Analyse des facteurs de risque associés au reflux biliaire primaire

Analyse des facteurs de risque associés au reflux biliaire primaire : une étude transversale multicentrique

Le reflux biliaire primaire (RBP), également appelé reflux duodénogastrique, est caractérisé par la remontée du contenu duodénal (bile, suc pancréatique et liquide duodénal) dans l’estomac, survenant chez des patients sans antécédent de chirurgie digestive haute. Contrairement au reflux biliaire secondaire post-chirurgical, le RBP est associé à diverses pathologies gastroduodénales, notamment la gastrite, le reflux gastro-œsophagien et le cancer gastrique. Cependant, ses facteurs de risque restent mal élucidés. Cette étude vise à identifier ces facteurs via une investigation multicentrique transversale.

Menée dans trois hôpitaux chinois (Xijing, Honghui et Xianyang Central) entre juin 2021 et juin 2022, elle a inclus des patients adultes (18–75 ans) ayant subi une gastroscopie dans le mois précédent. Les critères d’exclusion comprenaient une chirurgie digestive haute antérieure ou des données incomplètes. Le diagnostic de RBP reposait sur l’aspect endoscopique du lac mucogastrique, classé en quatre grades (0 à 3). Les participants étaient divisés en deux groupes : RBP et non-RBP.

Parmi 931 patients inclus, 35,7 % (n=332) présentaient un RBP. Le groupe RBP comptait davantage de femmes (59,0 % vs 51,9 %), d’individus avec un IMC <24 kg/m² (74,4 % vs 63,4 %), de revenus mensuels <3000 RMB (35,8 % vs 26,0 %) et de travailleurs <8 heures/jour (46,4 % vs 37,7 %).

L’analyse univariée a mis en évidence des associations significatives entre le RBP et : consommation d’alcool/thé, plats réchauffés (>3 fois/semaine), aliments marinés, symptômes de reflux/dyspepsie, constipation chronique, antécédents de pathologie biliaire/d’ulcère, utilisation d’AINS, scores élevés aux échelles de Pittsburgh (sommeil), HAMA (anxiété) et HAMD (dépression).

En analyse multivariée, le sexe masculin (OR=1,494 ; IC95% 1,049–2,127), l’IMC <24 kg/m² (OR=1,640 ; IC95% 1,165–2,309), les plats réchauffés (OR=2,162 ; IC95% 1,204–3,881), la dyspepsie (OR=1,641 ; IC95% 1,108–2,429), les pathologies biliaires (OR=2,447 ; IC95% 1,714–3,492) et les scores HAMA >14 (OR=2,354 ; IC95% 1,565–3,540) ou HAMD >20 (OR=3,033 ; IC95% 1,731–5,315) augmentaient le risque de RBP. À l’inverse, l’alcool (OR=0,560 ; IC95% 0,364–0,863) et les AINS (OR=0,445 ; IC95% 0,270–0,733) montraient un effet protecteur.

Les analyses stratifiées ont révélé des variations selon le sexe et l’âge : les plats réchauffés étaient un facteur de risque uniquement chez les hommes, tandis que l’IMC bas et la dyspepsie l’étaient chez les femmes. L’effet protecteur des AINS concernait les hommes, celui de l’alcool les femmes. Chez les jeunes (18–49 ans), l’IMC bas et les plats réchauffés étaient significatifs ; chez les seniors (50–75 ans), l’alcool et les AINS étaient protecteurs.

Les limites incluent le design transversal (causalité non établie) et un recrutement localisé (nord-ouest de la Chine). Néanmoins, la taille de l’échantillon et l’évaluation exhaustive renforcent la validité des résultats.

En conclusion, le RBP est associé au sexe masculin, à la minceur, à la consommation de restes alimentaires, à la dyspepsie, aux pathologies biliaires, à l’anxiété et à la dépression. L’alcool et les AINS semblent protecteurs. Ces données éclairent la prévention et la prise en charge du RBP.

doi.org/10.1097/CM9.0000000000002725

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