Aspirine à faible dose dans la prévention de la pré-éclampsie en Chine

Aspirine à faible dose dans la prévention de la pré-éclampsie en Chine : Hémorragie du post-partum dans des sous-groupes de femmes selon leurs caractéristiques et risque hémorragique potentiel

Résumé
La pré-éclampsie, complication grave de la grossesse associée à une hypertension artérielle et à des dysfonctionnements multiviscéraux, reste une cause majeure de morbidité et de mortalité périnatales. Bien que l’aspirine à faible dose soit proposée comme prophylaxie peu coûteuse contre la pré-éclampsie chez les femmes à risque, ses effets sur le risque hémorragique, notamment l’hémorragie du post-partum (HPP), sont mal caractérisés, en particulier dans les populations asiatiques. Cette analyse secondaire de l’étude APPEC, un essai contrôlé randomisé mené en Chine, a évalué l’impact de 100 mg d’aspirine quotidienne sur l’incidence de l’HPP selon les caractéristiques maternelles.

Méthodes
L’étude APPEC a inclus des femmes enceintes à haut risque de pré-éclampsie (antécédents de pré-éclampsie, diabète, hypertension chronique, ou ≥2 facteurs de risque intermédiaires). Les participantes ont été randomisées pour recevoir soit 100 mg d’aspirine/jour (n=464) de 12–20 semaines d’aménorrhée (SA) jusqu’à 34 SA, soit un suivi standard (n=434). L’HPP était définie par une perte sanguine ≥500 mL dans les 24 heures post-partum. Des analyses de sous-groupes (âge maternel, indice de masse corporelle pré-grossesse [IMC], parité, antécédents médicaux) et des modèles de régression logistique ont été utilisés.

Résultats
L’incidence globale de l’HPP était de 5,9 %, sans différence significative entre les groupes aspirine (6,5 %) et témoin (5,3 %; p=0,43). Aucune variation significative des paramètres d’hémostase (numération plaquettaire, temps de prothrombine, fibrinogène) n’a été observée entre les groupes. Dans le groupe aspirine, une corrélation positive entre l’IMC pré-gestationnel et le risque d’HPP a été identifiée (OR=1,086; IC95%: 1,003–1,176), contrairement au groupe témoin (OR=1,060; IC95%: 0,983–1,142). Aucune interaction significative n’a été relevée dans les autres sous-groupes.

Discussion
L’administration d’aspirine à faible dose n’a pas augmenté le risque global d’HPP, corroborant des études antérieures. Cependant, l’association entre IMC élevé et HPP sous aspirine suggère un risque accru chez les femmes obèses, possiblement lié à des altérations de l’hémostase ou à une réponse pharmacocinétique modifiée. Ces résultats soulignent la nécessité d’une surveillance renforcée dans cette sous-population.

Limites
Puissance statistique limitée pour les effets modestes dans les sous-groupes, absence d’ajustement de Bonferroni pour les comparaisons multiples, et données d’observance basées sur des déclarations autonomes.

Conclusion
À une posologie de 100 mg/jour, l’aspirine initiée au deuxième trimestre ne majore pas le risque d’HPP chez les femmes à haut risque de pré-éclampsie. Une attention particulière est recommandée pour les patientes obèses, chez qui une relation dose-réponse mérite une exploration approfondie.

Mots-clés : Pré-éclampsie, Aspirine, Hémorragie post-partum, Risque hémorragique, Obésité

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002545

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