ces mécanismes pourraient expliquer son potentiel thérapeutique antifibrotique, offrant de nouvelles perspectives pour le traitement des chéloïdes.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001860

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