Association entre le surpoids sarcopénique et la dysfonction diastolique

Association entre le surpoids sarcopénique et la dysfonction diastolique et le remodelage ventriculaires gauches chez les patients diabétiques de type 2

L’hypertrophie ventriculaire gauche (VG) et la dysfonction diastolique sont fréquentes chez les patients atteints de diabète sucré de type 2 (DT2) et contribuent à un risque accru d’événements cardiovasculaires. Ces états pathologiques multifactoriels pourraient être liés au surpoids et à l’obésité. Cependant, les définitions de l’obésité basées sur l’indice de masse corporelle (IMC) ont entraîné des divergences concernant leur impact sur le risque cardiométabolique dans différentes études. Ainsi, l’association exacte entre surpoids/obésité et cardiomyopathie diabétique reste controversée. La sarcopénie, caractérisée par une diminution liée à l’âge de la masse et de la force musculaires, est également associée aux maladies cardiovasculaires. De plus, les individus avec un IMC élevé mais une faible masse musculaire, bien que moins visibles, nécessitent une attention particulière. Des études montrent que le surpoids et l’obésité sarcopéniques sont associés à divers troubles cardiométaboliques. Le diabète peut coexister avec la sarcopénie ou l’obésité. Cependant, peu de recherches ont exploré le lien entre la sarcopénie et la fonction diastolique VG, le remodelage VG, ou l’association avec le surpoids sarcopénique. Cette étude visait à déterminer si la sarcopénie et le surpoids/obésité sarcopéniques sont indépendamment liés à la dysfonction diastolique VG préclinique et au remodelage VG chez les patients DT2.

Méthodes
Une revue rétrospective a été menée sur des patients DT2, avec l’approbation du Comité d’éthique du Premier Hôpital Affilié de l’Université Médicale du Fujian. Au total, 2350 patients ayant subi des examens de santé complets (incluant une échocardiographie) entre mars 2008 et octobre 2019 ont été recrutés. Les critères d’exclusion comprenaient un diabète de type 1, un diabète gestationnel, des maladies critiques (acidocétose, insuffisance rénale terminale, etc.) et la pratique sportive intensive. Les données cliniques (âge, sexe, IMC, durée du diabète, médicaments) et biologiques (créatinine, cholestérol, HbA1c) ont été recueillies. La composition corporelle a été évaluée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DEXA), et l’indice de masse musculaire appendiculaire (ASMI) a été calculé. Les paramètres échocardiographiques (diamètre télédiastolique VG, épaisseur du septum interventriculaire, fraction d’éjection) ont été mesurés. La dysfonction diastolique VG et le remodelage ont été définis selon des critères validés.

Analyses statistiques
Les données sont présentées en moyenne ± écart-type, médiane (intervalle interquartile) ou proportions. Les tests ANOVA, Kruskal-Wallis, régressions linéaire et logistique multivariée ont été utilisés. Un appariement par score de propension (PSM) a été appliqué pour équilibrer les groupes selon l’âge, le sexe, la durée du diabète, l’hypertension et l’utilisation d’inhibiteurs de l’ECA/ARAII. Les analyses ont été réalisées avec R (version 3.5.1).

Résultats
Avant PSM, des différences significatives ont été observées pour l’âge, le sexe, la durée du diabète et l’utilisation d’inhibiteurs de l’ECA/ARAII entre les quatre groupes (surpoids sarcopénique, sarcopénique seul, surpoids seul, témoins). Après PSM, ces disparités ont disparu, mais des différences persistent pour les variables cardiométaboliques (volume d’éjection, débit cardiaque, épaisseur du septum). Parmi les 2350 patients, 17,2 % présentaient une rétinopathie diabétique, 30,9 % une néphropathie, 44,7 % une neuropathie périphérique et 51,1 % une neuropathie autonome.

La régression multivariée a montré une association négative entre l’ASMI et la fréquence cardiaque, et positive avec le volume d’éjection et le débit cardiaque. En revanche, l’IMC n’était associé qu’au volume d’éjection. Après PSM, les patients présentant un surpoids sarcopénique avaient un risque accru de dysfonction diastolique VG (OR ajusté = 2,602) et de remodelage VG (OR = 2,041) comparés aux témoins. En sous-groupes, ce risque persistait chez les patients sans complications diabétiques.

Discussion
Cette étude révèle que le surpoids sarcopénique est indépendamment associé à un risque élevé de dysfonction diastolique et de remodelage VG chez les patients DT2, même après ajustement pour les facteurs confondants. Contrairement aux études antérieures, qui suggéraient des effets protecteurs paradoxaux de l’IMC élevé, nos résultats soulignent l’importance de distinguer masse grasse et masse maigre. L’ASMI, mais non l’IMC, influence des variables comme le débit cardiaque, reflétant le rôle crucial de la masse musculaire dans l’homéostasie cardiométabolique.

Conclusion
Le surpoids sarcopénique représente un facteur de risque majeur de dysfonction diastolique et de remodelage VG chez les patients DT2. La préservation de la masse musculaire devrait être une cible thérapeutique prioritaire pour prévenir ces complications. Ces résultats appellent à une reconsidération des critères d’obésité dans la gestion du risque cardiométabolique.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000001759

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