Concentration atmosphérique des particules et maladies respiratoires à Xiamen

Concentration atmosphérique des particules en suspension et augmentation des consultations hospitalières pour maladies respiratoires chroniques à Xiamen, Chine

La pollution atmosphérique, en particulier l’exposition aux particules en suspension comme les PM2.5 (particules fines) et les PM10 (particules inhalables), est un facteur de risque environnemental majeur pour les maladies respiratoires chroniques. Ces polluants exacerbent des pathologies telles que la bronchite, l’emphysème, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et la bronchectasie, entraînant une augmentation des recours aux soins et de la mortalité. Cette étude analyse l’association entre les concentrations de PM2.5, PM10, d’ozone (O3), les conditions météorologiques et les consultations médicales (hospitalisations et ambulatoires) pour maladies respiratoires chroniques à Xiamen, Chine.

Méthodologie
Les données proviennent du Xiamen Health and Medical Big Data Center (2017–2019), couvrant les diagnostics J40–J47 de la CIM-10 (bronchite, MPOC, etc.), stratifiés par âge (0–19 ans, 20–39 ans, ≥40 ans). Les concentrations journalières de polluants (ministère chinois de l’Écologie) et les données météorologiques (température, vitesse du vent) ont été analysées via un modèle de régression de Poisson univariée (logiciel R), en tenant compte des effets décalés (délai de 0 à 14 jours). Le seuil de significativité était fixé à p < 0,05.

Résultats
Sur 238 455 consultations ambulatoires et 8 113 hospitalisations, la majorité des patients étaient des hommes (54,15 % en ambulatoire ; 73,97 % en hospitalisation). Les diagnostics principaux étaient la MPOC (64,25 % des hospitalisations) et la bronchite (87,28 % des consultations). Entre 2017 et 2019, les consultations ont augmenté de 68,22 % pour la bronchite (J40–J42), 35,92 % pour la MPOC (J43–J44) et 33,93 % pour la bronchectasie (J47).

Les concentrations moyennes journalières étaient de 4–100 µg/m³ (PM2.5), 9–138 µg/m³ (PM10) et 0–172 µg/m³ (O3). Une augmentation de l’écart interquartile (IQR) des PM2.5 était associée à une hausse de 13,71 % des hospitalisations pour MPOC chez les ≥40 ans (effet maximal à 14 jours). Les PM10 augmentaient les hospitalisations pour bronchite (+16,91 % chez les 0–19 ans) et la MPOC (+7,76 % chez les ≥40 ans). L’O3 réduisait les hospitalisations pour bronchite (–12,35 % chez les 0–19 ans) et la MPOC (–10,33 %).

En ambulatoire, une hausse des PM2.5 augmentait les consultations pour bronchite de 7,04 % (0–19 ans), 7,51 % (20–39 ans) et 16,61 % (≥40 ans). Les PM10 accroissaient les consultations de 7,73 % (0–19 ans) et 10,06 % (≥40 ans). L’O3 augmentait les consultations pour MPOC chez les 0–19 ans (+32,76 %).

La température réduisait les consultations pour bronchite (–32,45 % en ambulatoire chez les ≥40 ans ; –48,05 % en hospitalisation chez les 20–39 ans). À l’inverse, le vent augmentait les consultations (+19,69 % en ambulatoire chez les 0–19 ans ; +65,83 % en hospitalisation).

Discussion
Les PM2.5 et PM10 aggravent l’inflammation respiratoire, alignant ces résultats avec les études internationales. L’effet protecteur paradoxal de l’O3 pourrait s’expliquer par des interactions chimiques ou des biais de modélisation. Les conditions météorologiques modulent les impacts des polluants : le vent disperse les particules mais pourrait augmenter la resuspension, tandis qu’une température élevée réduit l’exposition extérieure.

Conclusion
Cette étude confirme le rôle des particules en suspension dans l’exacerbation des maladies respiratoires chroniques, particulièrement chez les personnes âgées. Elle plaide pour des politiques de réduction de la pollution atmosphérique et une adaptation des pratiques cliniques lors des pics de pollution.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001435

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