Comparaison des transplantations rénales de nuit et de jour

Comparaison des transplantations rénales de donneurs décédés réalisées de nuit versus de jour : une analyse rétrospective

Introduction
La transplantation rénale est une procédure cruciale pour les patients atteints de maladie rénale terminale. La réduction du temps d’ischémie froide (TIF) constitue un facteur déterminant pour la survie du greffon. En Chine, l’augmentation des dons d’organes après décès circulatoire (DCD) a accru le nombre de transplantations, souvent réalisées de nuit pour limiter le TIF. Cependant, les opérations nocturnes soulèvent des inquiétudes liées à la fatigue des équipes chirurgicales. Cette étude compare l’impact du moment opératoire (nuit vs jour) sur les résultats cliniques.

Méthodes
Une analyse rétrospective a inclus 443 transplantations rénales de donneurs décédés réalisées dans un centre unique entre 2014 et 2016. Les patients ont été répartis en deux groupes : interventions diurnes (début après 8h, fin avant 20h) et nocturnes (fin après 20h ou début avant 8h). Les paramètres analysés incluaient la fonction retardée du greffon (FRG), le rejet aigu (RA), les complications chirurgicales, les infections nosocomiales, la créatininémie à un an et la survie du greffon.

Résultats
Parmi les 233 transplantations diurnes et 210 nocturnes, les caractéristiques des donneurs et receveurs étaient similaires, à l’exception d’un âge et d’un IMC plus élevés chez les donneurs du groupe jour. Le TIF était significativement plus court dans le groupe nuit (5,40 ± 2,31 heures vs 7,97 ± 3,04 heures, p < 0,001).
À un an, les taux de survie des receveurs (95,3 % vs 95,2 %, p = 0,981) et des greffons (88,4 % vs 92,4 %, p = 0,164) ne différaient pas significativement. Aucune différence n’a été observée concernant la FRG (18,9 % vs 20,0 %), le RA (8,6 % vs 9,5 %), les complications chirurgicales (12,4 % vs 10,5 %) ou les infections (16,7 % vs 14,3 %). La créatininémie moyenne à un an était comparable (104,21 ± 32,69 mmol/L vs 99,01 ± 29,85 mmol/L, p = 0,113).

Discussion
Cette étude ne met pas en évidence d’impact significatif du moment opératoire sur les résultats des transplantations rénales, corroborant des travaux antérieurs. La réduction du TIF dans le groupe nuit pourrait expliquer la tendance non significative vers une meilleure survie du greffon. L’utilisation fréquente de la perfusion hypothermique (78,8 % des cas), associée à une diminution du risque de FRG et de RA, a probablement contribué aux faibles taux de complications dans les deux groupes.
Les donneurs à critères étendus (20,9 % des cas) ont montré des résultats équivalents aux donneurs standard, soutenant leur utilisation dans les contextes de pénurie d’organes.

Limites
Les limites incluent le design rétrospectif monocentrique, l’absence de quantification de la fatigue opératoire, et le recours exclusif à des chirurgiens expérimentés. Des facteurs confondants potentiels (techniques chirurgicales, état de santé des receveurs) n’ont pas été analysés.

Conclusion
Les transplantations réalisées de nuit n’entraînent pas de surmorbidité par rapport à celles effectuées de jour. Toutefois, le report des greffes nocturnes au lendemain pourrait être envisagé lorsque le TIF reste acceptable, afin de réduire la charge mentale des équipes et les risques liés à la fatigue. Cette approche nécessite une évaluation individualisée des contraintes logistiques et des impératifs cliniques.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000000056

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