Déficit du canal à deux pores segmentaire 2 contribue au lupus érythémateux systémique via la régulation de l’apoptose et du cycle cellulaire

Déficit du canal à deux pores segmentaire 2 contribue au lupus érythémateux systémique via la régulation de l’apoptose et du cycle cellulaire

Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie auto-immune complexe caractérisée par la production d’auto-anticorps et de complexes immuns interagissant avec des organes tels que les reins, les articulations et le sang. Le LES affecte tous les groupes ethniques, genres et âges, avec une prédominance chez les femmes adultes (rapport femmes/hommes de 3 à 6). Malgré les études génétiques approfondies (GWAS et études pan-exomiques), les causes exactes du LES restent mal comprises. Cette étude explore le rôle du canal à deux pores segmentaire 2 (TPCN2) dans la pathogenèse du LES.

TPCN2, membre de la famille des canaux à deux pores (TPCs), est localisé dans les réserves calciques acides du système endolysosomal et exprimé dans divers tissus. Les TPCs sont associés à des maladies comme Parkinson, la stéatose hépatique non alcoolique, Ebola, le diabète et le cancer. Bien que TPCN2 ait été identifié comme gène de susceptibilité au LES, son rôle pathogénique reste obscur.

Pour évaluer l’expression de TPCN2 dans le LES, une qRT-PCR a été réalisée sur des cellules mononucléées du sang périphérique (PBMC) de patients. Les résultats montrent une diminution significative de TPCN2 chez les patients par rapport aux témoins sains. Des essais de perte de fonction via lentivirus dans les lignées cellulaires Jurkat (lymphocytes T) et THP-1 (monocytes) ont confirmé le knockdown de TPCN2 (ARN et protéine).

Le knockdown de TPCN2 a inhibé la prolifération cellulaire (test CCK-8) et induit une apoptose ainsi qu’un arrêt du cycle cellulaire en phase G2/M. En cytométrie en flux, les cellules Jurkat knockdown présentaient un taux d’apoptose (Annexine V+) trois fois supérieur au groupe témoin. Pour THP-1, les groupes shTPCN2#1 et shTPCN2#2 montraient respectivement 13,86 % et 20,26 % d’apoptose.

Une analyse RNA-seq des cellules Jurkat déficientes en TPCN2 a révélé 906 gènes surexprimés et 312 sous-exprimés (sh#1), contre 362 surexprimés et 598 sous-exprimés (sh#2). Les analyses GO et KEGG ont identifié des voies impliquées dans le cycle cellulaire, l’apoptose et la réponse inflammatoire, notamment FoxO, les hormones thyroïdiennes, le récepteur des lymphocytes T, ainsi que les voies PI3K-AKT-mTOR et IL-6-JAK-STAT. Une GSEA a associé le déficit de TPCN2 aux points de contrôle G2/M, à la réponse inflammatoire, à la signalisation IFN-γ et au système du complément.

La validation des gènes différentiellement exprimés (DEGs) a montré une surexpression de NCOA3, S100A8, AHNAK, GRB10, PMEPA1 et ERO1A, et une sous-expression d’ARHGDIB et CX3CR1 dans les cellules Jurkat et THP-1 knockdown. Ces gènes régulent la croissance cellulaire et l’apoptose, soulignant l’importance de TPCN2 dans ces processus.

En conclusion, cette étude démontre que le déficit en TPCN2 inhibe la prolifération, induit l’apoptose et bloque le cycle cellulaire en G2/M via des mécanismes impliquant des voies inflammatoires et de régulation cellulaire. Ces résultats suggèrent que TPCN2 pourrait être un facteur protecteur dans le LES, ouvrant des perspectives thérapeutiques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour élucider les mécanismes précis de TPCN2 dans la pathogenèse du LES.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001893

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