Caractéristiques cliniques des poussées chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde après arthroplastie totale de la hanche et du genou

Caractéristiques cliniques des poussées chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde après arthroplastie totale de la hanche et du genou

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire chronique touchant principalement les articulations, entraînant douleur, gonflement et dommages articulaires. Les traitements par antirhumatismaux modificateurs de la maladie synthétiques conventionnels (csDMARDs) ont amélioré la prise en charge de la PR. Les thérapies biologiques (bDMARDs) et synthétiques ciblées (tsDMARDs), combinées à une stratégie « traiter pour cible » (T2T), ont révolutionné le traitement. Cependant, les patients atteints de PR subissant une arthroplastie totale de la hanche (ATH) ou du genou (ATG) présentent un risque accru de complications et de résultats fonctionnels moins favorables que ceux atteints d’arthrose, en raison de l’activité élevée de la maladie, des comorbidités et des traitements immunosuppresseurs.

Cette étude prospective a évalué le taux, les caractéristiques cliniques et les facteurs de risque des poussées postopératoires chez 275 patients PR ayant subi une ATH ou ATG primaire unilatérale entre janvier 2018 et mars 2022 à l’hôpital Jishuitan de Pékin. Les critères de classification ACR 1987 ou ACR/EULAR 2010 ont été utilisés pour le recrutement. Les paramètres démographiques, l’activité maladie (DAS28-CRP, SDAI), les scores de qualité de vie (HAQ-DI, SF-12) et les données biologiques (VS, CRP, facteur rhumatoïde, anticorps anti-protéines citrullinées) ont été analysés. Les médicaments (csDMARDs, bDMARDs, tsDMARDs, corticostéroïdes) et leur gestion périopératoire ont été documentés.

Une poussée postopératoire était définie par : (1) gonflement polyarticulaire rapide avec DAS28-CRP augmenté (Δ ≥1,2) ; (2) élévation de la VS/CRP ; (3) inflammation locale de l’articulation opérée ; (4) réponse aux corticostéroïdes. Les critères (1+2+4) ou (3+4) confirmaient la poussée.

Sur 234 patients analysés, 84 (35,9 %) ont présenté des poussées, dont 83,3 % systémiques et 16,7 % locales. La majorité (69 %) est survenue dans les 4 premières semaines. Le groupe « poussée » présentait des différences significatives : antécédents familiaux plus fréquents (p=0,024), douleur VAS supérieure (p=0,002), moins d’ATG (p=0,044), scores DAS28-CRP, SDAI et HAQ-DI plus élevés (p<0,001), SF-12 MCS inférieur (p=0,017), et marqueurs inflammatoires/auto-anticorps plus élevés (p<0,05). En régression logistique multivariée, le HAQ-DI (OR=2,061 ; p=0,017) et le SDAI (OR=1,055 ; p=0,011) à l’inclusion étaient des prédicteurs indépendants de poussées.

Cette étude souligne la fréquence des poussées postopératoires après arthroplastie chez les patients PR, associées à une activité maladie élevée. L’utilisation préopératoire de traitements antirhumatismaux n’était pas un facteur de risque indépendant. Une stratégie T2T périopératoire, visant un contrôle strict de l’activité maladie, semble essentielle pour optimiser les résultats.

Disponible sur : doi.org/10.1097/CM9.0000000000002564

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