Application d’une approche modifiée de type B de la fosse infratemporale pour la résection des tumeurs de la base latérale du crâne
L’approche de la fosse infratemporale (FIT) est une technique chirurgicale bien établie pour l’exérèse de tumeurs volumineuses situées au niveau de l’os temporal et de la base latérale du crâne. Cette approche comprend plusieurs sous-types (A, B, C, D). L’approche de type B (FIT-B) est spécifiquement conçue pour exposer l’apex pétreux, le clivus et le segment horizontal de l’artère carotide interne (ACI), permettant ainsi l’ablation de tumeurs dans ces régions. La FIT-B classique implique une résection subtotale de l’os pétreux, l’ablation de la paroi antérieure du conduit auditif externe et de l’arcade zygomatique, la résection du disque articulaire et du processus condylien de la mandibule, une traction inférieure de la mandibule, ainsi que la section du nerf mandibulaire du trijumeau et de l’artère méningée moyenne. Cependant, en pratique clinique, certaines lésions situées principalement au niveau de l’arcade zygomatique et de la cavité de l’oreille moyenne s’étendent vers l’articulation temporo-mandibulaire ou la base du crâne moyenne sans envahir le segment horizontal de l’ACI. Pour ces cas, une FIT-B modifiée a été proposée, préservant le nerf mandibulaire, l’artère méningée moyenne et évitant l’exposition de l’ACI horizontale.
Cette étude décrit l’utilisation de la FIT-B modifiée pour réséquer des tumeurs de la base latérale du crâne, en évaluant ses indications et résultats. Six patients (4 hommes, 2 femmes ; âge moyen 37,5 ans) ont été opérés entre août 2014 et août 2017 à l’hôpital Tiantan de Pékin. Les critères d’inclusion incluaient des lésions situées dans la cavité tympanique, l’arcade zygomatique, l’articulation temporo-mandibulaire ou la base du crâne moyenne, sans envahissement de l’ACI horizontale.
Avant l’intervention, tous les patients ont bénéficié d’un examen ORL complet, d’une évaluation du nerf facial (échelle House-Brackmann) et d’une audiométrie tonale (classification OMS 1997). Les examens d’imagerie préopératoires incluaient un scanner temporal et une IRM cérébrale avec injection.
La procédure chirurgicale, réalisée sous anesthésie générale, consistait en une incision cutanée en « C » fermant le conduit auditif en cul-de-sac, un décollement du muscle temporal, une pétrosectomie subtotale, une ablation du disque articulaire et une résection tumorale radicale avec comblement par graisse. Aucune lésion vasculaire (ACI, bulbe jugulaire, sinus sigmoïde) ni saignement majeur (pertes <100 mL) n’a été observé.
Les résultats postopératoires ont montré une confirmation radiologique de l’exérèse complète dans tous les cas. Les diagnostics histologiques incluaient des granulomes réparateurs à cellules géantes (2 cas), tumeur à cellules géantes osseuse, kyste épidermoïde, carcinome épidermoïde et tératome mature. Sur le plan fonctionnel, une aggravation de la surdité de conduction (4 cas) et une paralysie faciale transitoire (1 cas) ou permanente (1 cas) ont été notées. Aucune récidive tumorale ni complication sévère (fuite de LCS, hémorragie intracrânienne, infection) n’est survenue après un suivi de 2 à 6 ans.
Comparée à la FIT-B classique, cette approche modifiée préserve le nerf mandibulaire et l’artère méningée moyenne, évite l’exposition de l’ACI horizontale, et réduit ainsi les risques d’hypoesthésie faciale, de saignement retardé ou de lésion carotidienne. Bien qu’entraînant une perte auditive et une résection de l’articulation temporo-mandibulaire, elle s’avère adaptée aux lésions étendues à la base du crâne moyenne, au lobe temporal et aux structures adjacentes, tout en minimisant les complications.
doi.org/10.1097/CM9.0000000000000998