Chirurgie d’extraction de spécimen par orifice naturel (NOSES) dans le traitement du cancer du côlon : une étude cas-témoins bicentrique des résultats chirurgicaux et postopératoires à court terme

Chirurgie d’extraction de spécimen par orifice naturel (NOSES) dans le traitement du cancer du côlon : une étude cas-témoins bicentrique des résultats chirurgicaux et postopératoires à court terme

La chirurgie d’extraction de spécimen par orifice naturel (NOSES) est une approche innovante et en développement actif pour l’extraction de spécimens et la réalisation de chirurgies non invasives du cancer colorectal. Cette technique suscite un intérêt croissant en raison de son potentiel à minimiser le traumatisme chirurgical et à améliorer la récupération postopératoire. Des études antérieures ont démontré que la NOSES est aussi efficace et sûre que la chirurgie laparoscopique conventionnelle pour le traitement du cancer rectal. Elle a été proposée comme alternative viable à la laparoscopie conventionnelle, qui nécessite généralement une mini-laparotomie pour l’extraction du spécimen. Des approches récentes, telles que l’éversion intestinale et la résection extra-abdominale, ont émergé pour l’extraction des tumeurs rectales. Bien que les résections segmentaires pour cancer du côlon soient largement adoptées, l’application de la NOSES selon la localisation tumorale est de plus en plus explorée. Conformément aux recommandations japonaises, les formes localisées de cancer du côlon peuvent être réséquées avec des marges de 10 cm, en fonction du réseau vasculaire. Cette étude vise à comparer les résultats chirurgicaux et postopératoires à court terme de la NOSES avec ceux de la résection laparoscopique conventionnelle (CLR) dans le traitement du cancer du côlon.

Méthodes
Cette étude rétrospective cas-témoins appariés a inclus des patients traités par NOSES ou CLR pour cancer du côlon entre 2014 et 2020 dans deux centres chirurgicaux à Moscou (Russie) et Pékin (Chine). Les critères d’inclusion étaient : âge 18–80 ans, adénocarcinome du côlon, stade préopératoire cTis-3 ou cN0–N2, tumeur ≤5 cm, et IMC ≤35 kg/m². Les critères d’exclusion incluaient les cancers multiples ou les signes de laparotomie. Les patients ont été appariés selon le diagnostic clinique, le sexe, l’âge (±5 ans), la taille et le poids. Après appariement, 89 paires (NOSES vs CLR) ont été analysées. Trois paires ont été exclues en raison de conversions en chirurgie ouverte.

Les données cliniques, les complications per- et postopératoires, et la récupération ont été évaluées. Les interventions ont été réalisées par cinq chirurgiens experts. Le staging préopératoire incluait une coloscopie avec biopsie, un scanner thoraco-abdomino-pelvien et/ou une IRM pelvienne. Le consentement éclairé a été obtenu pour tous les patients.

Résultats
Aucune différence significative n’a été observée dans les caractéristiques cliniques des groupes. La NOSES a permis une récupération plus rapide :

  • Temps jusqu’à la première défécation : 3,85 ± 0,18 jours (NOSES) vs 4,29 ± 0,17 jours (CLR, p=0,02).
  • Durée d’hospitalisation : 8,37 ± 0,44 jours (NOSES) vs 9,93 ± 0,46 jours (CLR, p<0,01).
  • Saignement peropératoire : 40,17 ± 2,81 mL (NOSES) vs 52,25 ± 4,12 mL (CLR, p=0,03).

Aucune complication peropératoire n’a été relevée. Les taux de complications postopératoires étaient similaires :

  • Fuite anastomotique : 3 cas (NOSES) vs 1 cas (CLR).
  • Infections de plaie : 2 cas (CLR).

Le nombre de ganglions lymphatiques prélevés était légèrement supérieur dans le groupe NOSES (27,75 ±1,54 vs 25,70 ±1,41, p=0,37). Aucune marge positive n’a été observée dans le groupe NOSES.

Discussion
La NOSES réduit le traumatisme abdominal en évitant les incisions supplémentaires, ce qui explique la récupération plus rapide et les saignements moindres. Bien que les complications postopératoires soient comparables, la NOSES présente des avantages en termes de confort postopératoire, alignés avec les méta-analyses récentes. Toutefois, l’apprentissage technique et la sélection rigoureuse des patients (taille tumorale, stade précoce) restent des défis.

Les limites incluent le design rétrospectif et les erreurs de staging préopératoire (2 cas pT4 inclus). Des études prospectives randomisées sont nécessaires pour confirmer ces résultats, notamment dans les cancers T4.

Conclusion
La NOSES améliore les résultats chirurgicaux et la récupération à court terme par rapport à la CLR, avec un profil de sécurité comparable. Son adoption dans les résections segmentaires du cancer du côlon mérite d’être généralisée, sous réserve d’une expertise chirurgicale adéquate.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002663

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