Complications périnatales et issues des naissances vivantes suite à une technologie de reproduction assistée : une étude de cohorte rétrospective

Complications périnatales et issues des naissances vivantes suite à une technologie de reproduction assistée : une étude de cohorte rétrospective

Depuis la naissance de Louise Brown en 1978, les technologies de reproduction assistée (TRA) sont devenues une méthode répandue pour traiter l’infertilité. Avec des millions de naissances mondiales via les TRA, des inquiétudes concernant leurs risques potentiels persistent. Cette étude de cohorte rétrospective a évalué les associations entre les TRA et les complications gestationnelles/périnatales, ainsi que les issues néonatales, comparées aux conceptions spontanées. Menée à l’hôpital d’obstétrique et de gynécologie de Pékin (Université médicale de la Capitale) entre 2013 et 2015, elle inclut 2256 grossesses par TRA et 6768 grossesses spontanées appariées.

Les groupes TRA ont été divisés en sous-groupes : fécondation in vitro (FIV) vs injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) selon le mode de fécondation, et transfert d’embryon frais (TEF) vs congelé (TEC) selon la méthode de transfert. Les critères principaux incluaient les complications gestationnelles, périnatales et néonatales. Les données ont été analysées par régression logistique multivariée, ajustée sur l’âge maternel, la parité, l’éducation, le tabagisme, la consommation d’alcool et l’IMC.

Résultats
Les grossesses par TRA présentaient un risque accru de diabète gestationnel (DG ; OR 1,88, IC à 95 % 1,56–2,27), d’hypertension gestationnelle (OR 2,18, IC 1,83–2,60) et de cholestase intrahépatique gravidique (CIG ; OR 2,79, IC 2,15–3,64) par rapport aux conceptions spontanées. Ces associations étaient similaires pour les grossesses monofœtales. Pour les grossesses gémellaires, seule la CIG était significativement plus fréquente.

Les complications périnatales, incluant le décollement placentaire (OR 2,14, IC 1,33–3,45), la rupture prématurée des membranes (RPM ; OR 1,24, IC 1,06–1,45), l’hémorragie du post-partum (OR 2,89, IC 2,33–3,59) et le polyhydramnios (OR 2,01, IC 1,29–3,16), étaient plus fréquentes dans le groupe TRA. Pour les monofœtus, le décollement placentaire restait significatif, contrairement à la RPM et au polyhydramnios. Aucune différence significative n’a été observée pour les complications périnatales dans les grossesses gémellaires.

Les issues néonatales, notamment la prématurité (OR 4,29, IC 3,84–4,80) et le faible poids de naissance (OR 1,72, IC 1,42–2,08), étaient plus fréquentes chez les singletons conçus par TRA. Aucune différence significative n’a été notée pour les jumeaux. Les complications étaient similaires entre les sous-groupes FIV et ICSI. Les groupes TEF et TEC montraient des risques comparables, sauf pour le décollement placentaire, moins fréquent avec le TEC.

Stratifications
Chez les nullipares, les TRA augmentaient les risques d’hypertension gestationnelle, DG, CIG, décollement placentaire, hémorragie du post-partum et polyhydramnios. Chez les multipares, seuls l’hypertension et le placenta praevia complet étaient significatifs. Les femmes de moins de 35 ans sous TRA avaient des risques accrus d’hypertension, DG, CIG et hémorragie, tandis que celles de ≥35 ans présentaient des tendances similaires. La prématurité et le faible poids néonatal étaient plus élevés dans les deux groupes d’âge.

Comparaison des méthodes
Les grossesses par FIV montraient des risques accrus d’hypertension, DG, CIG, décollement placentaire, RPM, hémorragie, polyhydramnios, prématurité et faible poids versus témoins. Les grossesses par ICSI avaient des profils similaires, sauf pour la RPM, plus spécifique à la FIV. Les groupes TEF et TEC augmentaient significativement ces complications, sauf le décollement placentaire (moins fréquent avec TEC).

Conclusion
Les TRA sont associées à des risques accrus de complications maternelles et néonatales, en partie expliqués par les grossesses multiples. Le transfert électif d’un seul embryon (TESE) devrait être encouragé pour atténuer ces risques. Les facteurs d’infertilité sous-jacents pourraient également contribuer aux issues défavorables. Des études prospectives multicentriques incluant les causes d’infertilité et les résultats de l’insémination intra-utérine (IIU) sont nécessaires.

Limites
Conception rétrospective, données provenant d’un seul centre, et absence d’informations sur les causes d’infertilité et les profils endocriniens initiaux.

doi : 10.1097/CM9.0000000000000484

Laisser un commentaire 0

Your email address will not be published. Required fields are marked *